Après avoir révolutionné la télévision avec des anti-héros complexes comme Walter White et Jimmy McGill, Vince Gilligan revient avec un défi narratif d'une tout autre nature. Imaginez un monde où le bonheur n'est plus un objectif, mais une obligation biologique, où le conflit et la douleur ont été éradiqués par une force extérieure. C'est la prémisse audacieuse de Pluribus, la nouvelle série phénomène diffusée sur Apple TV+. En mêlant science-fiction, conte philosophique et thriller psychologique, Gilligan nous offre une réflexion vertigineuse sur le conformisme, le libre arbitre et ce qui nous rend fondamentalement humains. Accompagnée de Rhea Seehorn dans un rôle d'une puissance inouïe, cette série ne se contente pas de divertir ; elle perturbe et interroge, confirmant son créateur comme l'un des plus grands auteurs de notre époque.

Le retour de Vince Gilligan vers la science-fiction
Il fallait du courage à Vince Gilligan pour quitter, après quinze années passées dans l'univers sombre et crasseux du Nouveau-Mexique, les trafics de méthamphétamine et les combines juridiques frauduleuses. Pourtant, c'est exactement ce qu'il a fait en créant Pluribus. Si le décor désertique d'Albuquerque est toujours là, servant de toile de fond familière aux spectateurs de Breaking Bad et Better Call Saul, l'ambiance a radicalement changé. Le crime, la corruption et la violence ont disparu de la surface de la Terre, remplacés par une tranquillité dérangeante et uniforme. Ce choix marque un retour aux racines du showrunner, qui a fait ses armes en tant que scénariste sur X-Files : Aux frontières du réel.
Gilligan a expliqué à plusieurs reprises qu'il était « las d'écrire des méchants ». Après une décennie passée à explorer la moralité grise d'hommes qui franchissaient peu à peu la ligne rouge, il avait envie de changement. L'idée initiale était simple, presque paradoxale : que se passerait-il si un homme, soudainement, était adoré par tout le monde après un événement cataclysmique ? Au fil du développement, ce protagoniste masculin s'est transformé en une femme, Carol Sturka, un rôle spécifiquement écrit pour Rhea Seehorn, sa muse et partenaire de longue date. Le concept s'est alors étoffé pour devenir une histoire d'esprit de ruche et de perte d'individualité, rappelant les classiques du genre comme La Quatrième Dimension ou L'Invasion des profanateurs.
Une inspiration classique et moderne
La série s'inspire ouvertement de grands chefs-d'œuvre de la science-fiction et de la dystopie. On ne peut s'empêcher de penser à George Orwell et à son 1984 lorsque l'on découvre l'omniprésence de cet « autre », cette entité collective qui surveille et accueille Carol à bras ouverts. Cependant, là où Orwell dépeignait la terreur par la peur et la douleur, Gilligan opte pour une approche inversée : la terreur par le confort et l'absence de conflit.
La référence à Invasion of the Body Snatchers est également évidente et assumée par Gilligan. L'idée que nos proches, nos voisins, soient toujours physiquement présents mais que leur « âme » ait été remplacée par une entité aliénante est au cœur de l'intrigue. Toutefois, Pluribus ne se contente pas de copier ces modèles. Il les utilise pour bâtir une satire moderne du conformisme américain et des pressions sociales qui poussent à la positivité toxique. C'est ce mélange unique de respect pour les classiques et de critique acerbe de la société actuelle qui donne à la série sa tonalité si particulière.
Le pari audacieux d'Apple TV+
Le développement de ce projet n'a pas été de tout repos. Lorsque Gilligan a présenté son pitch à Hollywood en août 2022, il a déclenché ce que la presse spécialisée a qualifié de première véritable guerre d'enchères pour l'une de ses œuvres. Les géants du streaming se sont battus pour obtenir les droits de cette vision unique, mais c'est finalement Apple TV+ qui a remporté la mise. La plateforme a fait confiance aveugle au créateur en commandant directement deux saisons, une rareté dans l'industrie actuelle, et en lui accordant un budget record.
