
Elle demeura collée à mes pensées dans les jours qui suivirent. Je m'abîmais dans des rêveries où nous conversions ou échangions des regards, sans pour autant me laisser emporter par ces fantasmes.
Certains diront que c'est soi-disant "l'amour". Non, c'est un sentiment que je ne connais point. À mes yeux, l'amour est une force sauvage : essayer de le contrôler, c'est se détruire ; l'emprisonner, c'est devenir esclave ; le comprendre, c'est perdre sa logique et finir confus à jamais. Peut-être m'étais-je simplement entiché de sa nature indéchiffrable, ce qui revient au même... Mais revenons à l'essentiel.
Les journées s'écoulaient, chacune plus insipide que la précédente, jusqu'au jour où, par hasard, je demandai de ses nouvelles à cet ami. J'avais bien fait : j'obtenais ainsi son Facebook. Vous connaissez la suite, c'était le début de l'ère de ce réseau social. Elle accepta ma demande d'ami sans hésitation. Il ne me restait plus qu'à espérer un échange, une rencontre par le biais de ces correspondances virtuelles.
Peu après, je me retrouvai un après-midi devant l'ordinateur, l'esprit paisible. Le souffle de Dieu s'arrangea avec le hasard pour satisfaire ce plaisir insatiable de sourire à deux : "elle est connectée !". La situation exigeait sérénité et prudence. C'est avec tact et modération que je lançai : "Salut !"...