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Séries

Farscape

Farscape est LE space opera culte qui mélange action, humour et drame comme nulle autre série. Embarquez à bord de Moya pour une aventure inoubliable aux confins de l'univers.

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Cet article est écrit dans un but prosélyte, pour que tout un chacun adhère à cette religion qu'est Farscape. Par conséquent, il ne contient absolument aucun spoilers qui risqueraient de vous gâcher les (très nombreuses) surprises.

Il fut un temps où tout ce que RaZ connaissait en matière de séries de science-fiction se résumait à Stargate SG-1. Il avait également vu furtivement des bouts de Star Trek ou d'autres séries aux noms étranges, mais il ne croyait pas trop à la crédibilité de ce qu'il considérait comme un sous-genre télévisuel.

Malheureusement pour lui, Stargate passait pile-poil au moment où RaZ rentrait de ses journées « éreintantes » de collégien assumé, et il se sentait obligé de regarder, vu la tronche des programmes pâlots diffusés à la même heure. Ces visionnages à répétition firent qu'il se mit à aimer Stargate, l'humour du Colonel O'Neill, les voix de travesti de ces sacrés Goa'uld, les bruits du Zat'n'ktel. Il attendit impatiemment la nouvelle saison diffusée en prime-time sur M6, puis la septième, qui ne le déçut pas non plus. Le dernier épisode lui parut ultime. Il pensait accéder au sommet de la SF. Les personnes qui prétendaient le contraire n'étaient que des brebis égarées. C'était un fan.

Et RaZ était loin de se douter qu'il se trompait, mais alors qu'il se trompait grave.

Pendant qu'il traversait sa phase de fanatisme stargatien, RaZ zappait par hasard sur Série Club. Il remarqua une série bizarre avec des maquillages qu'il trouvait craignos, des décors cheap, des noms bizarres, et surtout : des marionnettes. Et on était au XXIe siècle ! Comment s'appelait-elle au fait ? Farscape, ah oui.

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Il tomba encore sur cette série par la suite, notamment sur deux épisodes qui réussirent à l'intriguer (1x16 A Human Reaction et 2x15 Won't Get Fooled Again — par chance, deux des meilleurs épisodes de la série). Il trouvait l'acteur principal plutôt bon (John Crichton/Ben Browder) et le maquillage de la femme bleue sympa (Pa'u Zotoh Zhaan/Virginia Hey). Mais malgré cela, il ne prenait toujours pas la série au sérieux.

Entre-temps, il entama une période X-Files, car il avait vu un épisode excellent sur Série Club (6x03 Triangle pour les curieux). Il décida de chercher des infos sur cette série et tomba, au terme de nombreuses recherches, sur le site de la Ligue des Télespectateurs Extraordinaires et, par extension, sur tout le réseau du Front de Libération Télévisuelle. En parallèle, il rechercha des choses sur Stargate, sa série favorite. Il adorait lire des articles élogieux sur cette série, toute critique positive le rendait heureux. C'était un fan.

En farfouillant un peu, il trouva un sujet sur Stargate dans le forum. S'attendant à voir des paquets de fleurs balancés sur le show, il fut stupéfait de voir que la série ne récoltait que du fiel, et que toutes les argumentations en sa faveur se faisaient défoncer royalement. RaZ était énervé. Il n'aimait pas qu'on critique sa série favorite. Mais il était doublement énervé lorsqu'il vit que les détracteurs avaient peut-être raison. En effet, il trouva dans les épisodes qu'il visionna peu de temps après tous les défauts que ces respectables gens avaient trouvés. Mince alors.

Néanmoins, sa bornitude fléchit lorsque Stargate ne l'amusait plus comme avant et devenait rébarbatif. De plus, Série Club entamait une rediffusion intégrale de Farscape. RaZ se dit que c'était le moment ou jamais.

Et quand il découvrit ça ! RaZ s'en voulut un moment, mais il se réconcilia avec lui-même par la suite, et put reparler à la première personne.

Puisqu'on m'avait annihilé ma chaîne de valeurs mise en place par Stargate, je repartais sur des bases nouvelles, indulgentes, prêtes à accueillir Farscape vu les liturgies messianiques qu'on entendait à son propos.

Saison 1 de Farscape : un démarrage difficile mais nécessaire

Farscape ne commence pas de la meilleure façon qui soit. Cette série est assez difficile d'accès. En effet, le pilote n'est pas particulièrement accrocheur, et l'aspect cheap, les décors limites et la réalisation hasardeuse perdurent pendant au moins 10 épisodes.