Ce budget estimé à environ 15 millions de dollars par épisode a permis à Gilligan de concrétiser sa vision sans compromis. Cette « carte blanche » (blank check trust) témoigne de la relation privilégiée que le créateur entretient avec Zack Van Amburg et Jamie Erlicht, les responsables des programmes chez Apple, qui avaient été les premiers à croire en Breaking Bad des années plus tôt. Grâce à ce soutien financier et créatif, Pluribus est devenu la production la plus chère et la plus ambitieuse de la plateforme pour l'année 2025, un pari qui s'est avéré payant puisque la série a rapidement battu tous les records d'audience de la plateforme, dépassant même des poids lourds comme Severance et Ted Lasso.
Une prémisse intrigante : l'avènement du « We »
Le cœur de Pluribus repose sur une prémisse scientifique et narrative fascinante qui prend le temps de se déployer. Tout commence, comme dans les grandes histores de SF, par une découverte astronomique. Des chercheurs détectent une transmission radio en provenance de l'espace, à environ 600 années-lumière, contenant une séquence d'ARN codée. Intrigués par ce message venu des étoiles, des scientifiques militaires tentent de transcrire ce code génétique sur le génome de rongeurs. C'est là que le bascule se produit : l'un de ces rongeurs modifiés mord un technicien de laboratoire, déclenchant une réaction en chaîne incontrôlable.
Le mécanisme de la contagion
Le virus extraterrestre, qui agit un peu comme une sonde de von Neumann, se propage à une vitesse fulgurante. Ce n'est pas une maladie qui détruit le corps, mais qui le reprogramme. Les individus infectés entrent dans une sorte de transe puis se réveillent avec une personnalité radicalement différente : ils sont pacifiques, heureux, bienveillants et entièrement connectés les uns aux autres. Ils forment ce que la série appelle l'essaim ou la « Ruche », une conscience collective qui absorbe les individualités tout en effaçant les émotions négatives.
Pour la spectatrice ou le spectateur, l'horreur ne réside pas dans la violence sanguinolente, mais dans l'étrangeté comportementale. Voir son voisin, son collègue ou même son partenaire de vie devenir un sourire figé et servil est profondément dérangeant. La transmission s'opère également par des aérosols largués par des avions, suggérant une organisation mondiale et méthodique de cette « infection ». En quelques semaines, le monde tel que nous le connaissons a cessé d'exister, remplacé par cette utopie lisse et effrayante.
Les 13 immunes : Carol Sturka et les autres
Dans ce nouveau monde, il existe une poignée de résistants naturels. On en dénombre exactement treize à travers le globe, des individus dont la biologie refuse le virus. Parmi eux se trouve Carol Sturka, l'héroïne de notre histoire. Avant l'événement, Carol n'était déjà pas une personne particulièrement joyeuse. Romancière à succès vivant à Albuquerque, elle gagne sa vie en écrivant des romances à l'eau de rose sous le titre Les Vents de Wycaro (ou Bloodsong of Wycaro en version originale), qu'elle méprise secrètement, jugeant ses lecteurs être « un tas d'idiots » pour dévorer ses futilities.
Son cynisme naturel et son acrimonie semblent l'avoir protégée, ou peut-être est-ce simplement la chance du hasard génétique. Ce qui est sûr, c'est que sa nature grincheuse devient soudainement sa plus grande force. Là où d'autres sombreraient dans la folie face à l'aliénation totale de l'humanité, Carol utilise sa méfiance innate comme armure. Elle est la personne la plus malheureuse sur Terre, et paradoxalement, c'est cette malheur qui lui permet de rester elle-même. Comme le résume parfaitement la présentation de la série : « La personne la plus malheureuse sur Terre doit sauver le monde du bonheur ».
La réaction de la Ruche
L'un des aspects les plus brillants de l'écriture de Gilligan réside dans la façon dont la Ruche interagit avec les immunes. Contrairement à de nombreux films de zombies où les infectés cherchent à détruire les survivants, la Ruche veut « aider ». Elle est infiniment patiente, attentionnée et désireuse d'accueillir Carol et les autres dans le grand tout. Ils lui répètent inlassablement : « Nous sommes si heureux que tu nous aies appelés », ou « Nous voulons juste t'aider, Carol ».
