
Tout d'abord, je tiens à préciser que tout ce qui sera énoncé ci-après ne sont que des idées et conclusions personnelles. Je ne force personne à adhérer à ma logique.
L'origine de Satan : éternel ou créé ?
Selon l'Église, Satan, le chef ou roi des démons, n'est pas une personnification allégorique du mal, mais bel et bien un être réel faisant exclusivement le mal, tandis que Dieu fait exclusivement le bien.
Acceptons donc cette doctrine : Satan est-il de toute éternité, comme Dieu, ou postérieur à Dieu ? S'il est de toute éternité, il est incréé et par conséquent l'égal de Dieu. Dieu n'est alors plus unique ; il y a un Dieu du bien et un Dieu du mal.
S'il est postérieur, alors c'est une créature de Dieu. Puisqu'il ne fait que le mal, et qu'il est incapable de bonté, Dieu a créé un être voué au mal. Donc, même si le mal n'est pas l'œuvre de Dieu mais celle de l'une de ses créatures prédestinées à le faire, Dieu en est toujours le premier auteur, et alors il n'est pas infiniment bon, comme le prétend l'Église.

Comment l'Église explique l'origine des démons
L'Église a répondu (en parlant des démons) :
« Dieu, qui est la bonté et la sainteté par essence, ne les avaient point créés mauvais et malfaisants. Sa main paternelle [...] les avaient comblés de ses dons les plus magnifiques. [...] Leur chef a été le plus beau des archanges. Ils auraient pu, eux aussi, avoir le droit de jouir éternellement du bonheur des cieux [...] mais [...] ils l'ont perdue par une révolte audacieuse et insensée. »
En parlant de l'envoi de Jésus-Christ sur terre :
« Ce dessein, conçu de toute éternité, fut manifesté aux anges longtemps avant son accomplissement. »
Paroles attribuées à Lucifer :
« C'est moi-même qui monterai au ciel ; j'établirai ma demeure au-dessus des astres ; je m'assiérai sur la montagne de l'alliance aux flancs de l'Aquilon ; je dominerai les nuées les plus élevées, et je serai semblable au Très-Haut. »
Extraits tirés de Du mandement de Monsieur le cardinal Gousset, cardinal-archevêque de Reims (XIXe siècle).
Les contradictions théologiques de cette explication
Cette doctrine soulève plusieurs objections :
1° Si Satan et les démons étaient des anges, c'est qu'ils étaient parfaits (selon l'Église toujours) ; comment, étant parfaits, ont-ils pu faillir et méconnaître à ce point l'autorité de Dieu, en présence de qui ils se trouvaient ?
La conséquence de cette théorie est celle-ci : Dieu avait voulu créer en eux des êtres parfaits, et il s'est trompé ; donc, selon l'Église, Dieu n'est pas infaillible.
Cette doctrine est confirmée par Moïse, quand il dit :
« Il se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Et, étant touché de douleur jusqu'au fond du cœur, il dit : "J'exterminerai de dessus la terre l'homme que j'ai créé [...] car je me repens de les avoir fait." »
(Genèse, chapitre VI, versets 6 et 7)
Ces textes sont bien sûr proclamés comme des vérités saintes par l'Église. Or, toujours selon l'Église, un Dieu qui se repent de ce qu'il a fait n'est ni parfait ni infaillible : donc il n'est pas Dieu. Plus simplement, pour l'Église, Dieu n'est pas Dieu.
Je compléterai cet article plus tard s'il y a des intéressés.