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Relations

Sans retour

Un amour non partagé vécu en silence pendant des années. Du premier regard à 14 ans aux explications tardives en terminale, découvrez le récit bouleversant d'un cœur qui aime sans retour.

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Un simple regard fut suffisant pour semer le trouble chez une gamine comme moi qui, à l'époque, n'avait que 14 ans... Le changement était à l'ordre du jour : déménagement, entrée au lycée... Une semaine après la rentrée, mon regard se posa par inadvertance sur lui, et le « mal » était fait...

Quand un regard change tout

Oui, un simple regard a tout changé. Ce garçon, pour moi, semblait « spécial ». Il n'avait pourtant rien d'exceptionnel, il n'était pas « le beau gosse » du lycée, non. D'aspect plutôt réservé, tendance légère même à raser les murs... Pourquoi lui ? Impossible de répondre. Ce n'est pas dans ma tête que ça se passe, mais un peu plus bas, dans la poitrine. Ah ! Satanée poitrine qui part au galop dès que je croise sa route dans le lycée, dans mon bus. Tiens, il prend mon bus. Tous les matins, je le regarde monter. Tous les matins, il me passe à côté... Sans daigner me voir.

C'est grotesque. Je ne le connais même pas et j'ai l'impression de ne pas pouvoir me passer de lui. Je passe mon temps à le regarder, j'essaie même de me mentir à moi-même en me disant qu'après tout, ce n'est qu'un simple jeu... Je le regarde et puis voilà !

Or ce « jeu » aura duré deux ans. Pendant deux ans, je n'ai fait que l'observer, capter certaines conversations qu'il avait dans le bus. Je commence à en savoir plus sur lui... C'est fou ! On pratique le même sport et on a d'autres points en commun ! Je trouvais ça tellement dommage qu'il ne sache pas que nous avions tous ces points communs ! Il n'avait pas l'air très entouré de filles. Avec un peu d'espoir, je me suis dit que j'étais peut-être la seule fille à m'intéresser à lui... Seulement, comment lui dire ? Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre d'un sourire ?

L'espoir d'être aimé en retour

La terminale, année qui m'aura marquée à vie pour toutes ces anecdotes que j'ai vécues ! Le jour de la rentrée, j'ai vu que nous étions dans la même classe : « Ça y est, je vais enfin pouvoir le connaître ! » Je ne m'étais pas trompée, c'est vraiment un garçon bien... Des points communs ? On en a des milliers... Peu à peu, nous avons tissé une relation privilégiée. Je me sentais si bien. Ça y est, il allait se rendre compte que nous étions faits l'un pour l'autre !

C'est à ce moment-là que j'ai su que je l'aimais vraiment. Je l'aimais comme un tout, pour ses défauts, ses qualités, son charisme. Une alchimie était présente entre nous... C'était certain ! Je n'osais pourtant rien lui dire. J'attendais « qu'il devine », « qu'il s'en rende compte tout seul ! ». C'était comme un grand cri muet.

Une soirée de classe, comme on en fait par milliers, fut le comble de notre rapprochement. On a dansé, on a ri, on a parlé... Pour la première fois, j'avais l'impression de sentir un retour. Je commençais à lui plaire...

Et une semaine plus tard, plus rien. Il s'en va, prend de la distance par rapport à moi. Pourquoi ? Que s'est-il passé ? J'ai pourtant continué à l'aimer, de toutes mes forces, de tout mon cœur. Ma poitrine bondissait comme au premier jour, et j'avais toujours espoir... J'ai tenté de parler avec une « amie » que l'on avait en commun. Peut-être pourrait-elle m'aider à comprendre ? « Non, tu n'as aucune chance, laisse tomber, il ne veut pas de toi ! ». C'était clair, radical. Mais on ne s'arrête pas d'aimer pour ça...

La souffrance d'un amour à sens unique

Je commençais vraiment à souffrir de cette « relation ». Mais peut-on appeler ça une relation ? Je me sentais si seule. Oui, après tout, moi seule souffrais, moi seule aimais. Il faisait quoi, lui ? Rien. Il était là, c'est tout. Il me parlait toujours un peu moins, et plus je le voyais s'éloigner, plus je souffrais...

Et puis ce furent les grandes explications. Un ami à moi, qui me voyait me décomposer peu à peu, supportait mal que ce garçon ait autant d'influence sur moi, pourtant sans rien faire. Alors il lui a gentiment demandé d'aller me voir lors d'une fête pour que l'on s'explique... Dans une bonne classe où tout le monde s'apprécie, les informations tournent vite. Tout le monde s'était rendu compte du mal qui me rongeait. Pourquoi me laissait-il dans cet état ?