Cette gentillesse forcée est bien plus terrifiante que toute agression physique. Elle représente la négation ultime de l'individualité. La Ruche admettra plus tard qu'elle finira par trouver un moyen de les assimiler, mais dans l'intervalle, elle cherche à leur rendre la vie confortable, comblant tous leurs besoins matériels. C'est cette absence de friction qui étouffe Carol. Elle se bat non pas pour sa survie physique immédiate, mais pour son droit à être malheureuse, à être en colère, et ultimately, à être libre.
Rhea Seehorn : performance au cœur de la solitude
Si le concept de Pluribus est solide, c'est la performance absolument magistrale de Rhea Seehorn qui donne à la série sa résonance émotionnelle. Après avoir incarné Kim Wexler, la femme de loi stoïque et brillante de Better Call Saul, l'actrice prouve ici qu'elle est capable de porter un récit à bout de bras, transformant ce qui aurait pu être un simple thriller de genre en une étude de caractère profonde et touchante. Gilligan a écrit ce rôle spécifiquement pour elle, et il est clair qu'il a exploité toute l'étendue de son talent.
Une héroïne imparfaite et humaine
Carol Sturka est loin d'être l'héroïne typique de la science-fiction. Elle n'est pas une scientifique de génie, ni une soldate d'élite. C'est une femme alcoolique, cynique, qui travaille sur un « projet personnel » qu'elle n'arrive pas à terminer et qui dédaigne ses propres fans. Elle vit en couple avec Helen, sa manager et collaboratrice, une relation qui sera brutalement fracturée par l'événement. Cette humanité imparfaite la rend immédiatement attachante. Nous ne nous identifions pas à elle parce qu'elle va sauver le monde avec des gadgets, mais parce qu'elle est perdue, effrayée et réticente à jouer le rôle de l'héroïne qu'on lui impose.
Rhea Seehorn parvient à transmettre cette complexité avec une justesse vertigineuse. Son visage, capable d'exprimer mille nuances de sarcasme et de peur, devient le principal véhicule de la narration. Dans un monde où tout le monde sourit de manière identique, chaque froncement de sourcil de Carol, chaque larme, chaque éclat de rire nerveux est une victoire sur l'uniformité. Comme le soulignent les critiques, sa performance est à la fois dramatique et spirituelle, ancrant l'intrigue sci-fi dans des réactions viscérales et terrifiées.
La chimie avec Vince Gilligan
La collaboration entre Seehorn et Gilligan a atteint un nouveau sommet avec cette série. L'actrice a révélé dans des interviews que participer à Pluribus a été « la chose la plus difficile qu'elle ait jamais faite, mais aussi la plus gratifiante ». La confiance que le créateur lui porte est totale, allant jusqu'à lui dire qu'il a écrit ce rôle pour elle avant même d'avoir fini le script. Cette complicité se ressent à l'écran. Gilligan, qui est aussi réalisateur sur plusieurs épisodes, sait filmer l'actrice pour capturer ses moindres hésitations, donnant à la série un rythme à la fois tendu et intimiste.
Lors de la première mondiale de la série au Directors Guild of America en novembre 2025, leur complicité était palpable. Pour Seehorn, ce rôle est une opportunité inouïe d'explorer des émotions brutes, loin de la retenue habituelle de Kim Wexler. Son interprétation a d'ailleurs été saluée par la profession : en janvier 2026, elle a remporté le Golden Globe de la Meilleure Actrice dans une série dramatique pour ce rôle, ainsi que le Critics' Choice Award. Dans ses discours de remerciement, elle n'a pas manqué de remercier Gilligan de lui avoir « écrit le rôle de sa vie ».

Les thèmes philosophiques et sociétaux
Au-delà du divertissement, Pluribus se pose comme une machine à questions philosophiques. La série fonctionne comme un miroir tendu à nos propres sociétés, utilisant le prisme de la science-fiction pour interroger nos valeurs actuelles. C'est ce qui la rapproche du « conte philosophique », un genre où l'imaginaire sert de support à une réflexion morale et politique. Gilligan refuse cependant d'imposer une morale unique, laissant le public tirer ses propres conclusions, ce qui enrichit les débats autour de la série.
