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Sciences

Made in Congo : les robots routiers qui régulent la circulation

Thérèse Kirongosi a créé le premier robot routier humanoïde au monde. Cette invention révolutionnaire congolaise régule la circulation et combat la corruption.

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Depuis plus d’une année, la République Démocratique du Congo fait la une de la chronique internationale. Cette fois-ci, non pas pour ses conflits récurrents, mais pour une invention technologique remarquable. En 2013, Thérèse Kirongosi, ingénieure en électronique industrielle originaire de la RDC, a lancé le premier robot au monde capable de réguler la circulation routière.

Financé par l’association Women Technology, qui rassemble les femmes ingénieurs de République Démocratique du Congo, les premiers robots humanoïdes sont construits avec un coût unitaire de 15 000 dollars américains. Mue par la détermination, Women Technology et Thérèse Kirongosi ont poursuivi leur projet jusqu’à son aboutissement.

Il s’agit d’un automate humanoïde fonctionnant à l’énergie solaire, s’illuminant en rouge ou en vert tout en signalant aux automobilistes, par le mouvement de ses bras, de s’arrêter ou de circuler. Placé pour la première fois à titre expérimental sur le boulevard Lumumba, l’une des artères les plus congestionnées de Kinshasa, cette nouvelle technologie a séduit tous les usagers de la route.

Cette technologie s’est rapidement étendue à Lubumbashi, capitale de la province du Katanga, et son expansion se poursuit dans l’ensemble du pays.

En République Démocratique du Congo, conducteurs et piétons se déclarent satisfaits par cette nouvelle invention technologique. Enfin, un problème majeur pourrait être résolu : les abus des agents routiers.

Un problème chronique : la corruption

Au Congo, les agents routiers représentent un véritable problème pour les conducteurs. Bon nombre d’entre eux sont davantage occupés à collecter des pots-de-vin qu’à réguler le trafic. Quiconque refuse de payer se voit accabler d’accusations fallacieuses, entraînant des sanctions parfois sévères. À Kinshasa par exemple, un conducteur peut se voir interdire de circuler pendant plus de vingt minutes simplement parce qu’il refuse de se plier au « madesu ya bana », un argot kinois désignant ces pratiques de corruption.

La corruption au sein des agents routiers est un problème grave en République Démocratique du Congo. Avec l’arrivée de cette technologie, les Kinois envisagent déjà le remplacement de ce corps par des robots intelligents. Les abus des agents routiers créent de plus en plus d’embouteillages à Kinshasa, rendant le trafic souvent impossible. Les conducteurs sont contraints d’attendre pendant des heures.

Comme on dit, les plus graves maladies de l’administration proviennent toujours de la tête. Les salaires des agents routiers sont sujets à de nombreuses discussions et conflits au sein de la police congolaise. Sur certains tronçons stratégiques, les appointements sont conditionnels. De nombreux agents sont soumis à des pressions : certains doivent verser à leurs supérieurs plus de cinquante dollars américains par jour pour conserver leurs postes.

Dans cette course aux intérêts, c’est le Congolais ordinaire qui paie le prix fort. Vous n’arrivez jamais à l’heure au travail, ou vous êtes contraint de prévoir une rançon à chaque point stratégique si vous êtes conducteur. La technologie du robot routier change la donne. Comme le disent certains Kinois : « Le robot n’est pas un homme, il ne prendra aucune rançon. » L’association Women Technology possède actuellement tous les robots placés à Kinshasa, mais une demande du gouvernement congolais semble imminente. Une solution à la corruption vient d’être inventée.

Une invention mondiale

Aux yeux du monde, cette invention congolaise est un coup de génie. Comme l’affirme Thérèse Kirongosi, inventrice de cette technologie : « Il y a plusieurs robots au monde, mais le seul robot qui fait la circulation routière est ‘Made in Congo’, particulièrement à Kinshasa. Il gère la circulation et la sécurité routière. Il tourne son thorax comme un agent routier. »

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Le robot routier Made in Congo est équipé de multiples caméras de surveillance qui lui permettent de capturer les scènes. Via une antenne, ces images sont immédiatement transférées au centre de traitement des données routières.

Les inventeurs envisagent d’exporter cette technologie dans le monde entier. Des continents comme l’Asie, où le trafic routier est un véritable cauchemar, sont déjà attirés par cette invention révolutionnaire. Des intéressés se trouvent également en France, au Canada, en Suisse et ailleurs.

« Conducteurs, vous pouvez laisser le passage aux piétons. » Cette voix ne provient pas d’un humain, mais du robot qui s’adresse aux conducteurs lors d’un feu rouge. Le robot routier congolais n’est pas un robot ordinaire ; il est aussi efficace qu’un agent humain. Il tend un bras ici, lève l’autre là, selon les besoins. Un système de détection indique au robot la présence de piétons souhaitant traverser, tandis que les caméras intégrées à ses yeux et ses épaulettes filment en permanence la circulation.

Une femme africaine pionnière

La femme congolaise, longtemps présentée comme faible, vient de prouver au monde entier son ingéniosité remarquable. Les robots routiers Made in Congo seront exposés en avril lors de foires internationales au Canada et en Suisse.

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richie ronsard
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