
Le souvenir du rêve est assez vague. La première chose dont je me souvienne, c'est que je marchais dans un couloir avec une fille superbe, physiquement, elle était parfaite. Nous parlions tout en marchant le long de ce couloir. Aujourd'hui encore, je ne pourrais mettre un visage sur cette magnifique créature.
Puis tout d'un coup, je commence à passer mon bras autour de sa taille, pour établir le contact physique. Et là, je ressens comme une vague de fraîcheur qui envahit ma peau au contact de sa robe couleur or — comme celle des véritables lingots, un or froid. Je n'avais alors jamais ressenti une telle sensation en touchant une fille. Jusqu'à présent, quand je posais mes mains sur une fille de ce calibre... Mais là, il n'en était pas ainsi.
Je brûlais, intérieurement, je brûlais du même désir ardent qui attirait mes yeux vers sa silhouette parfaite ; mais simplement en la touchant, j'eus l'impression qu'elle me guérissait du mal qui me consumait. Le froid combattant le chaud, tout désir de nature... comment dirais-je, sexuelle, disparut. Alors je lui dis : « Tu es différente des autres. » Et là, le silence. Elle se tait, et je la vois sourire. Ce qui est étrange, c'est que je ne me rappelle pas avoir déjà vu un visage aussi resplendissant, joyeux et à la fois sincère de toute ma vie, mais je n'arrive quand même pas à lui mettre un visage concret : je ne pourrais dire si elle était brune ou blonde, si elle avait les yeux noirs ou châtains. Ici réside le mystère des rêves.
Je la contemple, je ressens encore au fond de moi un peu de cette chaleur qui me consumait jusqu'à présent, alors je m'approche doucement d'elle. Puis elle passe ses bras autour de mon cou et je mets les miens autour de sa taille ; je la serre, de toute mon âme, de tout mon cœur. Elle ramène en moi l'équilibre thermique, comme si nous nous complétions, comme si nous n'étions plus qu'un.
Sa tête est posée contre mon épaule et la mienne en contact direct avec ses cheveux. Le parfum qui s'en dégage est digne d'une déesse, un être parfait, un être pur. Ce que je ressentais à ce moment était si fort que pour la première fois depuis bien longtemps, une larme menaça de quitter mon œil. J'essayai de la retenir, mais non, rien à faire : elle coula le long de ma joue, passa par mes lèvres et vint atterrir sur son épaule.
Là, elle sort sa tête de mon épaule, elle me regarde, comme jamais on ne m'avait regardé, et je la regarde, comme jamais je n'avais regardé quelqu'un auparavant. Je pose ma main sur sa joue, puis mes doigts glissent le long de celle-ci, puis le long de ses cheveux. Puis soudain elle avance ses lèvres vers moi, doucement, patiemment. Elle s'arrête à cinq millimètres devant les miennes, puis elles se rencontrent délicatement, elles se caressent mutuellement : toute la passion du monde réunie autour d'un baiser. Serait-ce ça... l'amour ? Après tout, ce n'est qu'un rêve.

Sans que je m'en aperçoive, le décor a changé. Nous sommes dans la chambre d'une auberge que je crois connaître — la disposition des meubles et de la pièce me rappelle fortement celle où je suis allé dans les Alpes il y a deux semaines.
Après le baiser, elle fait glisser les bretelles de sa robe de façon à ce qu'elle coulisse le long de son corps. Je la vois nue devant moi. Je me rends compte sur le moment que je le suis aussi — la magie des rêves fait bien les choses ! Nous nous rapprochons doucement. Je pose mes mains sur ses épaules, elles glissent le long de ses bras, de ses mains, pour arriver au niveau de ses hanches. À ce moment, elle enroule ses bras autour de mon torse puis pose sa tête contre la mienne, puis à nouveau nos lèvres se rencontrent. Doucement, toujours nos lèvres mêlées, nous nous allongeons. Je sens la passion grandir au plus profond de moi, ce sentiment devient de plus en plus intense. Nos lèvres se séparent de quelques millimètres, puis elle murmure : « Je t'aime... » Le souffle de sa voix m'enivre de ce je-ne-sais-quoi qui n'avait alors jamais été aussi intense.
Alors je la regarde pendant au moins une demi-minute, la contemplant pour graver ce moment dans ma mémoire. Lorsque je m'apprête à lui dire ce que je ressens, une lumière aveuglante surgit brutalement : je suis en train de me réveiller. Je m'accroche de toutes mes forces pour empêcher cela, mais je vois la porte de ma chambre qui s'ouvre et j'entends la voix du surveillant qui me dit : « C'est l'heure. » Je suis à ce moment en contact avec les deux mondes — le rêve et la réalité. Les images du rêve se brouillent, je n'arrive plus à distinguer son visage. Je sens que mon départ est imminent, alors j'essaie de lui dire, mais aucun mot ne sort de ma bouche. Alors je crie, je crie de toutes mes forces. Mais rien à faire, je la vois me regarder et elle me dit : « Je t'aime... » Alors je pleure car je n'arrive pas à lui dire...

Soudain, j'ai l'impression que la force d'un trou noir m'aspire hors de ce monde qui n'était pas le mien. Je la vois s'éloigner de moi — ou bien est-ce moi qui m'éloigne d'elle ? Je ne la reverrai jamais. J'ouvre les yeux. Je suis réveillé, confronté à la réalité. Elle n'existe pas. Alors j'essaie de me rendormir, pour aller la retrouver. Mais... c'est trop tard.
Ce que nous apprennent les rêves
Deux choses à retenir de ceci. La première : les rêves sont l'expression de nos sentiments les plus enfouis, c'est notre subconscient qui nous parle et nous fait vivre ces moments.
La deuxième : ne jamais remettre au lendemain ce que l'on peut faire aujourd'hui en croyant que demain sera un jour meilleur. Car demain sera peut-être trop tard... Carpe Diem, mes amis !