
Désormais, je sais ce que signifie être amoureuse.
Sursauter à chaque sonnerie du téléphone en espérant de tout son cœur que ce soit Lui. Prier pour qu'Il pense à vous, pour qu'Il vous aime seulement le quart de ce que vous l'aimez. Se sentir seule quand Il n'est pas à vos côtés. Se dire que c'est l'homme de votre vie, alors que vous êtes encore si jeune, et tout aimer en Lui.
Ne pas imaginer demain sans sa présence et haïr toutes celles qui désirent plus que tout être à votre place. Ressentir une envie de meurtre lorsqu'Il vous parle d'une autre et en devenir légèrement parano...
Ne plus être superficielle, ne plus ressentir de malaise en sa compagnie, se croire invincible, se croire seule au monde, avec Lui. Ne plus accorder d'importance aux jugements des autres : seul le sien compte.
Préférer mourir que de le faire souffrir et vouloir son bonheur, quitte à devoir s'effacer de sa vie.
Et quand, quatre mois plus tard, à cause d'un déménagement, vous devrez le laisser : lui demander s'Il vous aime, « seulement le quart de ce que vous l'aimez », le serrer dans vos bras et votre amour à son apogée, lui dire que vous le quittez. Lui, sans comprendre pourquoi, votre douleur atteignant son paroxysme, et vous en vouloir à mort, à votre propre personne, mais vous disant qu'il en vaut mieux ainsi.
Choisir l'auto-élimination à une définitive séparation et lui expliquer que, pourtant, vous l'aimiez.
Ou bien alors, dans le souci de ne pas lui imposer de souffrance, faire en sorte qu'Il vous haïsse, et qu'Il vous pleure de rage plutôt que de manque et d'amour. Se dire au fond de soi qu'Il a été le seul et l'unique, irremplaçable puisque premier, et dernier. Lame de rasoir en main, s'infliger une ultime entaille, néanmoins moins profonde que celle qui lacère votre cœur.
En lisant ce texte, je vous demande de ne pas tout prendre au pied de la lettre ! Il a été écrit tard la nuit, avec la pression de la fatigue, dans un moment de blues... Mais le fait est que c'est une conception du sentiment amoureux concevable. Happy end ?!