Février 2025 s'avère être un mois particulièrement généreux pour les abonnés Netflix, avec plusieurs sorties qui font joliment oublier la traditionnelle creux de la rentrée. Entre espionnage décontracté, thriller politique prestigeux et drame true crime addictif, la plateforme a déposé trois pépites qui méritent qu'on s'y attarde. Si vous aviez mis votre abonnement en pause, c'est peut-être le moment de le réactiver. Voici notre sélection des trois séries qui sortent du lot cette semaine.
The Recruit Saison 2 : L'espion qui coûtait (presque) rien
Une suite qui surpasse l'original
Quand Noah Centineo a enfourché le rôle d'Owen Hendricks pour la première saison de The Recruit en 2022, les critiques étaient mitigées. La série d'espionnage souffrait d'une comparaison inévitable avec des poids lourds du genre. Mais contre toute attente, cette deuxième saison, disponible depuis le 30 janvier, réalise l'exploit de transformer un divertissement sympathique en une série franchement addictive.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : là où la première saison peinait à atteindre 68% sur Rotten Tomatoes, cette nouvelle livraison caracole à 92% d'avis positifs. Une progression spectaculaire qui s'explique par plusieurs facteurs que les créateurs ont intelligemment ajustés. D'abord, le format resserré : six épisodes contre huit précédemment, ce qui force l'intrigue à rester tendue sans temps morts.
L'histoire reprend directement là où nous avions laissé Owen, ce jeune avocat de la CIA propulsé malgré lui dans des opérations de terrain pour le moins périlleuses. Noah Centineo, révélé au grand public par la franchise romanticomique To All the Boys, prouve qu'il possède une présence à l'écran qui dépasse largement le registre du teen movie. Son charisme naturel, déjà évident dans la première saison, trouve ici un terrain d'expression plus vaste.
Pourquoi cette saison marque une évolution majeure
Les scénaristes ont compris ce qui fonctionnait : l'alchimie entre le côté ingénu d'Owen et les situations mortellement sérieuses de l'espionnage international. The Telegraph a qualifié la série d'« enthousiastically silly », un compliment à double tranchant qui captures parfaitement l'esprit du projet. On ne demande pas à The Recruit d'être le prochain Tinker Tailor Soldier Spy — on veut s'amuser, et c'est exactement ce que la série offre.
Les séquences d'action ont gagné en sophistication sans perdre ce côté bricolage charmant qui faisait le sel de la première saison. Owen n'est toujours pas James Bond, et c'est tant mieux. Il trébuche, panique, improvise, et c'est cette humanité qui rend le spectacle attachant. Les décors internationaux — cette saison nous emmène notamment en Corée du Sud — apportent une fraîcheur visuelle bienvenue.
Pour les habitués des thrillers d'espionnage plus sombres comme Peaky Blinders The Immortal Man, The Recruit offre un contrepoint léger sans être simpliste. C'est la série parfaite pour décompresser après une journée épuisante, tout en conservant suffisamment de substance pour ne pas se sentir coupable de l'avoir regardée en une seule soirée.
Le verdict temps investi
Six épisodes d'environ 45 minutes chacun : vous pouvez avaler l'intégrale en un week-end sans remords. La série se regarde comme on dévore un roman de gare qu'on n'oserait pas avouer lire dans les transports en commun, mais avec la satisfaction de découvrir quelque chose de réellement bien exécuté. Attention toutefois : la saison 3 a été annulée par Netflix début mars 2025, ce qui signifie que vous ne risquez pas de frustration liée à un cliffhanger éternel.
Zero Day : Robert De Niro s'invite dans votre salon
Le projet le plus ambitieux de Netflix en 2025
Zero Day, disponible depuis le 20 février, représentait un pari considérable pour Netflix : réunir Robert De Niro, légende vivante du cinéma américain, pour sa toute première rôle majeur dans une série télévisée. Le résultat ? Un thriller politique à six épisodes qui divise les critiques mais fascine par son audace.
L'intrigue pose un scénario catastrophe effrayant dans sa plausibilité : une cyberattaque sans précédent paralyse les infrastructures des États-Unis, provoquant des milliers de morts et plongeant le pays dans le chaos. L'ancien président George Mullen, interprété par De Niro, est rappelé pour mener une commission d'enquête et découvrir les responsables de cette attaque désignée sous le nom de code « Zero Day ».
La série bénéficie d'un casting impressionnant qui entoure le vétéran : Jesse Plemons, Lizzy Caplan, Joan Allen, Connie Britton et Dan Stevens forment un ensemble solide qui élève le matériau. Créée par Eric Newman (producteur de Narcos) et Noah Oppenheim, la série avait tous les atouts pour devenir un incontournable.
