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Relations

Renaître pour mourir

Suite de mon récit sur un amour destructeur. Une plongée brute dans la souffrance d'un amour à distance, les cicatrices invisibles et visibles, jusqu'au point de rupture.

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Cela faisait maintenant trois mois qu'ils ne s'étaient pas vus. Une centaine de kilomètres les séparait, mais il pensait chaque seconde à elle : Marine, la fille qu'il aimait, qu'il chérissait plus que la vie elle-même. Son existence était devenue maussade depuis son départ de Quimson. Bien sûr, il lui parlait souvent sur Internet, bien sûr, de temps en temps, il lui téléphonait, mais ce n'était pas pareil. Il avait besoin de la voir, de sentir son parfum. C'était devenu une nécessité. Pour l'instant, il ne vivait plus, il survivait.

Cette absence se ressentait au plus profond de son être. Il était devenu nihiliste, il n'avait plus foi en rien, ni en personne. Il pensait que tout le monde se moquait de lui, que ses amis lui mentaient et qu'elle prenait un malin plaisir à l'utiliser. Mais l'éloignement marquait aussi son aspect physique. Il pleurait presque quotidiennement devant son écran d'ordinateur. Il pensait aux bons moments qu'ils avaient vécus ensemble, il souriait, mais dans le même temps, un hiver glacial s'emparait de son cœur. Il se sentait dépérir. Elle n'était pas là, alors il pleurait en murmurant le nom par lequel il l'appelait. Il pleurait autant qu'il le pouvait, juste parce qu'elle lui manquait.

Ce phénomène s'accentuait le week-end, les deux seuls jours de la semaine où elle n'était pas chez elle. Alors, tous les vendredis soirs, il se demandait s'il allait réussir à survivre à ce week-end qui serait pour lui interminable. Mais cette douleur avait laissé des séquelles plus dures à effacer : ses mains… Ses mains étaient balafrées. Cela ne lui suffisait pas de pleurer, il fallait qu'il se fasse mal, qu'il frappe et frappe encore cette armoire où se déversait sa haine, son mal-être, jusqu'à ce que sur les bandes qu'il s'était enroulées autour des mains apparaissent des points rougeâtres, que ses phalanges deviennent bleues et que la douleur soit insoutenable. Alors seulement il s'écroulait en tenant fermement ses mains contre son corps.

Personne n'était au courant de ce qu'il s'infligeait. Marine savait que parfois il pleurait, mais il ne lui aurait jamais parlé de ses mains. Il avait trop peur, peur qu'elle finisse par avoir peur de lui ou qu'à l'opposé, elle ne s'inquiète un peu trop pour lui. Il ne voulait pas qu'elle se fasse du souci, alors il lui cachait la vérité.

Quand l'amour nourrit la souffrance

Et comme si ça ne suffisait pas, les seuls moments où ils se parlaient sur le Net servaient surtout à alimenter leurs disputes. Des disputes insensées qui prenaient appui sur le fait qu'il analysait sous toutes les coutures ce qu'elle lui disait, pour arriver à la comprendre, à savoir ce qu'elle pensait de lui en bien, mais surtout en mal. Il se persuadait qu'elle se moquait éperdument de lui, de ce qu'il ressentait pour elle, et cette sensation s'accentuait avec le temps.

Le temps et les discussions. Ces discussions où elle lui parlait de ses ex-conquêtes alors que lui n'en avait jamais eu. Mais ce n'était pas cela qui le gênait. Il savait que parfois elle avait besoin de parler de ses problèmes de cœur. Alors pour lui faire plaisir et pour la soulager de ses fardeaux, pour que plus jamais ce visage qu'il aimait tant n'arbore les couleurs de la tristesse, il l'écoutait parler. C'est dans ces moments qu'il s'infligeait la plus grande des souffrances morales et physiques. Son cœur, ce noyau qui était le refuge de tous ses maux, se tordait de douleur et criait en même temps sa rage et sa peine au travers de ses yeux. Mais il l'écoutait se confier parce qu'il se disait que peut-être cela l'aiderait à rendre moins triste la vie de celle qu'il aimait.

