
L'histoire, c'est surtout la mienne ou la tienne. C'est surtout une histoire avant d'être l'Histoire...
Si on demande à chacun quelle date marquera à jamais l'histoire de l'humanité, on trouvera certainement des réponses très colorées. Peut-être historiques — la découverte des Amériques —, peut-être technologiques — l'invention de l'électricité —, peut-être littéraires, musicales, politiques. Ou peut-être... personnelles.
Moi, si on me le demande (parce que c'est toujours de cela qu'il s'agit, hein, de moi, bien sûr, évidemment...), ben je répondrais le 13 janvier. Pourquoi ? Euh, le 13 janvier, attends voir... L'abolition de l'esclavage en Tanzanie ? Non, ce n'est pas ça. La parution du plaidoyer en faveur des frites au restaurant ? Non plus. C'est juste le jour où je suis tombé amoureux. Et alors ? Qu'en a à faire l'humanité ? Mais tout, mes bons amis (allez, j'ai des lecteurs, mais si !), le monde, l'humanité, que seraient-ils sans moi ? Rien, absolument rien ! La preuve ? Je n'ai aucun souvenir du monde tel que nous le connaissons avant ma naissance, c'est bien une preuve, non ? Vous êtes tous issus de moi, vous n'existez que par moi, de même que je n'existe que par vous. Je peux donc, comme chacun de vous, dire en toute honnêteté et sans fausse arrogance que le monde n'est rien sans moi...
Le 13 janvier : une date qui marque à jamais
Oui et alors, pour en venir à quoi tout ça ? À rien. Il y a deux ans, mon cœur a pris naissance, il a aimé — de ce qu'on appelle l'amour (de ce que j'appelle l'amour, donc). Il y a deux ans, il s'est mis à battre, non plus physiologiquement, mais humainement, amoureusement, vivant, enfin... Il y a quelques mois, tout a disparu. Plus de vision, plus de rêve, plus d'espoir de retrouver ses songes. Mais il bat encore, encore et toujours. Il bat pour toi, tu sais (toi qui ne me lis plus). Il bat aussi pour d'autres, mais d'une autre manière : non plus amoureusement, mais doucement, tendrement, avec admiration et reconnaissance — de ce qu'on appelle l'amitié (de ce que j'appelle l'amitié, bien sûr).
Le 13 janvier, il y a trois ans, le navire de mes sentiments a pris la mer pour toi. Il a chaviré pour toi, et tu as choisi de le voir sombrer. Mais il vogue toujours, désormais sans plus d'horizon en ligne de mire. Le voyage n'est plus latéral, horizontal : il vogue vers le ciel, se souvenant de la lumière de l'eau et du goût du sel.
C'est cette date qui marquera l'humanité à jamais. C'est cette date que je retiendrai, pour toi, pour moi, pour nous et pour le monde entier (qui n'est rien sans moi, je le rappelle...).
[Ce texte est minable, ce texte est idiot, mon âme est brûlante, tu resteras ma seule et unique fièvre...]