
L'amour est un drôle de mot…
Quels sont les différents sens du verbe aimer ?
Il est d'abord polysémique :
Aimer, ça peut être flamber, comme une passion sauvage et violente qui consume tout sur son passage…
Aimer, ça peut être s'engager, comme un mariage doux et tendre, construit dans la durée…
Aimer, ça peut être transmettre, comme une mère à son enfant, offrant un héritage invisible…
Aimer, ça peut être remarquer, comme celle que tu regardes et qui sera bientôt ton amie…
…si tu sais jongler avec les mots et choisir ceux qu'il faut !
Aimer, c'est aussi choisir un bon rythme cardiaque, celui qui s'emballe au premier regard ou qui s'apaise auprès de l'autre.
Comment conjuguer le verbe aimer ?
Passons maintenant au verbe aimer en lui-même, employé dans une phrase concrète…
Imaginons simplement une scène de vie :
Il l'aime.
Ce qui donnerait, en précisant les protagonistes — imaginons que « elle » soit une certaine Corinne, et que « il » soit un certain Jules :
Jules aime Corinne.
À l'instant précis où chaque mot est relié par un sens commun, celui du verbe aimer, la grammaire s'organise. Les deux noms propres deviennent, grammaticalement parlant, le sujet et le complément…
Mais attendez !
Pourquoi aimer est-il considéré comme un verbe d'état ?
La poésie du style voudrait que deux personnes s'aimant deviennent une seule entité. Si Jules et Corinne s'aiment si fort qu'ils ne font qu'un, la frontière entre eux s'efface.
Aimer deviendrait par conséquent un verbe d'état, au même titre que notre ami le verbe être. Il ne désignerait plus une action, mais une manière d'exister, une fusion totale.
Aimer équivaut à être.
Être équivaut à aimer.
Dans cette optique, on ne subit pas l'amour, on est l'amour. Jusqu'où la poésie des sens n'ira-t-elle jamais pour transformer la grammaire de nos sentiments ?