Il aura fallu vingt ans pour que le petit film de piscine devienne la prochaine grande série Disney. Le 25 juin 2026, Disney+ et Disney Channel ont officiellement commandé le pilote d'« Aquamarine », adaptation télévisée du film de 2006 avec Emma Roberts. La sirène rousse va troquer sa queue irisée pour une intrigue plus sombre, centrée sur une adolescente qui découvre ses origines magiques. Entre retour des acteurs originaux, showrunneuse de renom et tournage en Caroline du Nord, ce projet pourrait bien être le prochain phénomène nostalgie de la firme aux grandes oreilles.

Du film oublié au reboot très attendu : comment Aquamarine de 2006 est devenue un phénomène nostalgique
En mars 2026, le film « Aquamarine » a soufflé ses vingt bougies. Pas de grand tapis rouge, pas de tournée médiatique : juste une poignée de fans sur les réseaux sociaux qui se rappellent les étés de leur enfance. Pourtant, ce teen movie modeste a discrètement construit un capital nostalgie que Disney a décidé d'exploiter.
Aquamarine, la petite sirène des années 2000 qui a marqué toute une génération
Sorti en 2006, « Aquamarine » raconte l'histoire de deux adolescentes, Claire et Hailey, qui découvrent une sirène échouée dans la piscine du club de plage. La créature aquatique, jouée par Sara Paxton, tente d'échapper à un mariage forcé et demande l'aide des deux filles pour conquérir le cœur du maître nageur. Le film, réalisé par Elizabeth Allen Rosenbaum (créditée simplement Elizabeth Allen à l'époque), est une adaptation libre du roman jeunesse d'Alice Hoffman.
Sur le moment, le long-métrage n'a pas fracassé le box-office. Mais avec le recul, il est devenu un repère générationnel. Les filles nées entre 1990 et 1995 y voient aujourd'hui un concentré d'été 2000 : les tongs, les chouchous fluo, la bande originale signée par des artistes comme JoJo (qui joue aussi Hailey) et la fameuse coiffure de Sara Paxton. Le film est toujours disponible sur Disney+, preuve que l'audience continue de le découvrir ou redécouvrir.
Vingt ans après, la mode des reboots Disney touche aussi les trésors cachés
Disney ne fait pas dans la demi-mesure avec sa bibliothèque des années 2000. Après l'annonce de Camp Rock 3 et le live-action Lilo & Stitch, la firme a compris que la nostalgie est un actif rentable. La fenêtre des vingt ans est devenue un argument marketing : elle permet de toucher à la fois les trentenaires qui veulent retrouver leurs souvenirs et une nouvelle génération d'adolescents.
Dans cette stratégie, « Aquamarine » coche plusieurs cases. Le film original n'a jamais eu de suite, contrairement à « High School Musical » ou « Camp Rock », ce qui laisse un espace créatif vierge. Et surtout, le thème des sirènes reste porteur : entre « La Petite Sirène » live-action de 2023 et l'engouement constant pour « H2O », Disney sait que l'eau attire.
Le grand saut : Disney+ et Disney Channel commandent le pilote d'Aquamarine
L'annonce officielle est tombée le 25 juin 2026. Disney Branded Television a donné son feu vert pour la production d'un pilote d'« Aquamarine », destiné à une double diffusion sur Disney Channel et Disney+. Les premiers détails publiés par Deadline et The Hollywood Reporter dessinent un projet ambitieux.
Le synopsis officiel dévoilé : Coral, une quête d'identité sous les vagues

Le synopsis officiel, cité à l'identique par Deadline et The Hollywood Reporter, plante le décor : « Dans le pilote, quand Coral, une adolescente, emménage dans une ville côtière de rêve, elle commence à découvrir la vérité derrière la disparition de sa mère — et découvre que sa mère était une sirène, réveillant des pouvoirs magiques chez Coral alors que des secrets menacent de remonter à la surface. »
Le changement de ton est frappant. Là où le film original était une comédie romantique estivale légère, la série propose un mystère familial avec une dimension fantastique plus sombre. Les « secrets beneath the waves » évoquent une mythologie qui pourrait s'étendre sur plusieurs épisodes, voire plusieurs saisons.
