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Relations

Tout arrive quand on ne s'y attend pas (2)

Noria prend le train avec ses amies, mais ses pensées restent accrochées à Djamel. Entre taquineries et rêveries, elle s'interroge sur ses sentiments.

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Si Djamel ne savait pas pour le déménagement, eh bien maintenant il le savait, sans que Noria n'ait eu besoin de le lui dire. L'air étonné, Djamel questionna Noria : « Ah tu vas déménager ? » Noria lui confirma et répondit à ses questions sur sa future destination quand ses trois copines arrivèrent. Et comme si tout avait été calculé, elles n'eurent que le temps de dire « Ça va » à Djamel avant que le train n'arrive. Noria et Djamel se dirent alors : « Bon bah à plus tard, bonne journée. » À peine assise dans le train, les copines de Noria la bombardèrent de questions...

Les interrogations de Myriam sur Djamel

« Alors, vous parliez de quoi ? Il t'a dit quoi ? Il faisait quoi là ? » commença Myriam. Myriam, c'était la grande gueule du groupe, celle qui parlait plus fort que les autres et n'avait pas peur du ridicule ; très curieuse mais très bonne amie, toujours présente pour elles. Elle persistait dans ses interrogations tout en plongeant sa main dans ses longues boucles noires qui tombaient en cascade sur ses épaules. Noria finit par répondre : « Rien de spécial, la copine de ma mère est arrivée, elle m'a demandé pour quand était le déménagement, je lui ai dit, et après quand elle est partie il m'a dit "ah tu déménages" etc. »

— Comment ça « Et cétéra » ??? Y a pas de et cétéra, raconte TOUT, lui dit alors Myriam qui avait bondi de son siège pour s'asseoir à côté de Noria.

— T'es vraiment folle toi, lui rétorqua Noria en riant. Bah il m'a demandé où je déménageais, je lui ai dit, et... Et vous êtes arrivées, tu vois rien de spécial.

— Ouais ouais ok rien de spécial mais il est quand même venu te parler.

Sur ce point-là, Myriam n'avait pas tort, pensa Noria. Mais elle n'aimait pas l'idée de pouvoir paraître prétentieuse en admettant que OUI, en effet, il était venu LUI parler à ELLE ; comme si elle avait gagné à un concours, que c'était ELLE qui avait été choisie parmi tant d'autres. Il ne s'agissait pour elle que d'un simple hasard. Myriam aurait très bien pu être assise à la gare à sa place...

Les rêveries de Noria dans le RER

Dans le RER, le trajet — entre fous rires de ses amies et, à l'inverse, les pleurs de l'enfant assis deux sièges plus loin — était sujet aux rêveries pour Noria. Ses yeux perdus dans le paysage se baladaient de gauche à droite, au fil des tours, des maisons, des terrains vagues, des gares. Cependant, elle ne faisait pas attention à tout ce qu'elle voyait. Dans toute cette masse se fondait le visage de Djamel.

Elle pensait à lui. Elle ne savait pas si c'était de l'amour à proprement parler. Comment pouvait-elle parler d'amour alors que la seule connaissance qu'elle avait de lui se limitait à ce qu'on peut savoir d'une personne qu'on croise tous les jours mais avec laquelle on n'échange uniquement des « ça va ? » et autres phrases du genre ? Était-ce uniquement une attirance physique ? Non, Noria semblait avoir perçu quelque chose en lui. Ce n'était pas uniquement un gars du quartier à qui elle disait bonjour et puis voilà. Non, elle sentait qu'il pouvait y avoir plus que des échanges de politesse et de simples sourires.

Les amies taquinent Noria au sujet de Djamel

Noria était ailleurs, plongée dans ses chimères, elle n'écoutait pas ses amies parler mais percevait uniquement des sons, des voix. Elle ne se rendait d'ailleurs même pas compte que ses amies parlaient d'elle, la taquinant au sujet de son attitude pensive et songeuse...

« On se demande bien à quoi — ou plutôt À QUI devrais-je dire — pense Noria ??? » lança une des jeunes filles qui se mit alors à passer sa main devant le visage figé et le regard fixe de Noria. Cette dernière cligna des yeux : « Oui ? »

Ses amies se mirent alors à rire.

« Alors Noria, à QUI tu penses ? Hein ? Je crois savoir... ! »
— Quoi ?
— À qui tu penses, c'est clair pourtant ? On te voit depuis tout à l'heure, la tête dans les nuages, les yeux qui brillent !!! Allez dis-nous !!!
— À personne, rétorqua Noria.
— Ahlalala !! Non, non, je te crois pas, tu penses à un jeune homme âgé de 19 ans, brun... Dois-je continuer ???

Noria laissa alors un léger sourire s'afficher sur son visage, ce qui n'échappa pas à ses amies.

« Notre petite Noria est amoureuse », affirma Myriam.

Noria se contenta de tourner la tête, hausser les épaules et, les joues rougies, toujours le même sourire léger, elle retourna dans ses pensées.

L'après-midi au centre commercial

La tête contre la vitre, le trajet lui sembla court, trop court. Elle se retrouvait déjà dans la foule du centre commercial. Les lumières trop marquées des boutiques, tous ces artifices effacèrent ses chimères. Elle les laissait à plus tard. Les cadeaux de dernière minute, les files d'attente toutes les unes plus longues que les autres, la masse de clients dans les boutiques... Tout cela faisait regretter à Noria d'être sortie.

À la veille des vacances, elle ne ressentait pas ce sentiment qu'elle éprouvait chaque année avant les vacances de fin d'année. Celles-ci allaient s'avérer différentes. Noria, présente uniquement physiquement, se contentait de suivre ses amies. Elle les aimait énormément mais aujourd'hui elle était ailleurs. L'après-midi passa, lentement mais elle passa... Son regard finissait par être vide d'expression.

Le retour et les confidences

Arrivée à la cité, elle croisa la même amie de sa mère qu'elle avait rencontrée à la gare. Elle lui sourit. Son sourire était chargé de signification. Une sorte de façon de la remercier d'avoir posé la bonne question, au bon moment, devant la bonne personne...

Samedi soir : Djamel savait que Noria allait bientôt partir, surtout quand...

Une feuille blanche et un crayon à la main, Noria écrivit :

« Je ne sais pas ce que c'est. Du bonheur ou de la tristesse... Je ne sais pas... Cette boule de feu en moi. À tout analyser on finit par tout mélanger. Je regarde tout avec détail mais il y a des choses que je n'arriverai jamais à comprendre, à expliquer. Maman dit "Dieu seul détient la vérité". Elle a raison, je devrai moins chercher à tout décortiquer et plus prendre les choses comme elles viennent. »

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jasminesursontapisvolant
jasminesursontapisvolant @jasminesursontapisvolant
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