Elle avait beau lui avoir dit de ne pas la laisser parler de ça, si elle ne s'arrêtait pas, il ne l'aurait pas fait pour elle. Elle, elle, toujours elle. C'était devenu le centre de son monde. Sa vie ne comptait plus. Il l'avait tellement élevée, celle pour qui son cœur battait, parmi les étoiles que lui était resté en bas, dans le noir, la froideur de l'âme. Et elle était en haut, entourée de mille étoiles, sans se douter de qui l'avait portée jusque-là.

Bien sûr, c'était sa vision des choses. La vie de Marine était loin d'être parfaite, loin de là. Et lui pensait naïvement qu'il y changerait quelque chose. Et puis après tout, que risquait-il à ne pas l'écouter ? Dans les deux cas, il sombrerait. S'il y a une entité supérieure là-haut, si on appelle supérieur quelque chose qui abandonne froidement ceux qu'il a créés, elle ne l'avait jamais aimé. Alors il se disait que si cette fois encore il devait tomber, ce serait pour la dernière fois, que plus jamais il ne voudrait se relever. Pourquoi vivre si c'est pour souffrir ? Autant en finir. Il s'était juré que la prochaine fois qu'il tomberait, il ne se relèverait plus. Il se l'était promis.

Le choc d'une révélation

En attendant, il l'écoutait. Il se rappelle d'une fois, sûrement la plus douloureuse, où elle avait parlé d'un amour entre elle et un de ses ex. Il pensait naïvement être la première personne qui l'aimerait, il l'aurait souhaité de tout son cœur, de toute son âme. Mais il s'aperçut à ce moment-là que son rêve ne se réaliserait jamais. Il décelait dans ses paroles une sorte de nostalgie, c'était plus qu'il ne pouvait en supporter.

Un message partit de son cœur en direction du clavier, une sorte de dernière chance pour lui de dire qu'il l'aimait, pour essayer de lui faire toucher, de lui faire comprendre la force de ses sentiments. Il lui dit que c'était quand il sentait son cœur crier comme dans ce moment-là qu'il savait qu'il l'aimait plus que tout au monde. Pour le calmer, elle lui montra la photo du lieu où ils s'étaient rencontrés.

Malheureusement pour eux, cela eut l'effet inverse. Une vague de douleur s'empara de lui, jaillissant de lui comme le sang jaillit d'une blessure mortelle. Car c'était cela : elle venait de lui asséner un coup mortel. Une dague chauffée semblait l'avoir frappé en plein cœur. Des larmes coulaient sur le clavier, son pouls ralentissait et ses mains tremblaient. Malgré cela, il réussit à lui dire ce qui était en train de se passer en lui. En réponse, il n'obtint qu'un calme pesant. Elle s'était déconnectée, laissant derrière elle une phrase qui la rendait coupable de son malheur à lui. Il eut beau l'appeler toute la soirée, en vain.

À ce moment-là, il l'imagina assise au bord de sa fenêtre et, d'un seul coup sans crier gare, elle se laissait tomber du haut de ses six étages. Alors il se dit que s'il ne rêvait pas, si elle avait décidé de partir, et que demain elle n'était pas là, qu'elle ne serait plus là, alors il se dit qu'au final ce n'était pas grave. De toute manière, demain… Il la rejoindrait.


Je tiens à dédicacer la suite de mon article à toutes les personnes qui ont commenté celui d'avant et à celles qui m'ont écrit en particulier. Comme je l'ai dit en commentaire de mon précédent article, ne croyez pas que j'ai les solutions à tous les problèmes, je n'en ai aucune pour les miens.

J'ai juste un conseil à donner : ne faites pas comme moi, ne vous prenez pas la tête si l'amour n'est pas partagé. Mais si vous croyez en lui, battez-vous. S'il l'est, alors profitez-en, faites tout pour le faire perdurer. Et dans les deux cas, sachez que quoi que vous pensiez, si c'est fait avec le cœur, ce sera toujours la meilleure solution. Et pour ceux qui recherchent l'amour, courage, la lumière est au bout du chemin.

Ne perdez jamais espoir… Ne perdez jamais confiance en l'autre.

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sniper2610
sniper2610 @sniper2610
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