Néanmoins, le pitch de la série s'affirme dès le départ, et je ne peux m'empêcher de vous mettre les paroles de Crichton lors de ce premier générique :

Je m'appelle John Crichton. Je suis astronaute. Une vague d'ondes électromagnétiques est passée. J'ai été aspiré par un vortex. Maintenant, je suis perdu dans un coin reculé de l'univers à bord d'un vaisseau vivant habité par toutes sortes de créatures extraterrestres bizarres.
Au secours ! Aidez-moi ! Vous m'entendez ? Il y a sûrement quelqu'un quelque part qui m'entend. Je suis poursuivi par un commandant militaire psychopathe qui sait tout ce que je ne sais pas. Je cherche juste un moyen de rentrer chez moi.

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Évidemment, ça claque dix fois plus en VO. Notre John Crichton est l'humain paumé dans l'espace avec des aliens de toute sorte. Voilà qui est original : pour une fois, l'humain n'est pas dans un environnement familier. On est tout aussi paumé que lui, et on va apprendre avec lui. On apprécie vite John Crichton, l'identification est totale, d'autant qu'il ponctue ses dialogues de références pop-culture très plaisantes. « Cool » est le mot qui me vient à l'esprit lorsqu'on évoque le jeu de Ben Browder.

Malgré la qualité perfectible de ces 10 premiers épisodes, ils ont néanmoins de bons scénarios qui exploitent des poncifs de la science-fiction, les remaniant à leur convenance dans une sauce totalement nouvelle. L'épisode 1x10 They've Got a Secret est charnière car il effectue un bond dans la mythologie de la série (et ce n'est que le début). Je pense que c'est celui qui encourage à regarder la suite, même si j'ai bien aimé le côté naïf des premiers épisodes ainsi que le côté « on n'hésite pas à faire de la SF pure quitte à être ridicule ».

Les choses sérieuses commencent à partir de l'épisode 15 Durka Returns et demeurent jusqu'à la fin de la saison (excepté le 1x21 Bone to be Wild qui fait office de remplissage). Un sérieux coup de boost est donné à la réalisation. Le 1x16 A Human Reaction est un des meilleurs épisodes de science-fiction qu'il m'ait été donné de voir et c'est le point de départ de toute la mythologie de Farscape. Le diptyque 1x19-20 Nerve/The Hidden Memory nous ouvre le potentiel grandiose de Farscape et introduit le Darth Vader des séries de SF : Scorpius, mortellement charismatique, mystérieux et ambigu, un « méchant » comme on en voit peu. Son arrivée annonce un virage à 90° dans la mythologie.

Le 1x22 Family Ties clôt la saison en beauté et nous laisse sur un beau cliffhanger.

Les personnages de Farscape : l'équipage de Moya

À l'issue de cette saison 1, nous avons appris à connaître l'équipage de Moya : des personnages hauts en couleurs dans des rôles bien définis :

  • Moya, le vaisseau vivant, un Leviathan doté d'une conscience, avec Pilot, le pilote directement relié à Moya, sage et pacifiste.
  • D'Argo, un guerrier Luxan assez sanguin, mais qui sait déconner.
  • Zhaan, bleue, une Delvienne qui fait figure de mère bienveillante mais qui sait mettre des coups.
  • Chiana, Nébari rebelle effarouchée dotée de plusieurs attributs.
  • Rygel, Hynérien individualiste, égoïste, parfaitement détestable — et c'est pourquoi on l'adore.
  • Aeryn, guerrière Sébacéenne endoctrinée qui découvre peu à peu « l'humanité » apportée par Crichton.
  • John Crichton, humain, qui alterne les rôles d'anti-héros et de héros quand bon lui semble.

On touche du doigt le potentiel de cette série lors de la fin de cette saison, potentiel qui explosera lors de la suite.

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Saison 2 de Farscape : l'envolée délirante

Un bon season premiere pour nous remettre en jambe, qui enchaîne malheureusement sur deux épisodes moyens. Mais ce n'est rien en comparaison du 2x04 Crackers Don't Matter : de la folie et du délire comme on en a rarement vu. On avait déjà entraperçu l'humour de Farscape lors de la première saison, mais ici on rit à gorge déployée devant cette histoire folle. Après cet épisode, ne vous étonnez pas si vous criez « Humans are superiooooor ».