Entre prestige et excès de sérieux
Les critiques ont été mitigées, voire sévères dans certains cas. Variety n'a pas mâché ses mots, qualifiant la série d'échec, tandis que The Hollywood Reporter a pointé du doigt un « self-seriousness » qui dessert l'ensemble. Le consensus sur Rotten Tomatoes résume bien le problème : « le scénario high-concept est un peu trop absurde pour que la série se prenne aussi au sérieux ».
Pourtant, il y a de quoi défendre Zero Day. Les épisodes 4 et 5, selon plusieurs critiques, sauvent la série en proposant des révélations et des développements qui justifient l'investissement du spectateur. De Niro, même taciturne et contenu, apporte une gravité naturelle qui ancre les moments les plus délirants du script dans une certaine crédibilité.
La série pose des questions pertinentes sur la cybersécurité, la désinformation et la vulnérabilité des démocraties modernes face aux attaques numériques. Si elle n'approfondit pas toujours ces thèmes autant qu'elle le devrait, elle a le mérite de les placer au cœur du récit grand public.
À qui s'adresse réellement cette série
Zero Day n'est pas un binge-watch facile. C'est une série qui demande de l'attention et de la patience, particulièrement durant ses premiers épisodes qui multiplient les expositions et les réunions de cabinet. Les amateurs de thrillers politiques comme House of Cards ou Homeland y trouveront leur compte, à condition d'accepter quelques invraisemblances scénaristiques.
Pour ceux qui apprécient les performances d'acteurs et le casting prestigeux, à l'image de ce que propose Brad Pitt dans son retour choc avec Fincher, Zero Day offre une vitrine intéressante pour De Niro, même si le rôle ne marquera pas l'histoire de sa carrière comme le firent Taxi Driver ou Raging Bull.
Les six épisodes d'environ 50 minutes constituent une histoire complète — aucun risque de cliffhanger frustrant puisque la série est conçue comme une mini-série autonome. Un investissement de cinq heures qui, sans révolutionner le genre, offre un divertissement correct pour les amateurs de conspirations politiques.
Apple Cider Vinegar : Le true crime qui fait mal au bien
L'histoire vraie qui dépasse la fiction
Si vous cherchez LA série dont tout le monde parlera dans les semaines à venir, c'est probablement celle-ci. Apple Cider Vinegar, disponible depuis le 6 février, raconte l'incroyable histoire de Belle Gibson, cette influenceuse australienne qui a construit un empire médiatique sur le mensonge pur et simple : prétendant soigner un cancer du cerveau par des méthodes naturelles et alimentaires.
Kaitlyn Dever, révélation de Booksmart et Unbelievable, incarne Belle avec une justesse troublante. Elle capte cette ambiguïté fascinante de l'imposture : Belle n'est pas un méchant de dessin animé, c'est une femme complexe dont les motivations restent opaques jusqu'au bout. À ses côtés, Alycia Debnam-Carey (Fear the Walking Dead) joue Milla, une jeune femme réellement atteinte d'un cancer qui devient l'amie puis la rivale de Belle.
La série s'inscrit dans la lignée d'Inventing Anna et de The Dropout, ces récits d'imposteurs modernes qui captivent par leur absurdité documentée. Mais Apple Cider Vinegar va plus loin en explorant les conséquences humaines de cette supercherie : les victimes qui ont cru aux mensonges de Belle, les familles détruites, l'argent détourné de vraies recherches médicales.
Une mise en scène au service du malaise
Les critiques ont été unanimement positives, saluant notamment la performance de Kaitlyn Dever. IndieWire évoque une « performance terrific », IGN souligne que « la série utilise la tromperie comme structure narrative », et Télérama, généralement exigeante, salue une série « caustique, plus nuancée qu'il n'y paraît ».
La réalisation joue habilement sur les codes des réseaux sociaux : format vertical, filtres, mises en scène pseudo-authentiques. On ressent physiquement l'addiction aux likes et aux commentaires qui alimente l'ascension de Belle. La série démontre comment la quête de validation numérique peut corrompre jusqu'au sens moral le plus élémentaire.
Le choix de titrer la série Apple Cider Vinegar — littéralement « vinaigre de cidre » — n'est pas anodin. C'est l'un des remèdes miracles que Belle promouvait, symbole de cette pseudoscience wellness qui prospère sur les plateformes sociales. La série devient ainsi une réflexion plus large sur notre rapport à l'information, à l'expertise, et à la tentation de solutions simples à des problèmes complexes.