Alors on s'est expliqué, dans une salle de bains, pendant deux heures. Premier réel face à face. Le jeu était fini. J'étais mise à nue, je n'avais plus rien à perdre, alors autant tout lui avouer depuis le début ! Seulement voilà, parfois on ne peut pas tout contrôler. Et ce que je n'ai pas contrôlé, c'est ce que lui avait dit notre « amie » commune sur moi : « Elle est folle de toi, elle est jalouse dès qu'une fille s'approche, elle me soule avec toi, c'est pas possible ! Etc. » Voilà donc les raisons de son éloignement : il a pris peur, il a eu peur de moi...

Je me sentais si trahie par cette fille. Pourquoi avait-elle fait ça ? Je ne l'ai jamais vraiment su...

Ce qui vînt après fut pire. Dans mon élan de désespoir, je lui racontais tout depuis le début, depuis le premier regard, le bus, les couloirs... Et là... « C'est vrai ? Mais moi aussi je te regardais dans le bus !! Pourquoi on ne s'est jamais parlé avant ?? Moi aussi je t'avais un peu remarquée !! — Ah oui, le repas de classe, tu me plaisais beaucoup à ce moment-là... »

Grand choc, grand espoir, et tout de suite après, grande déception : « Mais maintenant, c'est différent, je sais pas... Tu sais, moi je change tout le temps d'avis !! Je suis un peu nul, excuse-moi. » L'excuser ? Il est désolé en plus ?

Comment surmonter un amour non partagé

Alors voilà. Ce garçon, je l'ai raté. On s'est littéralement croisé. Mettez un peu de timidité, de grands quiproquos, un esprit médisant, et vous obtenez la recette explosive de l'amour sans retour. On donne sans recevoir. On regarde, on espère, un grain, une miette, et puis rien... On a envie d'exploser. On le déteste tellement on l'aime. On le déteste pour le mal qu'il nous fait, pour cette indifférence qu'il nous attribue si bien, pour la faible importance qu'il attribue aux événements. Mais par-dessus tout... on l'aime.

C'était en terminale que tout s'est joué. Je me suis sentie si inutile, tout s'écroulait. Ah non, il me restait encore le bac à passer ! J'ai passé le dernier mois dans mes cours, à me réfugier dans mon travail pour oublier, et pour me prouver que je pouvais exister autrement que par un autre. J'ai obtenu mon bac avec mention très bien, la consolation des derniers mois affreux que j'avais passés.

Tourner la page et avancer

Lui n'a pas eu son bac. Il a refait une année de lycée, tandis que moi je suis rentrée en prépa. Un rythme de vie si soutenu et si intense qu'il vous fait vite oublier le passé, et parfois même le présent.

J'ai changé depuis. Je pensais que je ne l'aimais plus. Il me semblait si loin. Pour moi, c'était clair : je ne l'aimais plus ! Je l'ai même revu parfois, sans grands résultats. J'étais enfin libre !

Et puis une soirée, où nous nous sommes retrouvés tout seuls, car on ne connaissait personne à part celui qui nous avait invités ! On s'est remis à parler, comme avant. Il n'avait pas vraiment changé, finalement, et l'espace d'un soir, je l'aimais à nouveau... Il ne semble plus se souvenir de ce qui s'est passé. Il se comporte normalement devant moi, ce que j'apprécie. Mais la salle de bains, le bus, tout ça... Je crois qu'il a tout oublié. Il ne s'est pas rendu compte à quel point je l'avais aimé. Ce fut pour moi la première réelle expérience de l'amour, la seule même. Et cette expérience, je l'ai vécue seule.

Il me semble que lorsqu'on aime réellement une personne, on l'aime pour toute sa vie. On peut oublier qu'on l'aime, on peut remplacer cet amour par un autre, mais on l'aime toujours. Je crois aujourd'hui avoir oublié. Je souhaite le voir le moins possible pour ne pas qu'il me rappelle certains souvenirs pouvant me faire rechuter.

Je continue mon chemin, en espérant un jour aimer à nouveau comme j'ai aimé, mais avec un retour cette fois-ci. Un retour, qu'il soit bon ou mauvais, mais un retour. L'indifférence tue.

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azurnewen
azurnewen @azurnewen
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