Ce n'est pas fini. Le 2x05 The Way We Weren't est un drame poignant. Les épisodes suivants ont un niveau très correct et on tombe sur le 2x09 Out Of Their Minds, un classique de la SF transformé ici en une bonne tranche de rire.

Vous connaissiez sans doute les épisodes à suivre, des arcs faisant avancer la mythologie d'une série. Farscape reprend cette sauce mais en fait un mélange détonnant : ces arcs sont constitués de trois épisodes, des triptyques amorçant un scénario ambitieux, apportant une tonne de personnages secondaires, regorgeant de morceaux de bravoure et d'entourloupes scénaristiques. 2x10-13 Look At The Princess nous introduit à cette tradition — encore une claque orchestrée par des scénaristes qui aiment mélanger drame, humour, passion et SF pure.

Un épisode sympathique nous remet de nos émotions avant de nous asséner un énorme coup de poing dans la gueule : 2x15 Won't Get Fooled Again. Je n'avais jamais vu un épisode pousser aussi loin la folie, le délire et la dérision tout en avançant dans la mythologie. Cet épisode de tarés est indépassable.

On nous relâche à peu près indemne sur une poignée d'épisodes dont la qualité est croissante. Ils regorgent d'idées, d'extraterrestres et de situations géniales.

ET BOOM ! Triptyque ! 2x19-21 Liars, Guns and Money. Là encore, le scénario et l'action prennent des proportions épiques, la mythologie fait un nouveau bond, nous devenons définitivement accros aux personnages. L'euphorie nous envahit. Farscape nous fait atteindre des cimes émotionnelles jusque-là insoupçonnées.

Et en plus, ces rigolos ont la bonne idée de mettre un triptyque juste avant l'épisode final. C'est réussi avec 2x22 Die Me, Dichotomie, où Farscape, la série de science-fiction résolument géniale, se transforme en drame hardcore qui prend un malin plaisir à nous malmener d'émotions en émotions pour terminer sur un cliffhanger du feu de Dieu.

Au cours de cette saison, nous avons vu l'ampleur de l'univers de Farscape, ses innombrables races extraterrestres (ça change des Jaffas), ses scénarios intelligents et imprévisibles, des acteurs géniaux rompus à tous les genres (Ben Browder !), des éclats de rire, des larmes, des baffes, des coups de poing dans l'estomac, du fun à tous les étages, du divertissement non destructeur de neurones, de l'épique, du lyrique. Bref, c'est excellemment super bien, mais grave. Et encore ce n'est que le décollage de la courbe exponentielle.

Saison 3 de Farscape : The Season of Death

Le season premiere met un terme à l'arrêt respiratoire provoqué par l'épisode final de la saison 2 tout en jouant avec notre cœur. Farscape, une série déconseillée aux cardiaques.

Un super épisode (3x02 Suns and Lovers) et on enchaîne sur un diptyque, 3x03-04 Self Inflicted Wounds. Pas le meilleur des diptyques — celui-ci est un peu bizarre et confus — mais capital pour la mythologie. Et puisque maintenant Farscape touche au sublime, tous les épisodes qui suivent (3x05-3x13) sont grandioses et montrent qu'une véritable continuité s'est installée dans la série, à l'instar de Babylon 5. Ce ne sont plus exactement des épisodes isolés car ils contiennent des éléments qui font avancer la mythologie.

Le 3x06 Eat Me possède une ambiance excellente et c'est le point de départ d'une des plus grandes ambitions scénaristiques qui soit, qui aura des répercussions sur toute la saison. Quant au 3x13 Scratch'N Sniff, il fait partie de la grande tradition des épisodes décalés de Farscape : réalisation baroque et fous rires au rendez-vous. Inoubliable.

Le diptyque 3x14-15 Infinite Possibilities nous montre les possibilités infinies de la mythologie farscapienne. Il n'a peut-être pas autant d'ampleur que les autres arcs mythologiques, mais croyez-moi, vous pleurerez lors de la dernière scène.

Vous croyiez en être arrivé à un point où Farscape ne peut plus vous surprendre ? Détrompez-vous. Avec 3x16 Revenging Angel, Farscape n'hésite pas à faire dans un loufoque totalement nouveau pour de la SF. La poignée d'épisodes qui suit est plus inscrite dans la continuité que jamais. Le 3x17 The Choice est un épisode mélancolique touchant. Les deux épisodes suivants sont une longue descente vers le final qui promet d'être grand.

