
Je ressors de vieux travers de mon passé. Une amie, mon amour d'une époque, une souffrance aussi pure que le sentiment originel. Une simple histoire d'adolescents...
Elle demandait des preuves de mon amour pour elle, mais par son attitude, elle m'a fait souffrir pendant des semaines. On ne fait pas patienter les sentiments lorsqu'ils sont déclamés si ouvertement... C'est pourquoi j'avais décidé de mettre notre relation de côté afin de ne pas crever de chagrin à force de visions de l'esprit. Mais cette réaction, elle ne l'a pas comprise et m'en a voulu terriblement...
Voilà la lettre que je lui envoyais deux semaines après cette décision. Je ne cherche pas à mettre en avant ni ma personne ni mon passé ; je trouve seulement intéressant et beau de voir à quel point la douleur peut mettre une certaine forme d'éloquence à nue et comment l'amour peut suinter continuellement d'une lettre où seul le mot « amitié » est utilisé.

Une lettre d'amour sous couvert d'amitié
Très chère toi.
Je respecte ta volonté de silence, c'est pourquoi je t'écris comme cela : tu n'es pas obligée de répondre. Je voudrais te montrer comment moi je vois la situation, peut-être cela t'aidera-t-il.
Je trouve ta réaction actuelle vraiment exagérée et je pèse mes mots. En effet, je ne vois pas où est le mal : il m'a paru naturel de me séparer un moment d'une personne qui me faisait mal à moi. Sache que je ne voulais pas spécialement que ----- te le dise, bien au contraire. Cependant, je ne pouvais pas, étant ta meilleure amie, lui demander de ne rien te dire, voilà tout.
Je voulais voir si tu comptais venir vers moi, si de moi-même je ne venais pas. Apparemment, cela ne t'a pas beaucoup marqué puisque tu m'as juste voulu. Cette réaction, je la trouve égoïste car tu m'as fait beaucoup plus souffrir durant ces dernières semaines. Maintenant, j'ai l'impression que toute cette amitié, c'était du bluff, que tu ne l'as pas respectée en ne respectant pas ma volonté de me mettre à l'écart pendant quelques moments : j'avais besoin de ces instants pour casser ce lien trop fort qui unissait mon esprit au tien et aurait pu le détruire.
Entre incompréhension et frustration
Je crois que tu n'as pas compris grand-chose à mes intentions, et que ton comportement actuel en est une preuve formelle. Si tu préfères conserver ce mutisme, je ne le comprendrai pas bien sûr, mais sache que je ne suis pas un homme qui se range à tous les caprices. Je t'adore bien sûr, mais apparemment mes sentiments AMICAUX, tu ne les respectes plus.
Maintenant, j'attends que tu me montres que j'ai tort ; apparemment, je n'ai pas compris grand-chose moi non plus.
Autre chose, j'ai l'impression que tu m'en as aussi voulu parce que je me rapprochais de ta meilleure amie. Si cette impression est véridique, alors réfléchis-y et tu verras que c'est terriblement absurde et que, de toute façon, elle t'est aujourd'hui dévouée comme je l'étais. De plus, je ne tenterai jamais de la monter contre toi, d'abord parce que de moi-même, cela ne me viendrait jamais à l'esprit, ensuite parce que je n'ai aucune raison de le faire : je ne te suis pas opposé, loin de là. Et s'il existe aujourd'hui un camp Toi et un camp Moi, c'est bien toi qui les a construits.
Les conséquences d'une lettre trop honnête
Si cette lettre est un peu sèche, c'est pour te montrer à quel point te parler me manque et à quel point je suis frustré de voir cette réaction que je ne comprends pas. Si tu ne veux plus me parler, encore une fois, tant pis pour moi. Mais comme je ne saurai jamais pourquoi, ce n'est pas forcément une bonne solution.
Si tu n'agis pas, tu me donneras raison et le moment où nous devrons nous reparler, qui finira bien par arriver, ne sera pas forcément agréable pour nous deux. Je comprends cependant que tu veuilles te terrer dans la facilité et ne pas me parler, mais après une telle lettre, ne me demande pas de croire que tu as besoin de temps pour réfléchir.
Merci d'avoir lu cela.
Les conséquences de cette lettre... Une autre lettre bien plus dure et accablante de sa part.