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Quête désespérée

Une quête intérieure sur le vide, la solitude et l'amour. Un texte introspectif sur nos échappatoires modernes et la recherche incertaine d'un sens caché.

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Le vide intérieur et la quête d'un sens caché

Quelque chose m'échappe. Un secret, une règle, un axiome qu'on m'aurait cachés. Je ressens en moi comme un vide étrange ; un infini qui n'a pas de nom ; une chose qui m'eut été imposée, sans que je dusse y consentir.

Ainsi, je recherche je ne sais quoi. À la télévision, je vagabonde d'une platitude à l'autre, sans désespérer. Sur Internet, le trop-plein de mots, le trop rapide des maux, me donne des rebuts. Ainsi, les soirs, j'attends demain ; et lorsque demain pointe, j'attends encore demain, qui n'en finit pas de revenir.

Et le temps passe. Les moteurs filent. Les gens dans la rue sont si pressés qu'on pourrait croire — si l'on était sourd et aveugle — qu'ils sont tous rassasiés de bien-être. Pourtant, une nausée traîne dans l'air. C'est impossible de l'éluder...

Quand les aspirations s'envolent et s'effondrent

Je vois des aspirations passer, et leurs ailes qui flanchent subitement. À beau vouloir planer — tel l'albatros — des élans restent cloués à l'immédiat, au mesquin, à la survivance. L'étrange chose qui m'anime veut me faire croire qu'il n'y a aucune échappatoire...

Même l'amour n'est plus qu'un jeu entre les amoureux et la solitude ; une sorte de petite causerie à la va-vite ! On s'aime, on se confond, on se dissout, puis on va en aimer d'autres. On croit qu'on cherche l'amour ; on s'imagine pouvoir aimer, ou plus simplement on évite ces questions. On se contente de la chair immédiate ; puis, de chair en chair, on fait le compte : quatre murs et un vide inébranlable.

Alors les gens s'érigent :

« Il n'y aurait donc pas de place dans une pensée, de mirage dans des yeux dévoués, de doux souvenirs pour une mémoire qui souvent dirait... — que peut-il bien faire en ce moment ? Combien de fois a-t-il ri aujourd'hui ? Parfois, l'on jouit de désirs violents, ou tendresses feintes ; volés puis regrettés de suite ; puis viennent les matins sans soleil, à passer son blues devant la télévision, dans un canapé immense, par des étés cuisants et des nuits d'amours imaginaires, troubles. »

La quête de l'autre et l'amour introuvable

Hélas, rien ne rapproche de l'autre, moitié tendre, qui quelque part ailleurs, peut-être, souffre les mêmes larmes que toi, ou s'étreint dans l'infini suspens d'un amant virtuel. Mais où donc peut-il être, cet infini suprême, que tant nous rêvons, sans jamais l'avoir connu ?

On rêve : de nos yeux à ses yeux, de nous dans ses songes, de nos sourires miroir à sa mélancolie ; de nos mains dans les siennes, convoitées par d'autres solitudes.

La condamnation à quêter indéfiniment

Nous sommes tous condamnés à quêter — je ne sais quoi. Il peut être doux de quêter indéfiniment ! Mais toutes les douceurs recèlent des relents d'amertume. Pour cela, que les amours passagères s'en aillent : ils nous coûtent plus de chagrin qu'ils ne nous procurent de tendresses.

Jouissons simplement de mille tendresses, ainsi que d'avoir aimé. Nos tendresses n'ont pas de prétention à l'éternité ; elles viennent, sachant qu'elles s'en iront tout à l'heure. Elles s'en vont, puis reviennent. Elles ne demandent rien, n'exigent rien ; elles sont là et s'en iront bientôt, comme le défunt dans une bière.

On se doute que peut-être, une fois le seuil de votre solitude franchie, elles ne reviendront jamais. On les côtoie sans calculs. Il me tarde de chérir mille tendresses, avant que la braise du temps ne me dépouille ; avant que la télévision ne m'étouffe d'ennui...

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pacôme.martin
Pacôme Martin @pacôme.martin
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