
Les ressources en eau douce sont très inégalement réparties sur la planète. On constate des écarts importants : de 3 000 à 35 000 mètres cubes par habitant et par an dans les pays du Nord, l'Australie et la majeure partie de l'Amérique du Sud, contre moins de 3 000 mètres cubes pour le Pérou, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud et une grande partie de l'Afrique. Face à ces inégalités, les États ont recours à des techniques variées pour maîtriser cette ressource : exploitation du cycle de l'eau, prélèvement dans les cours d'eau et utilisation des stocks naturels (lacs, nappes souterraines, glaciers, rivières).
L'être humain a toujours cherché à contrôler l'eau. Si les techniques traditionnelles ont été remplacées par des solutions modernes, l'intervention des États, des grandes entreprises et des institutions internationales reste indispensable pour la prise de décisions, la mise en œuvre des techniques et le financement.
Nappes souterraines : comment puiser dans les réserves d'eau ?
Pour extraire l'eau des nappes souterraines ou des aquifères fossiles (réserves alimentées lors de périodes antérieures, mais qui ne le sont plus aujourd'hui), des puits ont été creusés et des stations de pompage installées. Des conduites reliant les forages aux zones côtières ont également été réalisées. Malheureusement, l'exploitation intensive de ces nappes empêche leur recharge naturelle pendant les saisons des pluies. Pire, l'eau salée peut s'y infiltrer, rendant l'eau saumâtre et inutilisable.
Barrages et canaux : quels avantages et limites ?
Les hommes ont également construit des canaux et des réservoirs pour acheminer l'eau et la stocker lorsqu'une rivière ou un fleuve est disponible. La construction de barrages présente de nombreux avantages : régulariser les disponibilités en eau, éviter les pénuries pour la consommation et l'irrigation agricole, produire une énergie propre grâce à l'hydroélectricité, ou encore lutter contre les inégalités.
Le nombre de barrages a été multiplié par sept depuis 1950, à l'image du barrage des Trois-Gorges en Chine. Cependant, le détournement de cette ressource réduit le débit du fleuve et peut nuire aux régions situées en aval.
Dessalement et traitement des eaux : solutions d'avenir ?
Pour pallier le manque d'eau douce, la construction d'usines de dessalement de l'eau de mer s'est développée. Toutefois, ces installations restent vulnérables : au moindre problème de pollution (comme un dégazage industriel), elles peuvent cesser de fonctionner.
La qualité de l'eau est cruciale pour la vie. C'est pourquoi les usines de traitement et d'épuration des eaux usées sont nécessaires, voire indispensables. Pour répondre à la demande croissante, de nouvelles technologies sont inventées, mais ce n'est pas une solution miracle : il faut avant tout apprendre à mieux gérer la consommation d'eau.
Quelles conséquences pour les pays en développement ?
La mise en œuvre de ces techniques mobilise des investissements considérables. Les pays les moins avancés (PMA) ne peuvent souvent pas s'équiper correctement pour alimenter une population toujours croissante. C'est pour cette raison que 1,2 milliard de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable et que 2,5 millions de personnes meurent chaque année après avoir bu une eau contaminée, faute de traitement contre les agents pathogènes et les polluants.