Mais c'est l'inimaginable qui se produit avec 3x21-22 Into The Lion's Den. On se demande si ce que nous regardons à ce moment est une série. Les effets spéciaux sont magnifiques, le talent des acteurs n'a plus besoin d'être prouvé, mais le plus important : on y croit à mort ! Le final apocalyptique de ce diptyque, considéré par beaucoup comme les meilleurs épisodes de Farscape, est gigantesque. Jamais la télé n'avait fait aussi épique. Après ces épisodes passés, vous crierez à gorge déployée, l'euphorie aura envahi chaque parcelle de votre esprit et vous tremblerez de plaisir.

Après cet arc de fou, le season finale 3x22 Dog With Two Bones nous repose un peu mais reste excellentissime dans son genre. Il prend son temps mais nous délivre une révélation/cliffhanger qu'on ne voit pas venir et qui nous laisse abasourdi.

Au cours de cette saison, l'immensité de Farscape a atterri dans notre face. Aucun des épisodes n'est loupable. Les relations entre personnages sont d'une intensité rare, l'histoire nous dépasse et devient plus crédible que jamais car les scénaristes ne cèdent pas à la facilité. Croyez-moi, cette saison 3 n'a pas usurpé son surnom.

Vous adorerez Ben Browder, Claudia Black, Wayne Pygram, et tous les autres acteurs. Quand on parlera de Farscape, vos yeux s'illumineront, vous écumerez le web à la recherche d'infos, mais vous vous désolerez puisque vous savez que c'était l'avant-dernière saison de cette série extraordinaire.

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Saison 4 de Farscape : vers l'apothéose

Cette saison démarre tout simplement sur le meilleur season premiere (4x01 Crichton's Kick) de toute la série, puis enchaîne carrément sur un diptyque (4x02-03 What Was Lost), pas un des meilleurs malheureusement, qui donne encore une nouvelle dimension à la mythologie. Un épisode sympa sans plus pour déboucher sur 4x05 Promises, un stand-alone mythologique de grand cru.

C'est une tradition dans Farscape : les épisodes qui suivent sont tous de très bonne qualité. Mais en cette quatrième saison, la mythologie est devenue si tentaculaire que l'on ne ressent plus le besoin d'avoir des histoires avec un début et une fin entre deux arcs. L'épisode décalé 4x07 John Quixote prouve une énième fois que les tenants de Farscape sont d'authentiques dingues qui n'hésitent pas à faire ce qu'ils veulent de leur série.

La saison 4 étant principalement mythologique, on débouche sur un triptyque pas piqué des vers : 4x11-13 Unrealized Reality/Kansas/Terra Firma. C'est tout simplement exceptionnel, le meilleur triptyque de Farscape, le meilleur moment télévisuel de toute ma vie. Jamais je n'aurais cru qu'un machin sur un écran 70 cm aurait pu autant me toucher. Ces trois épisodes ont explosé mon échelle de valeur. Plus rien ne sera jamais comme avant.

Les deux épisodes qui suivent sont corrects mais dispensables et servent juste de répit avant l'enchaînement final. Le 4x16 Bringing Home the Beacon constitue l'un des meilleurs stand-alone mythologiques de la série. Le 4x17 A Constellation of Doubt utilise une idée originale, déjà vue dans Babylon 5, et tient en haleine. Le 4x18 Prayer est un grand prélude au triptyque qui s'annonce.

4x19-21 We're So Screwed serait une bonne traduction de « mettre le paquet ». L'intrigue est dantesque, ambitieuse, et possède des accents désespérés. C'est l'aboutissement de ce qui a commencé 4 saisons plus tôt. SAITROBIEN, et merde, je suis à court de superlatifs.

Quant au 4x22 Bad Timing, la série était censée continuer mais cette fin de saison était un parfait simulacre d'une vraie fin de série : un cliffhanger énorme (le meilleur, est-il nécessaire de préciser ?).

Au terme de cette saison 4, nous sommes devenus violents à force de retenir notre souffle. Farscape nous a embarqué dans des endroits inimaginables qui regorgent de sentiments, d'humour et de démesure. Farscape accomplit l'impossible : il transcende son propre format, il accompagne le show télévisuel dans une nouvelle ère. Ce n'est plus de la télévision, c'est de la science-fiction affranchie de tout format qui lui serait réducteur.

