
Juin 1993, rupture ! Difficile à digérer : tout un été recluse, à essayer de penser à reconstruire ma vie.
Septembre 1993, je recommence à sortir, à vivre et à communiquer avec les autres. Le chagrin de la rupture commence à s'estomper, même si la douleur n'est pas totalement dissipée. Mais ma volonté d'avancer, elle, est toujours en activité. Quoi qu'il arrive, ne pas se laisser aller ! Quelques aventures d'un soir, avec une personne connue de mon entourage mais qui ne veut pas s'engager (car lui aussi déçu), ça ne fait pas avancer grand-chose, mais ça fait évoluer quelque part...
1994 : L'année du renouveau et de l'inattendu
1994 fut pour moi l'année du renouveau : un travail qui s'annonçait dans un secteur qui m'avait toujours attirée, de nouvelles expériences, et... un bébé qui allait entrer dans ma vie !
Été 1994, un an après ma rupture, beaucoup de choses ont changé. J'ai trouvé des ami(e)s, quelques aventures par-ci par-là, en célibataire que je suis ! Mais le moral est revenu, et moi, décidée à me construire une vie bien sympathique.
Un soir de juillet, alors que j'avais eu une rude journée dans un champ de maïs, je sors quand même et vais retrouver mon amie Muriel dans notre endroit habituel. Et... c'est ce soir-là que les choses ont commencé à changer !
Alors que nous discutions au bar — Muriel, Arnaud et moi — un groupe de garçons est venu pour manger et... se joindre à nous ! Dans un premier temps, c'est mon amie qui était sollicitée : elle avait beaucoup de succès ! Puis, tout en parlant, nous nous sommes retrouvées invitées à manger à leur table. Je sentais le piège, et je devais me lever tôt le matin. J'étais tombée dans une embuscade ! Oh, pas méchante, mais je ne voyais pas comment m'en sortir !
Le garçon qui m'avait approchée se faisait appeler Baba. Je ne le connaissais ni d'Ève ni d'Adam, mais il me semblait correct et je savais que je ne risquais pas grand-chose. Il voulut me faire connaître le bar qu'il fréquentait un peu plus bas dans la ville. Bar où mon histoire, celle de mon fils, a débuté.
Marcel, le géniteur : Alexandre, fruit d'une aventure
Août 1994, Le Manille. Baba me l'avait fait connaître, et comme chaque fois que je fréquente un bistrot, c'est souvent à cause d'un garçon. Mais Baba s'est déjà du passé, et j'ai eu un jour l'idée lumineuse d'aller dans ce bistrot à l'heure de l'apéro ! Belle idée ! Je ne me suis jamais sentie aussi mal de ma vie ! J'aurais pu m'installer en terrasse ! Non, dans le bistrot devant le bar, où au moins quatre types entre 40 et 50 ans ne me lâchaient pas du regard. Et dans ce groupe masculin se trouvait Marcel, qui m'avait repérée, vous l'aurez deviné !
Grand, charpenté, la quarantaine, moustachu (j'adoooore les moustachus), et beaucoup de charme. Moi, 26 ans et complètement inconsciente. Malgré le stress que j'ai pu ressentir, je me suis repointée le soir suivant, un peu plus tard et en terrasse. J'ai commandé un Perrier au patron, et qui s'est amené avec son plateau ? Je vous le donne en mille ! Marcel évidemment !
Il m'avait repérée, j'étais sa proie, une de plus. (Il faut quand même le dire : cet homme est un vrai coureur ! Dès qu'il voit un jupon, c'est plus fort que lui !) Je n'ai jamais su ce qui lui a plu chez moi... (ma jeunesse ? Je ne vois que ça !) Mais dans la soirée, la proposition ! Et voilà, je me suis enflammée, mais cette fois ça n'était pas pour rien !
Non seulement j'étais littéralement tombée amoureuse de ce type, mais en plus on venait de faire un bébé ! LA TOTALE ! Il ne me lâchait plus ! Ah c'est beau d'être jeune !
Septembre 1994 : annonce de ma grossesse ! Qui a fait l'effet d'une bombe pour tout mon entourage ! Personne ne s'attendait à ça ! Ma mère, mon père, mes amis... Et quant à celui qui avait laissé sa petite graine : il a tout nié en bloc. Le salaud !
