
La loi sur l'IVG a été proposée par Simone Veil et adoptée par le Parlement le 21 septembre 1974, après vingt-cinq heures de débat. Elle a ainsi mis fin à de nombreux avortements clandestins. Cette loi est entrée en vigueur le 17 janvier 1975. Il a fallu attendre décembre 1982 et la loi Roudy pour que l'avortement soit remboursé par la Sécurité sociale. À l'origine, les femmes pouvaient avorter jusqu'à dix semaines de grossesse, mais depuis la loi de 2001, ce délai a été étendu à douze semaines.
Depuis la loi du 4 juillet 2001, une jeune fille mineure peut faire une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) sans l'accord de ses parents. Cependant, au cours de sa démarche, elle doit être accompagnée d'une personne majeure — un membre de sa famille ou une personne de confiance — qui n'a pas le droit d'intervenir dans son choix.

Les démarches pour réaliser une IVG
Première étape : confirmer la grossesse
Consulter un médecin pour établir le diagnostic de grossesse. On peut consulter un médecin libéral ou se rendre dans un centre de planification et d'éducation familiale (CPEF).
Deuxième étape : entretien et délai de réflexion
Une fois la grossesse confirmée, le médecin oriente la jeune fille vers l'hôpital ou un centre de planification. Elle y est reçue par une conseillère conjugale et familiale qui a pour rôle de la conseiller, de répondre à ses questions et de lui expliquer les conséquences physiques et morales de l'avortement.
Un délai de réflexion de 8 jours est obligatoire. Il a été instauré pour permettre une décision mûrement réfléchie et éviter les regrets.
Troisième étape : réalisation de l'IVG
Une seconde visite médicale a lieu, durant laquelle le médecin établit un certificat autorisant la pratique de l'IVG. L'intervention se déroule à l'hôpital ou dans une clinique.

Comment se déroule l'intervention ?
Il existe deux techniques principales :
L'IVG par aspiration se pratique sous anesthésie locale ou générale. Elle consiste à aspirer l'œuf après dilation du col de l'utérus et nécessite une hospitalisation de quelques heures.
L'IVG médicamenteuse utilise le RU 486 (ou mifégyne) par voie orale, associé à des prostaglandines. Ce produit bloque l'action de la progestérone, l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse, tandis que les prostaglandines augmentent les contractions de l'utérus.
⚠️ Attention : cette méthode ne peut être pratiquée qu'avant la fin de la cinquième semaine de grossesse, soit sept semaines après le début des dernières règles. En cas d'échec, une aspiration est nécessaire.
Après l'IVG : suivi médical et contraception
Après l'intervention, des saignements sont normaux. Une pilule spécifique est prescrite pour le cycle suivant afin de favoriser la cicatrisation de la muqueuse utérine.
Une visite de contrôle a lieu dix jours après l'IVG. Cet examen gynécologique est essentiel : il permet de vérifier la bonne récupération et de choisir une méthode de contraception adaptée pour prévenir une nouvelle grossesse non désirée.
Quelques chiffres sur l'IVG en France
- Chaque année, plus de 200 000 avortements sont pratiqués en France, soit 14 IVG pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans.
- En 1975, quatre grossesses non prévues sur dix se terminaient par un avortement. Aujourd'hui, c'est six sur dix.
- Sur 10 000 grossesses non désirées chez des mineures, 6 000 se terminent par un avortement.