
J'ai remarqué que beaucoup de personnes ne savent pas ce qu'est l'écologie en tant que science. Ces mêmes personnes confondent souvent ce terme avec la sauvegarde de l'environnement ou pensent que les écologistes sont les spécialistes de l'écologie (ce sont les écologues !). Alors, qu'est-ce que l'écologie ? Le terme écologie provient du grec : oikos (maison) et logos (science). C'est donc la science de la maison ou plus exactement la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et leurs interactions.
Qu'est-ce que l'écologie : une science qui nous concerne tous
Vu comme ça, c'est vrai que ça en devient très rébarbatif ! Pourtant, je pense que c'est une science qui devrait intéresser tout le monde puisqu'elle nous concerne tous. En effet, nous vivons sur une petite planète que nous avons nommée Terre et chaque jour nous rencontrons des milliers d'« individus » avec qui nous interagissons. Ces individus ne sont pas forcément humains : les plus visibles (ou pas) sont les animaux, les plantes, les champignons... Nous tous, interférons de différentes manières, mais toujours dans le but de survivre et d'assurer la pérennité de l'espèce !
Pour survivre, nous mangeons ou nous « photosynthétisons » (pour ceux qui seraient des plantes). Pour assurer la pérennité, nous nous accouplons soit de façon directe, soit, comme pour les plantes, nous avons besoin que les animaux ou le vent déplacent les grains de pollen pour aller se poser délicatement sur le stigmate d'une fleur. Par ces deux petits exemples, il est facile de constater que nous interagissons soit avec un individu de notre espèce, soit avec un individu d'une autre espèce. Mais les facteurs qui ne « vivent » pas, comme le vent ou la température, peuvent aussi intervenir. Quand on a compris ça, il est possible de commencer à explorer notre Terre avec un tout autre regard.

Facteurs biotiques et abiotiques : comprendre la répartition géographique
Vous êtes-vous déjà posé la question : pourquoi les kangourous ne vivent-ils pas en Europe ? La réponse est très simple : l'Europe, par rapport à l'Australie, est relativement inaccessible avec les moyens dont dispose le kangourou pour se déplacer. Pourtant, il existe des cas où l'espèce aurait le moyen d'agrandir son aire géographique, mais ne le fait pas, par un choix dicté par son comportement. Dans d'autres situations (lors de transplantations accidentelles ou intentionnelles), ce sont les facteurs biotiques ou les facteurs abiotiques qui l'en empêchent.
Tiens, encore des mots compliqués pour exprimer quelque chose de très simple. Les facteurs biotiques sont toutes les interactions entre les organismes dans un milieu donné, tandis que les facteurs abiotiques sont les facteurs « non vivants », tels que la lumière, l'eau, les nutriments...
L'abondance des espèces expliquée
Autre question tout aussi importante : pourquoi le kangourou (autant continuer avec lui) est-il plus abondant dans certaines régions d'Australie que d'autres ? Facile ! À cause de ces mêmes facteurs biotiques et abiotiques ! La prédation, la maladie ou encore la compétition entre espèces peuvent empêcher une population (groupe d'individus d'une même espèce vivant dans une aire géographique donnée) d'augmenter. Les facteurs abiotiques interviennent aussi. La structure physique, le pH et la composition minérale des roches et du sol limitent la distribution des végétaux et des animaux herbivores.

Les écosystèmes : un équilibre fragile où tout est lié
Un changement en entraîne un autre. Vous avez sûrement déjà vu un exemple de chaîne alimentaire, comme : l'herbe est mangée par la vache qui est elle-même mangée par l'homme. Lorsqu'il meurt, l'homme est décomposé grâce à des bactéries, des insectes, et les ions minéraux, tels que le potassium, qu'il contenait sont absorbés par la plante qui les utilise pour contrôler l'ouverture de ses stomates.
C'est ça qui est fantastique : savoir comment telle espèce vit en communauté avec d'autres, ce qu'elle mange, par qui elle se fait manger, de quel milieu elle a besoin pour vivre ! Et pourtant, tout est en équilibre (quand l'homme n'est pas venu apporter son petit grain de sel, du moins). C'est ce qui rend la nature encore plus belle, mais d'autant plus fragile !
Les six domaines d'étude de l'écologie
Pour étudier tout cet univers fascinant, la science de l'écologie est elle-même divisée en six domaines d'étude de plus en plus vastes, qui correspondent à des niveaux de la hiérarchie biologique :
- L'autécologie se penche sur les aspects morphologiques, physiologiques et comportementaux des réactions d'un organisme aux conditions biotiques et abiotiques de son milieu.
- L'écologie des populations (d'une même espèce) étudie les facteurs qui influencent la taille d'une population d'une espèce donnée dans une aire particulière.
- L'écologie des communautés (de plusieurs espèces) traite des interactions entre les espèces dans une communauté, toujours dans une aire particulière.
- L'écologie des écosystèmes s'occupe des flux d'énergie et des cycles biochimiques.
- L'écologie des paysages assemble les écosystèmes dans une région géographique plus vaste.
- L'écologie de la biosphère s'intéresse à l'ensemble des écosystèmes de la planète. C'est elle qui, par exemple, analyse la façon dont les concentrations en CO₂ influent sur le climat planétaire.
Écologie et environnement : pourquoi cette confusion ?
Pourquoi cet amalgame entre l'écologie, la science, et l'écologie qu'on désigne dans le langage courant pour les préoccupations environnementales ? Parce qu'il faut comprendre les relations souvent compliquées et délicates qui existent entre les organismes et leur milieu pour aborder les problèmes environnementaux. Les écologistes peuvent interpeller la population et les politiques sur tel ou tel problème environnemental. Ils peuvent aussi, en tant que spécialistes en la matière, proposer des solutions aux législateurs.