Grossesse et rapports avec le géniteur
Après avoir tout nié en bloc, ça n'a pas empêché ce dernier de venir régulièrement à la maison, et pourtant ! Le fait d'avoir nié sa paternité ne l'a pas arrêté, et moi non plus ! Vengeance, vengeance... Malgré les sentiments que j'avais pour lui, je l'ai cassé, démonté. J'ai dit à toute la ville (du moins à ceux que je connaissais) que l'enfant que je portais était de lui.
Mais là encore, il avait la conscience tranquille. Mais lorsque le petit allait sortir, qu'allait-il advenir de la réputation de Marcel, « le plus beau de Castel » (c'est lui qui disait ça !) ? Quelle importance ! J'avais essayé de lui présenter la chose, mais je n'ai pas eu le temps de finir qu'il s'est levé et a dit : « Ce n'est pas moi ! Je me suis retiré ! ». Il s'est levé et il est parti. Je ne lui en ai jamais reparlé, mais je vous prie de croire que je ne l'ai pas ménagé.
D'autant plus que je ne l'ai jamais agressé avec de quelconques poursuites. Car après quelques jours, une fois le mal fait, j'ai su qu'il était marié et père de trois enfants. Le fait de garder le bébé était mon choix et j'estimais n'avoir rien à lui demander.
1995 : Alexandre est prêt à venir au monde
Début mai 1995, je sais que c'est un garçon. Il s'appellera Alexandre. Ce petit bout commence à peser bien lourd et manque un peu de place. Inutile de dire qu'avec la bombe que j'ai lâchée au sujet de la paternité de Marcel, tout le monde est sur les dents ! Tous veulent savoir à qui il va ressembler, et les paris sont ouverts. Dieu merci, j'ai accouché à 50 km : cela m'a évité d'avoir un défilé !
9 mai 1995, Alexandre voit le jour pour la première fois, ou plutôt l'éclairage du bloc ! Car il est 21h15, et il est né par césarienne. En pleine santé, un beau bébé de 3,680 kg pour 51 cm !
Étant un peu dans les choux à cause de l'anesthésie, on m'amènera Alex quelques heures plus tard pour les présentations. Puis le lendemain matin vers 11h00, je vois mon fils avec les yeux d'une maman heureuse qui a toujours attendu ce petit bout d'homme. Eh oui, la maternité, ça faisait très longtemps que ça me travaillait !
Évidemment, après toutes les critiques entendues lors de l'annonce de ma grossesse, vous imaginez les remarques en voyant le bébé : « Oh comme il est mignon ! Oh tu l'as réussi... Bravo, vraiment. » Alors que ces salauds voulaient que j'avorte...
1997 : La rencontre avec mon mari, le papa d'Alex
1997, Alexandre grandit, il a maintenant 2 ans. Et moi, j'ai fait un gros break ! Plus un mec à la maison. Il faut arrêter ce défilé et trouver un papa pour Alex !
Nous sommes en décembre et cela fait 4 mois que je vis dans l'abstinence. Ça fait pas de mal ! Bien sûr, je donne de mauvaises habitudes au petit : il fait dodo avec Maman assez souvent mais... Il faut prendre tous ces moments si importants. C'est mon seul enfant et je ne veux sûrement pas le priver d'amour.
26 décembre 1997, lendemain de Noël. Après avoir dépensé les étrennes, nous montons avec Alex dans un petit village où se trouve un bistrot : Le Lagon. Je connaissais déjà et je m'y étais sentie bien la première fois. Ce jour-là était particulier : j'ai rencontré Joël. Évidemment, ça n'a été qu'une approche, mais sans le savoir je venais de rencontrer l'homme qui allait devenir mon mari et le papa d'Alex, 6 ans plus tard.
De 1998 à 2002 : Une nouvelle histoire d'amour
C'est une nouvelle aventure ! En plus, c'est l'année de mes 30 ans. Alors, Joël est-il vraiment l'homme de ma vie ?
Mars 1998, exactement le vendredi 13 ! Et soir de pleine lune ! Un jour comme ça, il ne peut que se passer quelque chose d'extraordinaire, non ?
Tout en montant au village, je me disais en regardant la Lune qui était énorme : « Ce soir je ne rentre pas ! » Et je ne suis pas rentrée !
