
Mon cœur s'est emballé. « Que m'arrive-t-il donc ? » C'était impossible. J'étais en couple, cela n'aurait pas dû m'arriver. Au premier regard, j'ai su que toi, le grand blond au look totalement dépassé et aux cheveux un peu longs, toi qui ne ressemblais en rien aux mecs pour lesquels je craque habituellement, tu allais être la raison de mes sourires et de mes tourments. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore...
J'ignorais tout de toi et pourtant... On a commencé à se connaître et j'ai tout quitté pour toi. J'avais le confort, j'ai préféré le risque. Tu es de ces hommes mystérieux et tu n'as jamais su ce que tu voulais. J'avoue avoir eu la prétention de croire que je pouvais être « la bonne ». Tu me laissais croire à cela. J'ai vite désenchanté. Mon obstination aura eu raison d'une partie de toi. Je dis bien une partie.
Quand tout a basculé : le bal de Noël
Tout s'est concrétisé au moment du bal de Noël. J'ai pris mon courage à deux mains et t'ai demandé de m'accompagner. Tu as accepté et là tout a commencé. Je ne pensais pas qu'une robe et un maquillage plus accentué qu'à l'accoutumée te feraient changer d'avis. « Tu es magnifique... Je regrette de ne pas t'avoir prise en photo... T'étais sublime princesse... » Autant de paroles qui résonnent encore dans ma tête. J'aurais aimé que tout reste ainsi.
Tu m'as donné rendez-vous quelques jours après. « J'ai envie de t'embrasser... » Comment avoir l'air cruche parce que cette phrase m'avait coupé le souffle ? J'avais la gorge nouée et je tremblais comme une feuille. Je crois avoir balbutié un « OK ». Puis tu m'as embrassée. Un baiser long, doux et tendre. Un instant magique. Mon cœur qui voulait sortir de ma poitrine.
Et puis tout est redevenu compliqué. « Tu sais j'veux pas qu'on sorte ensemble... Tu m'en veux ? » « Pauvre tâche ! Bien sûr que je t'en veux ! Tu crois quoi ?! » Voilà ce que j'aurais dû lui répondre et partir en courant. Mais à la place j'ai soufflé une sorte de « De quoi ?! Non j't'en veux pas. Je savais à quoi m'attendre. » Et je suis rentrée chez moi. J'ai pleuré.
Six mois d'une aventure à sens unique
Notre aventure a duré quelques six mois. Six mois pendant lesquels on avait une relation de couple, mais six mois au cours desquels tu m'as trahie. J'l'ai découvert malgré toi je pense. J'ai repris ma vie en main pour retrouver celui qui m'apportait un amour inconditionnel, un soutien à toute épreuve et un respect incomparable. Tu es tombé amoureux d'une autre... Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Tant pis. J'ai tenté tant bien que mal de t'oublier et j'ai réussi.
Jusqu'à ce jour dans le couloir, on s'est croisés. Putain de lycée trop petit... On a échangé une bise et quelques broutilles. Sauf que j'ai aperçu ton bras tailladé... Qu'aurais-je pu faire d'autre si ce n'est te demander pourquoi ?! Tu as esquivé la réponse prétendant être pressé. Puis un texto dans lequel tu racontais être déçu et malheureux. Texto que je n'ai pas compris mais que tu promis de m'expliquer au bal de fin d'année.
Le bal de fin d'année : un dernier rendez-vous
Bal de fin d'année. Bal de fin de cycle pour toi. Tu es arrivé en avance avec ta sœur. Elle est venue me parler. Maquillage, robe, collants, coiffure... On a fait le tour de ces balivernes avant que tu te décides à me rejoindre. « Tu es magnifique... Vraiment... » Boom boom... On t'a jamais appris à ne pas faire de compliments à une fille dingue de toi et qui est tout de même en couple ?!
Tu m'as allumé ma clope avec ton zippo. Comme si tu lisais dans mes pensées. Toi et ton beau costume noir super sexy qui m'allumes ma clope. Pfff, le septième ciel c'est ça ?! Puis on s'est isolé pour parler de toi. Tu m'as avoué que tu n'avais pas compris la distance que j'avais mise, on a parlé de ta nouvelle aventure et ton regard ne disait que « J'ai envie de t'embrasser... Comme avant... » J'ai fait mine de ne pas comprendre, c'était plus simple. On s'est promis de garder contact, on s'est enlacé et on s'est séparé.
Le jeu qui recommence
Les mois ont passé. On s'est parlé souvent, tu m'as manqué à la rentrée, on a ri et on s'est vu quelques fois. Jusqu'au jour où ton petit jeu a recommencé. On avait prévu de se voir. La pluie, chose rare pourtant chez nous, était au programme. Je t'ai appelé pour confirmer et te demander si on annulait en cas de pluie.
« J'irai jusque sous la pluie pour toi... On se voit samedi quoiqu'il arrive... » Il n'a pas plu ce jour-là. Il m'a invitée chez lui. Mais t'es folle ma fille ! Voilà ce que je me suis dit en m'entendant répondre « Oui pourquoi pas ? » On a ri, on s'est chamaillé comme au bon vieux temps et on s'est embrassé. Mais t'avais un copain pourtant ?! Oui je sais, mais le cœur a ses raisons que la raison ignore...
Quand les mots démentent le regard
Moi qui ne parle pas. Moi qui ne dit jamais ce que je pense. J'ai pris mon courage à deux mains et je me surprends à lui demander ce qu'il veut. Et c'est là que tout s'embrouille.
— J'veux plus jouer avec toi. J'veux quelque chose de simple. Mais toi qu'est-ce que tu veux ?
— Ben une relation épanouissante faite de simplicité et de petits bonheurs.
La conversation s'est arrêtée là. Je le « textoye ».
— Je te manque ?
— Je sais pas si c'est toi ou notre relation qui me manque. Je considère qu'on sait qu'on tient à quelque chose une fois qu'on l'a perdu.
— J'prends le risque alors.
— Ça sert à rien. Je sais que je ne t'aimerai jamais. Je peux pas te rendre heureuse. J'aurais voulu t'aimer mais je peux pas.
Comment veux-tu que je croie à tes foutaises quand tes yeux me disent le contraire ?! Il arrive un jour où la décision s'impose. Aujourd'hui il m'a perdue. Peut-être qu'il se rendra compte que je lui manque. Peut-être pas. Peut-être qu'il sera trop tard s'il s'en rend compte. Peut-être pas. Mais il existe toujours une part d'espoir en moi que je m'efforce de tuer.