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Relations

Silence et conséquences

Témoignage sur les violences sexuelles : pourquoi briser le silence est vital pour ne plus se sentir coupable.

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Je vais entrer dans le vif du sujet.

J'ai 19 ans. Lorsque j'avais entre 9 et 11 ans, mon instituteur me touchait en m'avouant que cela était un besoin personnel et un acte bénin. Le connaissant depuis la tendre enfance et étant un ami de mes grands-parents, je l'ai laissé faire. Il m'a fait jurer de ne jamais le dire, pas même à mon nounours.

Les années ont passé et j'ai oublié par inconscience. Pour en venir aux faits, la première fois que j'ai couché, j'avais 15 ans. Je connaissais un garçon depuis un mois, c'était les vacances d'été et il était le voisin de ma tante où j'étais. Le soir, nous faisions comme tous les autres, on s'installait dans le champ derrière les maisons et nous discutions. Il avait une petite copine qui faisait partie de mes amis. Il fumait de l'herbe et buvait quelques bières.

Le premier drame à 15 ans

Tout d'un coup, il s'est approché de moi et m'a embrassée. Par respect pour sa copine, je l'ai repoussé. Dès lors, il s'est énervé, m'a giflée et m'a allongée sur le sol sans que je puisse résister. Il a commencé à me déshabiller et a promené ses mains partout. Je me suis mise à hurler, et il m'a remis une gifle. À moitié K.O., je ne pouvais plus m'opposer et il a continué son affaire. Il n'y a pas eu de préliminaires et il est entré en moi très violemment. Le mal m'a parcouru des pieds à la tête et je pleurais à chaudes larmes. L'acte a duré 10 min mais pour moi ce fut une éternité. Quand il a fini son affaire, il m'a soulevée, m'a ordonné de me rhabiller. Il s'est approché de moi et, avec son haleine chargée de bière et de fumée, il m'a craché : "Si tu racontes ce qu'il s'est passé, tu es morte". Il avait 17 ans.

La violence répétée à 16 ans

Mon histoire n'est pas finie. À 16 ans, j'ai rencontré un garçon. Il avait 1 an de plus que moi. Ça a duré 1 an et demi. La première année, tout allait pour le mieux et il acceptait le fait que je ne veuille pas aller plus loin sans savoir pourquoi. À la fin de l'année, il s'est découvert une passion pour l'alcool.

Un soir, on était avec nos amis respectifs puis on est allé chez lui. Il était rond. Il a commencé à parler sexe et j'ai tenté de le raisonner. Rien à faire, il a commencé à s'énerver. J'ai résisté mais pas longtemps. Il m'a giflée, m'a prise par les cheveux, m'a aplati la tête sur le bureau, a relevé ma jupe et violemment est entré partout. Cela se produisait fréquemment. Je me taisais sinon je savais que je me prendrais le double. Six mois après, j'en eu marre et lui avouai que c'était fini, je lui ai dit devant tout le monde pour me protéger. Il a commencé à virer au rouge et ses copains l'ont retenu en me laissant le temps de rentrer chez moi.

La dépression et la tentative de suicide

Suite à tout cela, j'ai eu la haine et le chagrin qui me tenaient compagnie. J'étais écoeurée des hommes et de la vie. J'ai sombré dans une dépression très mauvaise. J'ai tenté de mettre fin à mes jours par deux fois. Heureusement, au dernier moment je m'y suis résignée.

Comment briser le silence et se reconstruire ?

C'est alors qu'il y a 8 mois, j'ai rencontré un homme de 25 ans. Nous sommes sortis ensemble et je lui ai fait tout de suite confiance. La première fois que l'on a fait l'amour, il a remarqué que je n'avais aucune sensation au niveau du toucher (à cause de mon instituteur), que je ne bougeais pas et que j'étais en larmes. Il s'est interrogé et il m'a posé plein de questions. Au bout de 3 mois de questionnaire, dans une crise de larmes, j'ai commencé à raconter.

Aujourd'hui, il est au courant de tout et il m'aide à m'en sortir. Cependant, les cauchemars sont encore présents. Ce que je veux faire passer comme message, c'est que je ne suis pas la seule à avoir vécu tout cela et que certaines personnes se reconnaîtront. Je veux leur dire qu'elles ne sont pas responsables de ce qui leur est arrivé et qu'il faut parler.

Je ne suis pas guérie mais je lutte et je vous demande de m'aider. Si vous voulez réagir, me conseiller ou simplement parler, je vous donne mon mail : [email protected]. Merci.

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beluste
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