Individualisme contre Collectivisme
L'un des thèmes centraux est la tension entre l'individu et le collectif. La Ruche représente l'ultime forme de collectivisme, où la pensée personnelle est dissoute au profit du bien-être du groupe. Plusieurs analystes, notamment dans la presse philosophique comme L'Express, y ont vu une défense vigoureuse de « l'individualisme libéral » contre le totalitarisme biologique. Carol incarne ce désir farouche de disposer de soi-même, de ne pas être soumise à une entité supérieure, aussi bienveillante soit-elle.
La série pose une question cruciale : si la fin de toute souffrance et de tout conflit est possible, mais au prix de notre liberté de penser et de nos différences culturelles, le jeu en vaut-il la chandelle ? La réponse de Carol est sans appel. Elle incarne la « liberté des Modernes », chère à Benjamin Constant : le droit de n'être soumis qu'aux lois, de dire son opinion, et de disposer de sa propriété. Sa résistance n'est pas seulement biologique, elle est profondément ancrée dans une éthique de l'autonomie. La Ruche, en voulant tout uniformiser, est perçue comme une menace coloniale qui écraserait la richesse de la diversité humaine.
Le bonheur comme contrainte sociale
Il y a une ironie mordante dans le fait que le personnage le plus malheureux doive sauver le monde du bonheur. Pluribus critique avec finesse la « positivité toxique » et cette injonction sociale constante au bonheur et à l'optimisme. Dans notre monde réel, les réseaux sociaux et la culture d'entreprise nous poussent souvent à masquer nos sentiments négatifs pour ne pas déranger. La série pousse cette logique à l'extrême : le malheur n'est plus seulement tabou, il est physiologiquement impossible.
Cette « dictature du sourire » crée un environnement oppressant. L'ambiance est parfois proche de la comédie The Good Place, avec cette obsession de bien faire, mais vire rapidement à l'horreur psychologique de The Leftovers. La série suggère que c'est la capacité à ressentir la douleur, la tristesse et la colère qui nous rend humains. Sans ces ombres, la lumière du bonheur devient aveuglante et artificielle. C'est une leçon profonde sur l'acceptation de nos propres travers et l'importance de la friction dans les relations humaines.
Une satire du conformisme américain
En situant l'intrigue dans une banlieue pavillonnaire huppée d'Albuquerque, Gilligan cible directement le rêve américain et ses dérives conformistes. Les rues tranquilles, les maisons identiques, les voisins qui vous saluent en chœur… c'est l'idéal de la banlieue américaine poussé à son paroxysme, mais transformé en cauchemar orwellien. Les Easter eggs cachés pour les fans de l'univers de Breaking Bad rappellent que ce même décor a déjà vu naître le chaos de Walter White, mais ici, le mal est insidieux et invisible.
Certains critiques ont noté que l'esprit de ruche peut être vu comme une métaphore de l'assimilation culturelle et du colonialisme, où une monoculture homogène remplace les identités locales. La résistance de Carol devient alors un acte de préservation de sa singularité contre un rouleau compresseur qui veut tout niveler. C'est une lecture particulièrement pertinente à notre époque de mondialisation et de débats identitaires.
La production et la création visuelle
La réalisation technique de Pluribus est à la hauteur de ses ambitions narratives. Tournée principalement à Albuquerque, la série profite de la lumière crue du désert pour créer une atmosphère à la fois réaliste et onirique. Le choix du lieu n'est pas anecdotique ; c'est un personnage en soi qui relie cette œuvre à l'héritage de Gilligan, tout en marquant une rupture esthétique nette avec ses précédentes créations.

