Image 1Sigmund Freud est né en 1856 à Freiberg. Après des émeutes antisémites, sa famille s'enfuit à Leipzig, puis s'installe à Vienne, où Sigmund Freud fait ses études. D'abord tenté par le droit, il finit par opter pour la médecine peu avant 1873. En 1876, Freud commence des recherches sur la physiologie et la pathologie du système nerveux. En 1882, il devient médecin et cherche à s'orienter vers la neurologie ; il s'installe dans un modeste cabinet à Vienne.
Image 2En 1885, il obtient une bourse pour étudier six mois à Paris et participe aux cours du professeur Charcot, un spécialiste de l'hystérie, maladie qui, à l'époque, était considérée comme n'atteignant que les femmes. Charcot démontre que l'homme peut, lui aussi, présenter des symptômes de cette maladie, mais qu'on peut les faire disparaître ou même apparaître, principalement grâce à l'hypnose. Freud retient que les modifications dans le comportement de l'individu peuvent intervenir à l'insu de sa conscience. Il s'oriente donc déjà sur l'hypothèse de l'inconscient.
Image 3En 1886, il revient à Vienne avec son épouse, Martha, où ils mènent une vie bourgeoise. Il y installe son cabinet de psychopathologie où il traitera l'hystérie par l'hypnose tout en collaborant avec le médecin Breuer. (Auparavant, on traitait l'hystérie par des électrochocs et des massages.) Mais l'hypnose a un gros désavantage : elle ne fait pas disparaître les symptômes de manière permanente. Du coup, Freud va décider de passer à une étape ultérieure : écouter ses patients. Le but est de trouver l'origine des symptômes, car il pense que ceux-ci sont liés à l'histoire de la personne qui en souffre. Il pense pouvoir les faire disparaître s'il sait d'où ils proviennent.
Très vite, il remarque que cette technique a des limites car il découvre l'existence d'une sorte de blocage par rapport à l'émergence des souvenirs : la résistance. À partir de là, il met au point une méthode : l'association libre, consistant à tenter de vaincre cette résistance et de faire émerger les souvenirs traumatiques qui sont, d'après ses observations, toujours de nature sexuelle. Freud va aussi découvrir que ces "souvenirs" ne sont pas toujours réels, mais sont parfois des fantasmes. On appellera "Talking cure" le fait que Freud parle à ses malades. Après la mort de son père (survenue en 1897), il fait son auto-analyse qui le conduit à découvrir une passion pour sa mère lorsqu'il était enfant ; de ce fait, il découvre l'universalité de la structure œdipienne.
L'interprétation des rêves et l'appareil psychique
Image 4En 1900, il écrit un livre essentiel : L'interprétation des rêves. Il s'y pose des questions et passe en revue toutes les théories du rêve de l'Antiquité jusqu'à son époque, les présentant tout en les critiquant. Il pense aussi qu'il existe un langage du rêve et explique les règles du fonctionnement de ce langage. Il illustre cette représentation par beaucoup d'analyses faites sur ses patients et lui-même. Il intègre sa théorie du rêve dans la conception plus large qu'est le psychisme humain ; apparaît donc la notion de l'appareil psychique, c'est-à-dire la représentation du fonctionnement de l'esprit humain dans sa dimension du désir. Pour représenter cet appareil, il fait apparaître la première topique : il le représente sous forme spatiale, donc de manière verticale, en y distinguant trois formes : le conscient, le préconscient et l'inconscient.
Deux années plus tard, il crée "la Société Psychologique du Mercredi", dans laquelle on trouve des intellectuels s'intéressant à la littérature, l'anthropologie et les sciences humaines. Dès le départ, la psychanalyse envisage des questions plus larges que le traitement des maladies mentales.
La théorie de la sexualité et l'évolution du mouvement
Image 5En 1905, Freud écrit Trois essais sur la théorie de la sexualité, livre dans lequel il s'intéresse plus à la sexualité de l'enfant car il démontre que ceux-ci en ont une et les présente comme des pervers polymorphes. En 1908, il crée la "Société Internationale de la Psychanalyse" placée sous la direction de Karl Gustav Jung dont la notoriété se fait parallèlement à celle de Freud et qui est l'auteur du concept de "l'inconscient collectif".
En 14-18, il devra s'occuper de névrosés de guerre, ce qui va l'amener à des modifications théoriques importantes telles que la notion de pulsion de mort qu'il assimile à une notion de culpabilité.
La deuxième topique et la psychologie des foules
Image 6En 1920, il instaure sa deuxième topique qui parle du Ça, du Surmoi et du Moi qui sont les trois instances ; il y incorpore aussi l'idéal du moi.
L'année d'après, il travaille sur la psychologie des foules. Pour lui, on est dans une société de masse où le comportement de l'individu change dans une foule et surtout selon la foule dans laquelle on est (notre comportement est différent dans une église, en temps de guerre, dans une manif...). L'individu perd tout sens moral dans certaines foules, c'est-à-dire qu'il ne juge plus par lui-même le Bien et le Mal et n'en a même pas conscience : il peut commettre des actes immoraux sans la moindre culpabilité. Freud donne une explication : dans une foule, il y a le phénomène de leader qui prend la place de l'idéal du moi et du surmoi, et c'est lui qui influence les autres.
La fin de vie de Freud et son exil
En 1923, il doit subir une opération de la mâchoire suivie de plusieurs autres. Trois ans plus tard, il rencontre Einstein avec qui il écrit Pourquoi la guerre (1932). En 1930, il obtient le prix Goethe. En 1933, à l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les grands psychanalystes devront quitter l'Allemagne et émigrer aux USA, car Hitler disait de la psychanalyse qu'elle était une discipline perverse. Aux USA, ils vont faire bon nombre d'universités et continuer à diffuser la psychanalyse. Après s'être installé à Vienne, il devra la quitter lors de l'Anschluss d'Hitler et partira en Angleterre avec un de ses enfants : Anna. Il est très célèbre à Londres et mourra dans cette ville en 1939 alors que la plupart des membres de sa famille mouraient dans des camps de concentration.