J'étais un peu en retard sur la diffusion. Je n'appris que plus tard que pour d'obscures raisons la série avait été arrêtée (alors qu'elle était la deuxième audience de la chaîne SciFi Channel et qu'une saison 5 était prévue). Je n'imagine pas les cris que les premiers Scapers ont dû pousser. Devant l'injustice que constituait cet arrêt prématuré, ce fut un branle-bas de combat sur la toile et les Scapers obtinrent finalement une suite tant espérée. C'est ainsi qu'en 2004, une minisérie de trois heures fut produite :

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Farscape : The Peacekeeper Wars — la conclusion

Grâce à mon lyrisme douteux, vous avez pu apercevoir ce qu'une saison de Farscape provoquait chez moi. Imaginez donc la même chose concentrée en trois heures. Devant ce déluge d'émotions, d'action, de drames, d'humour, d'effets spéciaux géniaux, d'idées excellentes, d'acteurs éblouissants... Mes yeux sortaient de leurs orbites, j'étais liquéfié sur place. La science-fiction était à son meilleur niveau ! The Peacekeeper Wars est un choc comparable au premier Star Wars. Certains de mes amis avouent même avoir trouvé ici plus de fun que dans la célèbre trilogie. Une fin en apothéose et une belle conclusion à cette série pas comme les autres qui m'a fait voyager comme nulle autre. Elle a marqué au fer rouge mon esprit de geek et reste LA référence.

Mon choix de ne rien révéler sur la série m'empêche d'être plus concret, et je comprends que mes exaltations dithyrambiques ne sont pas ce qu'il y a de plus convaincantes. Néanmoins, il y a certains points que j'aimerais préciser :

  • Sachez que les personnages ne sont absolument pas figés et ils ont tous des évolutions. De plus, l'équipage de Moya subira évidemment des changements au cours des saisons. Farscape est une série à personnages. Chose rare : il n'y a aucun boulet !
  • John Crichton est le meilleur personnage de science-fiction audiovisuelle. Il égale Han Solo et n'a qu'un pas à faire pour le dépasser.
  • Scorpius est le meilleur « méchant » de science-fiction audiovisuelle. Il égalerait presque Darth Vader.
  • Il y a une romance béton capable de convaincre une fille colportant le cliché facile du « moi j'aime pas la science-fiction ».
  • Bah oui, les marionnettes c'est mieux que d'immondes personnages en 3D, capiche George ?
  • Une trop grande consommation de Stargate entraînerait un refus de la qualité apportée par Farscape. J'ai su m'arrêter à temps, faites attention !
  • Il y a une tonne de références, de burlesque, de répliques cultes dans Farscape, ce qui apporte beaucoup de fraîcheur.
  • Farscape dispose d'un excellent capital sexe. Il y a de vraies bombes dans Farscape.
  • Bordel, mais il vous faut quoi de plus ? Watch it !

Farscape est le renouveau de la science-fiction. Il m'a donné une nouvelle échelle de valeur. C'est une série intelligente qui refuse la facilité, sa qualité croît exponentiellement et il y a très peu d'épisodes moyens. Cette série vous emmènera de surprises en surprises. Si comme moi vous êtes en manque constant de space opera, prenez ce shoot !

RaZ


Pourquoi Farscape est supérieur à Stargate

En 2004, un certain RaZ me fait découvrir Farscape. Jusque-là, mon horizon science-fictif se résumait à Stargate SG-1, une série que je trouvais géniale de bout en bout. Bref, j'étais complètement inconscient.

Mais Farscape était là, qui rôdait dans un coin, prête à se découvrir et à me montrer ses nombreuses qualités.

Cependant, l'histoire d'amour avait commencé difficilement. L'épisode pilote n'étant pas d'une qualité exceptionnelle, voire étant carrément chiant, je n'étais pas aussitôt emballé. Heureusement, RaZ veillait, et me fit faire un saut temporel dans la série pour la suivre en pointillés et me faire voir quelques-uns des meilleurs épisodes. J'étais conquis : je venais de me prendre une tornade dans la gueule. L'épisode 1x16, puis 2x15, 1x20, 1x22, 2x22 constituaient pour moi une révélation. Il y avait bien mieux que la série aseptisée, plate et à balai dans le cul qu'est Stargate.