Un rythme et une tension maîtrisés
La série est composée de neuf épisodes d'une grande densité. Le premier épisode, intitulé « We Is Us » (Nous est Nous), est un modèle de mise en tension. Il alterne entre la froideur clinique des laboratoires militaires où tout commence et la vie terne de Carol, pour culminer sur l'événement cataclysmique qui change tout. La séquence où Carol, revenue de soirée, voit le monde s'effondrer autour d'elle est un chef-d'œuvre d'écriture et de mise en scène. On la suit paniquée, cherchant de l'aide dans un hôpital où tout le monde est convulsant, pour finir seule chez elle, terrifiée par un visage à la télévision qui lui dit : « Tu vas bien, ne t'inquiète pas ».
Le rythme de la série a été critiqué par certains comme étant parfois lent, mais cette lenteur est volontaire. Elle permet d'installer l'atmosphère oppressante et de faire ressentir l'isolement grandissant de Carol. Les réalisateurs, y compris Gilligan lui-même, prennent le temps de filmer les visages, les silences et les paysages désertiques, créant une tension palpable qui ne repose pas sur l'action mais sur l'attente et l'angoisse.
Le design sonore et visuel
Visuellement, la série joue sur des contrastes saisissants. Avant l'infection, les couleurs sont relativement naturelles, mais après l'événement, il y a une subtile saturation, une lumière presque trop belle qui donne l'impression que le monde est devenu faussement paradisiaque. Les costumes reflètent aussi cette uniformité : les infectés portent souvent des tenues similaires ou ont une posture commune, accentuant l'effet « essaim ».
Le design sonore mérite une attention particulière. La musique, tout comme l'ambiance sonore, contribue à l'effet d'étrangeté. Les voix de la Ruche, lorsqu'elles s'expriment à l'unisson, sont traitées pour créer un effet d'inquiétante étrangeté. Le silence, lui aussi, est utilisé stratégiquement pour marquer la solitude de Carol face à un monde qui bourdonne de « bonheur ». C'est une expérience immersive qui engage tous les sens du spectateur.
Réception critique et impact culturel
Depuis sa diffusion en novembre 2025, Pluribus a rencontré un succès critique et public retentissant. Les critiques ont salué l'originalité du projet et la performance de Rhea Seehorn, la qualifiant souvent de « série la plus intelligente de l'année ». La BBC a notamment titré que c'était l'une des meilleures séries de 2025, louant la capacité de Gilligan à marier le réel et l'outrancier avec une voix distinctive. En France, des médias comme Le Monde et France Culture ont analysé la série sous l'angle du drame existentiel et de la satire sociale, notant toutefois quelques réserves sur la répétitivité potentielle de certains concepts.
La stratégie marketing d'Apple, qui consistait à imposer un embargo strict sur les détails de l'intrigue avant la diffusion des trois premiers épisodes, a créé une mystique autour de la série. Les journalistes devaient parler de la série sans révéler la nature du virus, ce qui a stimulé la curiosité du public. Une fois les épisodes disponibles, les réseaux sociaux ont été en effervescence, les spectateurs partageant leurs théories et leurs interprétations des thèmes philosophiques abordés.
Cette réussite confirme la place de Vince Gilligan comme un auteur majeur capable de se réinventer. Après avoir dominé le genre du crime drama, il prouve avec Pluribus que la science-fiction peut être un véhicule puissant pour des histoires humaines profondes. La série a non seulement battu des records d'audience, mais elle a également été nommée pour de nombreux prix, dont deux Golden Globes et deux Critics' Choice Awards, validant ainsi le pari artistique et financier d'Apple TV+.
Conclusion
Pluribus est bien plus qu'une simple série de science-fiction post-apocalyptique. C'est une œuvre profondément humaniste, portée par une performance centrale d'une intensité rare de Rhea Seehorn et par l'écriture visionnaire de Vince Gilligan. En explorant les tenants et aboutissants d'un bonheur imposé, la série nous force à regarder en face nos propres contradictions et notre relation au collectif. Elle nous rappelle que c'est dans nos failles, notre cynisme et notre capacité à dire « non » que réside notre véritable humanité. Avec le renouvellement déjà confirmé pour une deuxième saison, il est certain que le voyage philosophique et esthétique initié par Gilligan n'a pas fini de nous fasciner et de nous interroger.