Pourquoi cette série vous marquera
Six épisodes d'une heure environ, et vous serez scotché du début à la fin. Contrairement à Zero Day qui demande de la patience, Apple Cider Vinegar fonctionne comme une véritable page-turner audiovisuelle. Chaque épisode se termine sur une révélation ou un retournement qui vous pousse à enchaîner directement sur le suivant.
La série atteint ce que peu de true crimes accomplissent : elle vous fait réfléchir sur votre propre rapport à la vérité sans jamais vous sermonner. On se surprend à comprendre, sinon à justifier, les choix de Belle, ce qui rend l'expérience d'autant plus dérangeante.
Pour les amateurs de récits d'imposteurs fascinants, à l'image de ce que peut proposer Liam Neeson dans des rôles complexes, Apple Cider Vinegar offre une plongée dans les méandres de la psychologie humaine qui ne laisse pas indemne.
Le tableau comparatif pour décider vite
| Série | Genre | Épisodes | Durée totale | Verdict critique |
|---|---|---|---|---|
| The Recruit S2 | Espionnage/Action | 6 x 45 min | ~4h30 | Excellent (92% RT) |
| Zero Day | Thriller politique | 6 x 50 min | ~5h | Mitigé (7.0/10 IMDb) |
| Apple Cider Vinegar | True crime/Drame | 6 x 55 min | ~5h30 | Très positif (7.2/10 IMDb) |
Quel profil de spectateur êtes-vous ?
Si vous cherchez du divertissement pur, sans prétention mais bien exécuté, foncez sur The Recruit Saison 2. C'est la série idéale pour une soirée pyjama avec un verre de vin et zéro obligation cérébrale, tout en évitant la stupidité.
Pour les amateurs de comédies noires britanniques et d'humour caustique, Alan Carr reste une valeur sûre, mais si vous voulez quelque chose de plus sombre, Apple Cider Vinegar vous tend les bras.
Enfin, si vous adorez les conspirations politiques et que vous êtes prêt à pardonner quelques défauts d'écriture pour le plaisir de voir De Niro en président, Zero Day mérite sa chance — peut-être en accéléré pour les premiers épisodes.
La stratégie anti-FOMO pour votre temps précieux
Calculer votre retour sur investissement temporel
Posons les choses clairement : vous avez probablement un compte Netflix partagé, un budget serré, et surtout un temps limité. La question n'est pas « ces séries sont-elles bonnes ? » mais « méritent-elles que je sacrifie mes soirées pour elles ? »
En termes purement mathématiques, les trois séries totalisent environ 15 heures de visionnage. C'est l'équivalent de deux week-ends entiers, ou d'une semaine de soirées bien remplies. Si vous deviez n'en choisir qu'une, notre recommandation va sans hésitation à Apple Cider Vinegar pour son impact émotionnel et sa pertinence culturelle.
The Recruit S2 arrive en deuxième position pour son efficacité narrative et son amélioration spectaculaire par rapport à la première saison. Zero Day complète le podium, intéressante mais inégale, à réserver aux plus patients ou aux plus grands fans de De Niro.
L'ordre de visionnage optimal
Notre suggestion : commencez par Apple Cider Vinegar en début de semaine, quand votre cerveau est encore frais pour appréhender les nuances du scénario. Passez à The Recruit le week-end pour décompresser avec de l'action légère. Gardez Zero Day pour un moment de grande patience, peut-être en multitâche avec du repassage.
Cette stratégie vous permet de goûter à chaque genre proposé par Netflix ce mois-ci : le drame social réveillant, l'aventure escapiste, et le thriller politique ambitieux. Trois ambiances, trois expériences différentes, un seul abonnement.
Conclusion
Février 2025 aura été un mois charnière pour Netflix, avec des sorties qui compensent largement les announcements d'annulations récentes. The Recruit Saison 2 prouve qu'une série peut s'améliorer drastiquement d'une saison à l'autre, Apple Cider Vinegar démontre que le true crime peut atteindre des sommets de nuance et d'intelligence, et Zero Day, malgré ses défauts, montre l'ambition de la plateforme de travailler avec les plus grandes stars du cinéma.
Pour ceux qui hésitaient à réactiver leur abonnement : c'est le moment. Ces trois séries alone justifient le prix d'entrée, et le catalogue continue de s'étoffer chaque semaine. Quant à savoir si Netflix maintiendra ce niveau de qualité dans les mois à venir, l'avenir nous le dira. En attendant, vous avez environ 15 heures de contenu de qualité à déguster sans modération.