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Relations

Ne me sauvez pas de l'oubli

Un texte poignant sur le deuil amoureux et l'attente douloureuse. Entre souffrance et espoir, l'autrice nous livre une lutte émotive pour se libérer et renaître.

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Je me réveille pleine de toi. Je te traîne toute la journée comme un boulet. Tu m'enchaînes. Tu me ligotes. Tu me prives de mes droits de vivre en liberté. Je ne vis qu'à moitié. Je survis. Je subis. Je regarde sans rien voir. J'écoute sans rien entendre. Mon cerveau n'a plus de répit. Cette douleur est irréelle. Pourtant je la sens, je la vis. Et elle continue. Elle se nourrit de moi. Et je ne dis rien. J'en veux à la terre entière. Et je ne dis rien. Je me réveille encore. Je suis encore là. Tu es encore là. Et j'ai toujours mal. Il n'y a plus personne. Rien que moi et moi. Tout autour de moi n'est plus que silence. Même le silence se tait quand tu pars. Je m'épuise à prévoir, à réfléchir, à écrire. J'évite d'attendre. Mais je continue à le faire. J'attends que ça recommence. Ou que ça finisse. J'attends demain en espérant revenir à hier. J'attends que tu reviennes ou que tu partes. Je m'attends à tout. Tout, pourvu qu'il se passe quelque chose. Pourvu que ça vienne de toi. Je n'avance pas. Je ne recule pas. J'en ai assez de cette situation où il n'y a ni vie ni mort. Où est-ce une mort sans deuil ? Mon imagination s'épuise à chercher des explications.

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Et puis j'avale ma peine, ma déception et mes espoirs. Ça fait beaucoup à avaler d'un coup. Je me donne du temps. À présent je veux te vomir. Te faire sortir. Je suis forte. Je peux résister. Non, je ne cherche plus la facilité. Cette fois je vais combattre. J'arrête de faire l'autruche. Je relève la tête et j'affronte la tempête. C'est forcément plus difficile que de la garder sous les draps et se morfondre. Mais j'y arriverai. Cette boule dans ma gorge, je l'avalerai. Et toi, je te vomirai. Sors de mes entrailles. Je me rends compte que tu es mon mal et mon remède. Je me console puisque je ne peux pas me guérir. Je continue à respirer dans le brouillard de ces jours incertains. J'évite de stagner. Ça ne peut pas être pire. Je n'ai que mon courage, ma patience et ma constance. Si je ne résiste pas, qui le fera pour moi ? Si je ne résiste pas, que pourrais-je faire d'autre ? J'ai foi. Aucun état n'est figé à jamais. Tout n'est que bougeversement. L'aube arrive toujours. Quoiqu'il tarde.

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Je suis vidée. Oppressée par toutes mes peurs et mes angoisses. Mes mots sont devenus vaporeux. Comme cette peine immatérielle, impalpable. Je voudrais la tenir entre mes mains, la posséder. Elle m'inonde. L'attente est pénible. L'attente de toi, d'un jour meilleur, d'une délivrance, de la fin de mon attente. D'un changement. Cette attente est muette, stérile et errante. Je lui en veux aussi.

Une petite voix me parle. Elle est douce et mielleuse. Elle porte en elle tout l'espoir du monde. Elle me sourit. Elle me tend la main. Elle me promet le sourire, la fin du brouillard. Je veux la croire. Elle essaie de me tirer. Mais l'évidence est beaucoup trop lourde cette fois. Et cette voix est vulnérable. Tellement fragile que le silence la fait taire. C'est le silence qui règne. Il fait la loi. Il est raisonnable. Elle est traîtresse. Tu me mens, petite voix. Je t'en veux de me donner de faux espoirs. Je t'en veux d'essayer de me tirer de là. Tu me rappelles que je suis à genoux.

Je suis en train de retirer ce couteau. Ma plaie, je n'ai que mes mains pour la panser. Je sourirai de bon cœur à nouveau. Je sourirai même en repensant à toi. Cette douleur me paraîtra absurde et ridicule. Je dirai avec conviction et connaissance de cause que tout n'est que question de temps.

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erza
erza @erza
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