Du projet secret « Saltwater » à la commande officielle « Aquamarine »
Le projet a d'abord été repéré par le site The DisInsider en avril 2026, sous le titre de travail « Saltwater ». À l'époque, rien ne le reliait explicitement au film de 2006. Les premières descriptions parlaient d'une série de sirènes autonome, sans mention d'Aquamarine, de Claire ou de Hailey.
Les appels de casting publiés par The DisInsider révélaient déjà plusieurs personnages clés : Mia, la meilleure amie de Coral, décrite comme « marginale, drôle et authentique, intelligente et pragmatique avec un esprit scientifique » ; Vega, une amie observatrice et perspicace ; Paige, la reine de la plage ; et August, un surfeur à l'âme sensible. Le personnage principal, Coral, était présenté comme « une rêveuse réfléchie, avec un grand cœur, une âme créative et un esprit charmant ».
Une double diffusion Disney Channel / Disney+ : que faut-il en comprendre ?
La décision de diffuser le pilote sur les deux écrans n'est pas anodine. Disney Channel sert traditionnellement de test pour les projets destinés au jeune public : si le pilote fonctionne en termes d'audience linéaire, la saison complète peut être commandée. Disney+, de son côté, permet de capter les 18-25 ans nostalgiques qui ont grandi avec le film original mais ne regardent plus la télévision câblée.
Cette stratégie rappelle celle employée pour « Percy Jackson and the Olympians », qui a bénéficié d'une campagne de promotion massive sur les deux plateformes. Dans un contexte concurrentiel où Netflix et Amazon multiplient les séries fantastiques pour adolescents, Disney cherche à maximiser l'impact de chaque nouveau projet.
Emma Roberts ne fait pas que jouer, elle produit : les coulisses du casting et de l'écriture
Le retour d'Emma Roberts est la pièce maîtresse de ce projet. Mais son implication va bien au-delà d'une simple apparition en guest-star. L'actrice, qui avait 15 ans lors du tournage du film original, endosse désormais un rôle de productrice exécutive.
Emma Roberts retrouve Claire Brown et passe productrice exécutive
Emma Roberts reprendra son personnage de Claire Brown, l'une des deux adolescentes qui découvrent la sirène dans le film de 2006. Dans le pilote, elle fera une apparition en guest-star, créant un pont direct entre l'œuvre originale et la nouvelle série.
Mais le plus important est ailleurs : Roberts est également productrice exécutive, aux côtés d'Elizabeth Allen Rosenbaum (réalisatrice du film original) et de Susan Cartsonis (productrice historique). Ce passage derrière la caméra est un gage de sérieux. Roberts a déjà produit plusieurs projets, dont la série « American Horror Story » et le film « Honey Boy », et son implication suggère qu'elle croit au potentiel de cette adaptation.
Sarah Watson, la showrunneuse de « The Bold Type », au scénario du pilote
Sarah Watson a été chargée d'écrire le pilote. Son nom ne parle peut-être pas à tout le monde, mais son CV impressionne : créatrice de la série « The Bold Type », elle a également écrit pour « Percy Jackson and the Olympians » et « Parenthood ».
Son style, caractérisé par des dialogues incisifs et des personnages féminins forts, colle parfaitement à l'univers d'« Aquamarine ». Watson excelle dans l'équilibre entre drame adolescent et légèreté, comme elle l'a prouvé avec « The Bold Type », série qui abordait des sujets sérieux sans jamais perdre son ton ensoleillé. Pour « Aquamarine », elle devra ajouter une dose de fantastique à son registre habituel.
Margery Simkin au casting : la promesse d'une distribution de haut vol
La direction de casting a été confiée à Margery Simkin et Orly Sitowitz. Simkin n'est pas une inconnue : elle a travaillé sur « Argo », « Zero Dark Thirty » et plusieurs productions Marvel. Ce niveau d'exigence dans le casting est un indicateur fort : Disney ne traite pas ce pilote comme un simple produit dérivé, mais comme une série premium.
Le casting des personnages secondaires, dévoilé par The DisInsider, montre une volonté de diversité et de profondeur. Mia, la meilleure amie de Coral, n'est pas la simple sidekick comique : son profil scientifique suggère qu'elle apportera une perspective rationnelle face aux éléments fantastiques. Vega et Paige, décrites comme observatrices et reines de la plage, pourraient incarner différentes facettes de l'adolescence.