22h00, Joël arrive. Petites lunettes rondes, les cheveux courts sur le dessus et longs derrière. Petite moustache et moue : un mousquetaire ! Je suis en train de tomber amoureuse d'un mousquetaire ! C'est vrai qu'il m'attire. Mais après un demi et une partie de billard, il me dit : « On va chez moi, après ? » Et moi je lui réponds : « Oui ! »
Pensez ! 7 mois que je vivais comme une nonne ! Et lui itou !
Nous sommes restés tout de même jusqu'à la fermeture du bistrot, 2h00 du mat, sachant que je bossais le lendemain. Mais quelle importance, quand je savais que l'avenir s'ouvrait devant moi ! Ce n'était pas le fait de refaire l'amour, mais de me retrouver seule avec lui qui m'attirait. Il est gentil, attentionné et doux, et avec ça, bourré d'humour !
La nuit qui a suivi a bien sûr été concluante. Le lendemain, sur un nuage, car j'étais sous le charme.
De là a suivi une période de 3 mois de vie commune, puis nous avons vécu durant 4 ans chacun de notre côté, nous voyant régulièrement, allant chez l'un, chez l'autre, avec de bons moments.
Je voulais, durant cette période, que Jojo et Alex apprennent à se connaître. Ce qui n'a pas été très facile, car ayant vécu avec mon fils sans la présence d'un homme pendant 8 mois, il y avait un peu de jalousie. Normal, mais ça se passait pas trop mal. Jojo essayait de se conduire en père vis-à-vis d'Alexandre, qui en avait bien besoin.
Ce qui a fait le plus de bien à Alex, c'était aussi ses grandes sœurs (les filles de Joël). L'aînée l'adore et les autres aussi d'ailleurs !
2002, nous commençons à parler de vie commune. Et oui, il faut bien franchir le pas ! Ce que j'ai fait volontiers, mais pas sans peur !
2002-2003 : Mariage et nouvelle vie de famille
Août 2002, je commence à m'installer avec Jojo. Il va falloir en parler à Alexandre. Cela a été assez difficile pour lui de quitter ses copains. Nous avons vécu tous les 2 durant 4 ans dans un petit village. C'est un peu ses racines et je crois que ça l'a un peu déstabilisé. Mais d'un autre côté, je me devais d'avancer aussi.
Ce qui lui a fait plaisir, c'est de savoir que l'on allait se marier, et qu'il allait changer de nom et avoir un papa. Il fallait le voir au mariage à la mairie entre nous ! Il portait les alliances comme le saint sacrement !
J'y ai cru de tout mon cœur à cet événement. Je l'ai toujours souhaité, bien que c'était loin d'être évident : Joël avait eu une très mauvaise expérience avec sa première femme. Mais les sentiments qui nous lient sont tellement forts qu'il ne pouvait en être autrement. C'est ce que je ressens.
Et bien que nous ayons vécu dernièrement des moments assez pénibles, je crois en l'avenir de notre couple. Je veux croire que nous vieillirons ensemble. Le couple, c'est comme une plante : il faut l'entretenir, tous les jours, et ne pas s'enfoncer dans la routine.
Le message d'espoir pour les célibataires
Si vous croyez au bonheur, en l'amour, vous pouvez y arriver. Il faut être patient, et surtout prendre le temps. J'ai su attendre...
Je comprends que le célibat peut peser, mais il faut aller vers l'autre, et surtout sortir. Par expérience, je dirai que les rencontres sur le Net, je n'y crois pas ! Je crois aux vrais rapports humains, directs : les paroles, les regards. C'est comme cela que l'on peut voir à qui l'on s'adresse.
Certains de mes amis, je les ai rencontrés dans un bistrot. Quoi qu'on dise, c'est le meilleur endroit pour un célibataire : on y trouve chaleur et convivialité. Mais une chose est sûre, il faut savoir trier !
Pour tous les célibataires actuellement, y compris les timides, je les invite à sortir. Il fait beau ? Mettez-vous à une terrasse de café, ou pour les moins timides, un petit verre au bar. Une parole gentille, et une conversation démarre. C'est le premier pas qui coûte, mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle.
Pour être heureux, il faut quelquefois savoir prendre des risques...
Bonne chance !