
L'individu est sans cesse tiraillé entre le choix de ce qu'il qualifie de scientifique — c'est-à-dire de vérifiable, de vérifié — et ce que l'opinion commune peut considérer comme vrai, c'est-à-dire comme juste, ayant une portée véridique. Un médecin est par définition le plus apte à administrer des médicaments pour soigner les maladies, alors qu'une mère de trois enfants, qui aura l'expérience de ce genre de situations, sera également capable de soigner son enfant en cas de problème. Pourtant, les références du médecin feront que si un individu se trouve dans la situation de choisir entre le médecin et la mère, il choisira la science plutôt que l'expérience, même si la solution de la mère paraît plus véridique. Ainsi, la science sera ici plus persuasive que ce qu'on peut considérer comme la vérité.
La science est une conception du savoir théorique. Elle peut également représenter une connaissance scientifique positive (dite « expérimentale »), qui repose sur des critères précis de vérification permettant une objectivité des résultats.
La vérité est définie comme une adéquation entre l'intelligence qui conçoit, l'esprit et la réalité. Elle est considérée comme immuable et universelle.
D'un côté, on peut penser que les connaissances ne peuvent être considérées comme scientifiques qu'à partir du moment où elles ont été démontrées, car seule l'expérimentation est capable de prouver par les faits la scientificité d'une connaissance. De l'autre, on peut aussi croire que la vérité découle obligatoirement de faits qui ont été vérifiés et acceptés par l'opinion commune.
Comment l'expérimentation prouve-t-elle la véracité d'une proposition ?
L'expérimentation permet de prouver la vérité ou non, dans le sens où, à partir du moment où elle est effectuée dans de bonnes conditions, elle est indiscutable et son résultat est universel.
L'expérimentation représente l'ensemble des moyens et procédures de contrôle destinés à vérifier une hypothèse ou une théorie. De même, comme le disait d'Alembert, l'expérimentation « ne se borne pas à écouter la nature, elle l'interroge, la presse ». Elle est une observation provoquée qui fait varier artificiellement les phénomènes. Ainsi, si une expérimentation révèle une théorie comme juste, cette théorie devient donc vraie, dans le sens où elle est vérifiable, vérifiée et qu'elle confirme ce qui avait été annoncé au départ.
Grâce à l'étude de l'ombre de l'obélisque d'Alexandrie le 21 juin, Ératosthène a pu calculer la circonférence de la Terre au IIIe siècle avant J.-C. Grâce à cet exemple, nous pouvons démontrer qu'une fois une théorie prouvée par une démonstration, il est très difficile de prouver le contraire. Même avec les technologies actuelles, la même démonstration montre qu'Ératosthène ne s'était trompé que de quelques pourcents.
Ainsi, comme nous venons de le voir, l'expérimentation permet de rendre une hypothèse vraie, dans le sens où elle prouve sa véracité dans les faits.
Pourquoi les sciences expérimentales sont-elles les plus probantes ?
Elles se rapportent à des objets donnés dans l'expérience et se valident par des contrôles expérimentaux.
Si j'annonce que le bois flotte sur l'eau, pour démontrer que ma proposition est exacte, il me suffit simplement de faire l'expérience et de tirer les conclusions du résultat. Ainsi, pour montrer qu'une science expérimentale est véridique, il me suffit de faire une démonstration qui admette pour vrai ce que j'ai annoncé auparavant.
Les sciences formelles peuvent-elles être véridiques sans vérification expérimentale ?
Les sciences formelles sont les mathématiques et la logique, formées sur des axiomes. Elles ne requièrent en aucun cas de vérification expérimentale : elles se suffisent à elles-mêmes.
Ainsi, Leibniz nous expose la manière de démontrer que deux et deux sont quatre ; car il est prédéfini que deux est un et un, que trois est deux et un et que quatre est trois et un. Donc, deux et deux font deux et un et un, deux et un et un font trois et un, trois et un font quatre ; ainsi, deux et deux font quatre. Il paraît donc évident ici que les sciences formelles ne dépendent que des prédicats qu'elles admettent, c'est-à-dire qu'elles ne sont démontrables qu'à travers la véracité des axiomes qu'elles posent au préalable.
Les sciences humaines démontrent-elles la vérité ?
Les sciences humaines sont un cas particulier, dans le sens où elles peuvent être considérées de deux manières : elles peuvent se rapporter à un cas particulier, et donc représenter le vrai jusqu'à ce qu'un contre-exemple vienne prouver le contraire, ou être interprétées comme une étude des comportements humains — c'est-à-dire peu fiable, dans le sens où ce n'est pas une vérification expérimentale mais bel et bien une interprétation.
Il est vrai que savoir si la table des destinées est réellement applicable à la société française actuelle est relativement difficile. Cette table des destinées consiste en une relation entre le métier du père par rapport à celui du fils et inversement. Par exemple, en France en 1990, sur 100 ouvriers de 40 ans et plus, 55 ont un fils qui est devenu lui-même ouvrier selon l'Insee. Cette table illustre la mobilité sociale des fils par rapport aux pères.
Ainsi, la vérité est étudiée à travers l'observation des données de cette science humaine, c'est-à-dire que l'on considère comme vrai une simple observation d'un phénomène particulier.
Conclusion : la science vise-t-elle la vérité ?
L'expérimentation représente l'ensemble des moyens et procédures de contrôle destinés à vérifier une hypothèse ou une théorie. Les sciences expérimentales se rapportent à des objets donnés dans l'expérience et se valident par des contrôles expérimentaux. Les sciences formelles sont les mathématiques et la logique, formées sur des axiomes. Elles ne requièrent en aucun cas de vérification expérimentale : elles se suffisent à elles-mêmes. Les sciences humaines sont un cas particulier, pouvant être considérées soit comme représentant le vrai jusqu'à un contre-exemple, soit comme une interprétation peu fiable des comportements humains.
Les différents types de science — formelle, humaine et expérimentale — visent toutes le même but : énoncer un principe vrai, c'est-à-dire juste et que l'on peut vérifier. Ainsi, le but premier de la science est bel et bien d'atteindre la vérité, dans le sens où elle ne trouve sa fonction que dans cette action propre. En effet, si l'un des prédicats annoncé par la science n'est pas vérifiable, il sera considéré comme faux, du moins incertain, et la science en question sera discréditée, perdra de sa fiabilité aux yeux des hommes qui ne feront plus confiance en cette science.