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Relations

Repartir

À 18 ans, une rupture et une relation difficile avec sa mère poussent l'héroïne à tout plaquer pour Dublin. Un témoignage poignant sur la reconstruction.

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Ce jour-là, j'avais dix-huit ans. Un des plus beaux jours de ma vie.
Je revenais de New York, où ma mère avait déjà fait des siennes.

Lui et moi, on ne sortait pas vraiment ensemble, mais il était très important pour moi. On était sortis ensemble, et on avait rompu plusieurs fois auparavant, pour de bonnes raisons à chaque fois, mais il y avait une attirance entre nous, et nous n'osions pas l'avouer. Même lui me l'a dit.
Nos amis étaient avec nous.
Ce jour-là, habillée en ange, buvant du champagne, je crois que je m'en rappellerai toute ma vie.
Comme de beaucoup d'autres choses.
Notamment, ce qui s'est passé à peine plus d'une semaine après, entraînant mon départ dans la capitale irlandaise.

Mes 18 ans...

Après ce comité d'accueil à l'aéroport, nous rentrons chez nous.
Nous sommes voisins depuis l'enfance, même s'il est parti quelques années, il vient de réemménager ce mois-ci, en septembre.
Nos amies en commun en ont marre de nous voir nous disputer pour rien.
N'importe quel sujet mène à une dispute.
Ce samedi-là, j'avais organisé ma soirée d'anniversaire, et la vodka a coulé à flots. Oui, tellement que moi, qui ne suis pas habituée à boire, je me suis retrouvée complètement bourrée.
Et lui, il avait eu deux superbes idées. M'offrir un ange rose avec des cœurs, et un carnet, dans lequel j'aurais pu écrire.
J'aime écrire, j'aimerais devenir journaliste, même si à l'époque, je faisais des études de cuisine.
Ce jour-là, j'avais l'impression qu'il venait de me dire : « Je t'aime, ne renonce pas ».

Le week-end de beuverie

Oui, comme toute bonne étudiante que j'étais alors, j'ai passé un week-end à boire, organisé par mon école. Depuis mon retour des États-Unis, je n'arrêtais pas. Moi qui ne buvais rien du tout...
J'avais dix-huit ans, et j'avais envie d'oublier mes histoires de cœur stupides.
Seulement, j'avais pris l'habitude, quand j'allais à une soirée, d'envoyer un message idiot, qu'il n'aimait pas, mais que j'aimais bien envoyer juste pour l'embêter.
Ce jour-là, lorsque je suis arrivée, je voulais lui dire « Je suis bien arrivée ».
« Je suis là ». Bon, d'accord, je l'avoue. Dès l'arrivée, les dernières années ont commencé à nous faire boire. Et oui, avec le mélange qu'ils m'ont fait boire à jeun, je n'étais pas vraiment bien...
Enfin ? Pendant les jeux de l'après-midi, j'ai essayé de me calmer. Pourquoi je n'arrivais pas à le joindre ?
Finalement, j'ai réussi à envoyer non pas un... Mais 10 textos...
Et lorsque j'ai récupéré le réseau complet... Ben, une surprise m'attendait.

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« Arrête de rêver »

Son texto était sanglant. J'ai répondu. Seulement, seulement...
On s'est tellement disputé que je pensais ne jamais lui reparler, ne jamais retourner dans sa vie.
Alors, j'ai commencé à déprimer, comme lorsqu'il était parti.
Je me sentais seule. Je ne pouvais plus sourire.
J'ai commencé à parler de quitter l'école.
J'étais vraiment au plus mal, et ma mère n'aidait en rien. Elle le connaissait, savait que je venais de me disputer avec lui, mais elle en rajoutait, elle disait que c'était un idiot. Qu'elle traite mon père comme ça, oui, car effectivement, mon père le mérite. Mais pas lui.
Pas ce garçon.
Il a déjà beaucoup souffert, et quoiqu'il arrive, restera important pour moi. J'ai gardé le petit porte-photo que je voulais lui offrir cet été. Et le carnet qu'il m'a offert, je l'ai toujours. Cependant, l'ange a perdu ses ailes, et je l'ai jeté. Ce que je prenais pour une preuve d'amour n'était qu'un mensonge.

« Madame, votre fille est boulimique »

Depuis quelques années, je souffre de boulimie. Dès qu'il me manque.
Dès que l'on se dispute, dès que je ne le vois pas pour longtemps.
Et là, j'ai réplongé. Depuis son retour, je mangeais beaucoup mais vomissais peu. Et là, ce jour-là, j'ai tellement mangé que j'ai vomi. C'était un cours de cuisine. Ma mère était dans les clients, je l'ai présentée à mon professeur. Elle travaillait aussi dans mon école, dans la partie tourisme.
Et le lendemain, je sors de l'école, et je les vois discuter.
Dès que j'arrive, j'entends ce que dit mon professeur : « Madame, votre fille est boulimique ». Puis, voyant que j'arrive, le professeur nous dit au revoir.
Oui, en 5 ans, ma mère ne s'est pas rendu compte de ma maladie, alors que mon professeur, qui me connaît seulement depuis quelques mois, et ne m'a que quelques heures par semaine, l'a vu de suite. Ma mère commence à le critiquer ? Or, c'est un de mes professeurs préférés.
Je lui dis : « Maman, ce qu'il a dit est vrai. » Je pars me réfugier sur le toit du lycée, pour pleurer.
Le soir même, je me décide à partir en Irlande.

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Le départ pour l'Irlande

Mon anniversaire était le 3 novembre.
J'ai pris l'avion pour l'Irlande un peu plus d'un mois plus tard, le 10 décembre.

En quelques mois, j'ai beaucoup mûri.
Oui, j'ai fait pas mal de soirées, bu pas mal.
Il m'a parfois tellement manqué que j'en dormais plus la nuit.
Les premiers mois, on s'est parlé juste un peu sur MSN.
Il m'a grondée car j'étais partie sans lui dire au revoir. Comme lui l'avait fait quand il a déménagé.
Mais, j'étais partie. J'étais à des kilomètres.
Ma mère voulait que je rentre.
Les personnes autour de moi me donnent plus que mon âge, et tout le monde est surpris de voir une gamine de dix-huit ans seule à l'étranger.
Je ne regrette pas mon départ.
Je l'ai revu. Je suis retournée une seule fois en France, une fois où ma mère avait pété les plombs, et voulait me forcer à rentrer.
Je l'ai revu, et on était redevenus amis.
Alors j'ai commencé à écrire des mails.
Pas tous les jours, un ou deux par semaines.
Et la dernière fois que je lui ai parlé, il m'a dit que je lui envoyais trop de messages.
Alors, je me suis dit : « Pourquoi est-ce que je m'embêterais pour quelqu'un qui ne tient pas à moi, malgré ce qu'il disait ?
Nos amies en commun m'ont dit que je lui manquais.
Cependant, je l'ai supprimé de mon Facebook et de mon MSN. Il ne peut plus me joindre.
Et si j'ai été un peu triste, je me sens mieux.
Ici, je suis enfin libre de me reconstruire, de l'oublier.
Et aussi, de me libérer de ma mère...

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akane2cannes
akane2cannes @akane2cannes
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