Coral, la nouvelle héroïne sirène : une intrigue entre quête d'identité et secrets sous-marins
Au cœur de cette série, il y a Coral. L'adolescente de 15 ans, qui a passé la majeure partie de sa vie en Arizona avec son père, débarque dans une ville côtière où sa mère travaille. Très vite, elle découvre qu'elle est une demi-sirène et que sa mère a disparu dans des circonstances mystérieuses.

Coral, une « rêveuse de 15 ans » au passé arizonien
La description officielle de Coral, publiée par The DisInsider, la présente comme « une rêveuse réfléchie avec un grand cœur, une âme créative et un esprit charmant ». Elle a grandi loin de l'océan, dans les terres arides de l'Arizona, ce qui rend sa découverte du monde marin d'autant plus frappante.
Ce changement de lieu n'est pas anodin. Dans le film original, l'action se déroulait dans une station balnéaire de Floride, un décor idyllique où tout semblait possible. La série, elle, oppose deux environnements : le désert de l'enfance de Coral et la côte mystérieuse où sa mère a disparu. Ce contraste géographique pourrait servir de métaphore visuelle pour le passage de l'enfance à l'adolescence.
Un héritage magique qui réécrit les règles du film original
Dans le film de 2006, Aquamarine était une sirène à part entière, échouée dans une piscine, qui voulait vivre une histoire d'amour humaine. La série prend le contre-pied complet : Coral découvre qu'elle est à moitié sirène, que sa mère l'était aussi, et que cette dernière a disparu à cause de secrets dangereux.
Cette quête d'identité adolescente utilise le fantastique comme métaphore. Coral doit accepter une partie d'elle-même qu'elle ignorait, tout en naviguant entre deux mondes : celui des humains et celui des créatures marines. C'est un thème classique dans la littérature young adult, mais qui n'avait jamais été exploré dans l'univers d'« Aquamarine ».
La mer, une source d'inspiration intarissable pour Disney
Disney a toujours eu un faible pour les sirènes. De « La Petite Sirène » animée (1989) au live-action de 2023, en passant par « Moana », l'eau et ses créatures magiques sont un pilier de l'imaginaire Disney. Le succès de « Moana 2 », annoncé pour 2026, et l'engouement autour du live-action de « La Petite Sirène » montrent que le public n'est pas rassasié.
La série « Aquamarine » cherche à renouveler le genre en y ajoutant du mystère et de la profondeur. Là où « H2O : Just Add Water » misait sur le quotidien de trois adolescentes transformées en sirènes, « Aquamarine » promet une mythologie plus dense, avec des « secrets sous les vagues » qui pourraient tenir en haleine sur plusieurs saisons.
Pourquoi la Caroline du Nord ? Les dessous économiques du tournage du pilote
Le tournage du pilote est prévu en août 2026 à Wilmington, en Caroline du Nord. Ce choix n'est pas anodin : il répond à une logique économique précise, dans un contexte de compétition féroce entre États américains pour attirer les productions hollywoodiennes.
Un tournage prévu en août 2026 à Wilmington
Selon le site ProductionList et le journal local StarNews, le pilote (listé sous le code de production « Saltwater ») est la troisième grosse production de l'année 2026 dans la région de Wilmington. Il rejoint la série « RJ Decker » (ABC/Hulu) et la suite de « The Summer I Turned Pretty ».
Wilmington est un pôle important pour les tournages télévisés, notamment grâce à ses infrastructures (studios, équipes techniques locales) et à son climat qui permet des tournages extérieurs une grande partie de l'année. La région a accueilli des séries comme « Dawson's Creek » ou « One Tree Hill », et reste une destination prisée des studios.
La Caroline du Nord et ses 25 % de crédit d'impôt : qui paie, qui gagne ?
La Caroline du Nord offre un crédit d'impôt de 25 % sur les dépenses qualifiées engagées dans l'État. Pour Disney, c'est une économie directe sur le budget de production. Pour la région, ce sont des retombées concrètes : emplois locaux, nuits d'hôtel, restauration, location de matériel.
Ce système d'incitations fiscales est un classique de la guerre des studios américains. La Géorgie, la Louisiane et le Nouveau-Mexique proposent des dispositifs similaires, parfois plus agressifs. La Caroline du Nord a perdu plusieurs productions au profit de ces États ces dernières années, et cherche à reconquérir des projets avec ce taux de 25 %.