Le pitch de Farscape

Farscape raconte les aventures de John Crichton, un astronaute qui, alors qu'il était tranquillement en orbite terrestre dans son module, se retrouve propulsé à l'autre bout de la galaxie, happé par un vortex. Il se retrouve alors à bord du vaisseau vivant Moya, où il sympathise avec l'équipage de prisonniers évadés constitué de Zhaan, une Delvienne très touchante ; D'Argo, un guerrier Luxan ; et l'Hynérien Rygel qui nous fait tout de suite penser à un Yoda trashouille, gras, égoïste et matérialiste. Au cours du premier épisode, la petite troupe est rejointe par la sublime Aeryn Sun, un officier des Peacekeepers, la force militaire oppressante en place dans cette partie de la galaxie.

On suit alors les aventures de la troupe pendant quatre-vingt-huit épisodes répartis en quatre saisons de bonheur.

Une série de SF intelligente et délirante

Si la série est aussi géniale, c'est pour plusieurs raisons. D'abord, les scénaristes sont un peu dérangés, ce qui les entraîne dans des délires énormes, comme en témoigne l'épisode 2x15 Won't Get Fooled Again, le summum de la déconne. Farscape est une série intelligente qui nous présente des intrigues très souvent fouillées et toujours captivantes. Elle se joue du spectateur et le surprend en permanence.

L'humour est un élément capital dans Farscape, un humour souvent décapant. Mais ce qui fait également l'originalité de la série, c'est qu'au-delà de l'humour, les scénaristes ont réussi à mélanger sans problème plusieurs registres : comique, dramatique, tragique à la sauce science-fiction. Farscape est d'une diversité rare dans le genre.

Le casting exceptionnel de Farscape

Mieux encore, le tout est servi par des acteurs très talentueux. Ben Browder, qui incarne John Crichton, m'a fait comprendre le vrai sens de l'expression « bon acteur ». Il passe d'un genre à l'autre sans aucun problème. La sublime Claudia Black, dans le rôle d'Aeryn, n'est pas en reste. Je n'ai pas parlé du reste du casting qui est tout aussi excellent (à noter Wayne Pygram, qui incarne à la perfection LE bad guy : Scorpius).

L'annulation et le retour de Farscape

En 2002, après quatre ans de bonheur intense, la série prend fin de manière brutale, par la faute de producteurs plus intéressés par le profit que par la qualité. Farscape se retrouve sans un rond et stoppe en plein élan. C'est un électrochoc pour des millions de Scapers traumatisés par le superbe cliffhanger de la saison 4. Devant l'injustice, les fans s'organisent : des milliers de demandes affluent auprès de Sci-Fi. Sci-Fi cède et produit un téléfilm de trois heures, The Peacekeeper Wars, qui clôt la série de manière magistrale : un des meilleurs films de SF que j'ai pu voir.

Si vous êtes un tant soit peu intéressé par la science-fiction, vous DEVEZ regarder cette série, et de préférence en version originale, le jeu des acteurs étant massacré par la mauvaise version française.

Kashmir


Témoignage d'un converti : ma découverte de Farscape

Les deux du dessus en ont déjà dit pas mal. Je risque de répéter des trucs.

Avant-propos

Un jour, alors que moi et un autre cyber-vip squattions chez le webmaster, ce dernier alluma sa télé et s'installa devant une série bizarre mettant en scène une fille bizarre à la peau grise frappant une espèce de lézard géant.

— Haha haha, c'est quoi ce truc à deux balles ?
— Haha ha, ouais, c'est quoi ?
— Arrêtez, c'est bien.
— Et ça s'appelle comment ton truc ?
— #Qr^2z45.

En réalité, il avait dit Farscape, mais ça m'était vite sorti de l'esprit.

À ce moment-là, j'étais un abruti d'amateur de Tartegate. Je réalise aujourd'hui qu'il m'arrivait de refouler le fait que c'était chiant 90% du temps ; et que la partie intéressante était diluée au possible dans une solution de 7 saisons à concentration mythologique de 2 épisodes/saison.

La deuxième fois que je croisai Farscape, c'était toujours chez RaZ. Il avait lancé sans faire gaffe l'épisode 3x00, Farscape : Undressed, qui fait office de débriefing de la série. Je n'ai vu que quelques scènes, je me suis dit : « Le gars avec l'imper noir là, celui qui présente, il a la classe... » Je venais de voir pour la première fois John Crichton, joué par Ben Browder.

