
Springfield, miroir de la société américaine
Pour commencer, intéressons-nous à la ville de Springfield, où vivent les Simpson. Cette ville pourrait se trouver n'importe où aux États-Unis : d'une part, nous ne savons pas dans quel État elle se situe ; d'autre part, « Springfield » est un nom de ville très répandu. La ville des Simpson se présente donc comme le porte-parole des États-Unis.
Tout d'abord, remarquons que Springfield est une ville multiculturelle qui représente très bien le « melting pot » américain. Chaque communauté y a ses représentants : la communauté noire (le jazzman, Carl le collègue d'Homer, Lou le policier) ; indienne (Apu et sa famille) ; juive (Krusty et son père) ; mexicaine (l'acteur-abeille) ; italienne (le cuisinier, la mafia) et irlandaise avec Willie l'homme d'entretien.
Les Simpson dénoncent par ailleurs les vices et les défauts de la société américaine : Apu, gérant du Kwik-E-Mart, est avare et menteur. Homer représente « l'américain moyen » actuel : stéréotype de l'américain obèse, un peu alcoolique et accro à la télé, comme le souligne l'Horror Show de la saison 6 (« Sans télé ni bière, Homer va devenir fou »). L'alcool et la distraction stupide ne laissent aucune place à la réflexion : c'est ce que constate la série avec une certaine virulence.
Un autre élément qui prouve que Springfield est une reproduction miniature des USA : l'importance de l'Église. Elle l'est, dans le sens où elle est acceptée sans être discutée : par exemple, la thèse créationniste est adoptée tandis que les sciences (l'évolution de Darwin) sont rejetées. Ned Flanders, en contradiction avec Homer, est considéré comme un « bon américain » car il est très religieux. Cependant, la série porte un regard critique sur l'Église : les sermons du Révérend Lovejoy sont longs, ennuyeux et souvent absurdes.

Critique sociale et politique dans Les Simpson
Les créateurs de la série dressent un bilan très critique de la société américaine. Une évolution est en cours : les USA se remettent en question et doutent d'eux-mêmes.
Violence et accès aux armes à feu
Les USA sont en doute : la violence règne partout, à la télévision comme dans les rues. Matt Groening se sert d'Itchy et Scratchy (le dessin animé favori de Bart et Lisa) pour dénoncer la violence qui assaille les écrans américains et qui, d'une certaine manière, « désensibilise » les jeunes. Dans les rues, le prisonnier évadé, la mafia, les « apprentis délinquants » (Nelson, Jimbo, Kearney, Dolph…) font régner à leur échelle un climat de terreur : pour preuve, Apu s'est souvent fait braquer et tirer dessus.
De plus, les armes à feu sont faciles à se procurer aux USA. Homer possède un fusil le temps d'un épisode (écho à la NRA), ce qui est vivement critiqué par les réalisateurs, en écho à la position de M. Moore (Bowling for Columbine).
Écologie et critique du gouvernement
La politique américaine inquiète par ailleurs les créateurs des Simpson. Tout d'abord au niveau écologique : la centrale nucléaire est dangereuse et rejette des produits toxiques – d'où le poisson à trois yeux. L'écologie et la nature sont en péril, mais que fait le gouvernement ? Rien, car Mr. Burns est influent et fait surtout gagner de l'argent à la ville. Cela fait penser au protocole de Kyoto, non ratifié par les USA pourtant plus gros pollueurs de la planète.
Par ailleurs, le gouvernement et ses représentants sont préoccupants : dans l'Horror Show 8, Kang et Kodos, les deux extraterrestres spectateurs critiques de la Terre, se font passer pour les deux candidats (Dole et Clinton) de l'élection présidentielle de 1996 et déclarent :
– Berner ces électeurs était plus facile que je ne le pensais.
– Oui. Tout ce qu'ils attendent, c'est quelques jolies platitudes agrémentées de petits solos de saxophone et de baisers à nouveaux-nés.
Le maire de Springfield et les policiers sont corrompus et incompétents… Au final : sommes-nous en sécurité aux mains de ces gens douteux ?
Conclusion : Les Simpson, miroir critique de l'Amérique
Par conséquent, Les Simpson parle de la société américaine des années 1990-2000 avec justesse, car la série soulève et dénonce des problèmes actuels, tels que la manipulation des foules (Église, politique, aveuglement de la population) et le grand problème préoccupant de l'écologie entre autres. Les Simpson se revendique donc comme miroir critique de la société américaine par sa mise à nu objective, qui se veut décomplexée.