Le calcul est simple : Disney paie moins d'impôts, mais injecte de l'argent dans l'économie locale. Les détracteurs de ces dispositifs pointent un manque à gagner pour les services publics. Les défenseurs répondent que sans ces crédits, les productions iraient ailleurs — ou ne se feraient pas du tout.
Jesse Peretz ou Elizabeth Allen Rosenbaum ? L'imbroglio autour du réalisateur
Un point reste flou : qui réalisera le pilote ? Deadline et The Hollywood Reporter annoncent Elizabeth Allen Rosenbaum, la réalisatrice du film original. Mais ProductionList et StarNews mentionnent Jesse Peretz (« Girls », « GLOW ») comme réalisateur.
Cette divergence s'explique probablement par une évolution normale en pré-production. Il est possible que Peretz ait été attaché au projet à un stade précoce, sous le titre « Saltwater », avant que Rosenbaum ne reprenne les rênes lorsque le projet a été officiellement annoncé comme « Aquamarine ». Dans tous les cas, le projet avance vite : les annonces de casting et de tournage se succèdent à un rythme soutenu.
Entre nostalgie et renouveau : Aquamarine peut-elle éviter le piège du reboot facile ?
Alors que le projet prend forme, les attentes sont élevées. Disney a les moyens de faire de cette série un succès, mais les pièges sont nombreux.
Les atouts indéniables du projet
Le projet réunit plusieurs ingrédients gagnants. Emma Roberts, en guest-star et productrice, assure une continuité avec le film original qui rassurera les fans. Sarah Watson, au scénario, apporte une crédibilité dans l'écriture de personnages féminins complexes. Les moyens financiers, renforcés par les crédits d'impôt de la Caroline du Nord, permettent un casting de qualité et des effets spéciaux soignés.
La double diffusion Disney Channel / Disney+ est également un atout stratégique. Elle permet de tester le pilote auprès du jeune public tout en captant les nostalgiques sur la plateforme de streaming. Si la saison complète est commandée, la série bénéficiera d'une visibilité maximale.
Les écueils à éviter pour ne pas finir échouée sur la plage
Les risques sont réels. La comparaison avec « H2O : Just Add Water » sera inévitable. La série australienne, diffusée de 2006 à 2010, a marqué toute une génération avec son concept de trois adolescentes transformées en sirènes. « Aquamarine » devra trouver sa propre identité pour ne pas être perçue comme une copie.
Il y a aussi le danger du reboot paresseux. Steven Spielberg, lors du CinemaCon 2026, a mis en garde contre la surutilisation des brand-names par les studios. Disney a souvent été critiqué pour ses adaptations live-action qui surfent sur la nostalgie sans apporter de valeur ajoutée. Les fans d'« Aquamarine » attendent une série qui respecte l'esprit du film original tout en proposant quelque chose de neuf.
Enfin, l'attente est élevée. Le film de 2006, malgré son statut de culte discret, a une base de fans passionnés qui n'hésiteront pas à critiquer la série si elle trahit l'œuvre originale.
Calendrier et disponibilité en France : quand verra-t-on les sirènes sur Disney+ ?
Aucune date de diffusion française n'a encore été annoncée. Le film original est déjà disponible sur Disney+ en France, ce qui permet aux curieux de (re)découvrir l'histoire avant la série.
Si la saison complète est commandée après le pilote, une sortie sur Disney+ pourrait intervenir fin 2027 ou début 2028. Le pilote, lui, sera diffusé rapidement après la commande, probablement dans les mois suivant le tournage d'août 2026. Comme pour de nombreuses séries Disney+, la version française devrait être disponible dès le lancement.
Conclusion
« Aquamarine » n'est pas un simple reboot de plus dans la machine Disney. Le projet, porté par le retour d'Emma Roberts et l'écriture de Sarah Watson, semble vouloir prendre au sérieux son matériau d'origine tout en proposant quelque chose de nouveau. La quête d'identité de Coral, entre mystère familial et pouvoirs magiques, pourrait bien séduire au-delà des fans du film de 2006.
Reste à savoir si Disney osera commander une saison complète. Le pilote, tourné en août 2026 en Caroline du Nord, servira de test. Si l'alchimie prend, la sirène rousse aura trouvé un nouveau public, vingt ans après avoir nagé dans la piscine du club de plage.