Saison 1 : la grande découverte

À la fin du pilote, je suis resté de glace. Les décors sont pas excellents, les personnages sont pas particulièrement originaux, bien qu'ils semblent carrément exploitables. Les premiers épisodes sont biens, intéressants, malgré les décors qui pourraient déplaire à certains.

L'épisode 15 voit arriver un nouveau personnage, Chiana, ex prisonnière Nebari. On assiste aux épisodes habituels qui servent à nous présenter les personnages.

La première claque dans la gueule, c'est l'épisode 1x16, A Human Reaction. Grosse innovation dans la science-fiction, on nous place dans un environnement « épisode banal » et on nous frappe par derrière en faisant sauter les clichés. C'est bizarre, c'est surprenant, c'est nouveau. C'est le début, surtout.

Entre alors le « méchant » le plus complet que j'aie jamais vu à la télé : Scorpius. La première fois que je l'ai vu, j'ai pensé « Power Rangers ». Mais ça a vite changé. Maintenant, quand je le vois, je pense « Charismatique ».

Saison 2 : le début d'un culte

Ça commence par l'épisode Mind the Baby. Avalanche d'épisodes à vous couper le souffle. L'épisode 2x04, Crackers Don't Matter, m'a ouvert le ventre, j'en balance encore des répliques aujourd'hui.

Le 2x09 Out of Their Minds est l'exemple même du stéréotype défoncé au pulse pistol. Le triptyque Look at the Princess fait rire et pleurer en même temps. Le 2x15 Won't Get Fooled Again est à montrer aux dépressifs — attention, passez aux toilettes avant.

Liars, Guns and Money nous propulse encore plus haut dans l'extase. Au revoir Stargate, je ne t'aime plus depuis longtemps.

Saison 3 : j'ai le souffle coupé

SEASON OF DEATH, yeah ! Je me suis demandé pourquoi elle était dotée de ce surnom. J'ai vite compris.

Le season premiere nous fait avaler de travers tant la surprise est grande. Le diptyque Self Inflicted Wounds est l'un des plus importants de la série, bien qu'un peu mal fichu.

L'épisode Eat Me est l'icône même du détournement de clichés. Le 3x13 Scratch N'Sniff est un très bon amuse-gueule, bien que très étrange. Pour la petite histoire, il se passe sur une planète aux faux airs d'Ibiza nommée « Homo »...

Le diptyque Infinite Possibilities nous fait revenir au 1x16. Le 3x16 Revenging Angel est réalisé sous forme de cartoon. Innovant. Encore.

3x20-21 Into the Lion's Den : c'est divin, j'en peux plus.

Saison 4 : une balle dans la tête

Alors là, c'est l'euphorie à chaque début d'épisode, on chante le générique à tue-tête comme des imbéciles.

La saison commence bien. Notre ami John semble avoir oublié son rasoir, et il se met à la musique classique dans le season premiere Crichton Kicks.

4x11-13 : Triptyque. Oh mon Dieu. Le canapé sur lequel on est assis part en lambeaux.

4x17 A Constellation of Doubt est l'un des meilleurs épisodes qu'il m'ait été donné de voir, tous genres confondus. Et enfin 4x19-21 We're So Screwed : détonnant. Le tout avec une dose mesurée d'humour, mais on est en apnée pendant 3 épisodes.

Et pour finir, le season finale : Bad Timing. Un cliffhanger aussi extraordinaire que surprenant.

Farscape : The Peacekeeper Wars

Un téléfilm en deux parties de 1h30 chacune qui fait office de suite à la série. Un scénario béton, les maquillages au moins aussi soignés que d'habitude, une bataille spatiale à couper le souffle dès le début, de l'humour, toujours de l'humour. J'AI FAILLI PLEURER À LA FIN.

Pour conclure, Farscape est une série novatrice sur beaucoup de points. On y trouve beaucoup d'humour, subtil par moments et complètement déjanté quelques fois. Les romances sont parfaitement bien construites. L'évolution des personnages est franchement réussie, autant physiquement que mentalement. Scorpius, le personnage le plus consistant que j'aie jamais vu, a une prestance incroyable.

Intégrer des marionnettes dans une série télé, c'était pas bête du tout. Rygel en est le parfait exemple, on oublie très vite qu'il est fait de latex.

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Rockne S. O'Bannon, David Kemper et tous les autres, Ben Browder, Claudia Black, Virginia Hey et tout le reste, vous avez été trop bons.

Slig


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raz
raz @raz
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