
Le matin, elle se lève presque avant moi pour me préparer à manger. Elle fait le petit déjeuner habituel chinois (nouilles, etc.). Elle me l'apporte à l'hôtel. Je mange. C'est bon...
Dans la matinée, pendant qu'on est ensemble, je lui demande si elle veut aller se promener. Elle me dit « si tu veux ». Je lui demande où elle veut aller, elle me répond « où tu veux ».
À midi, je lui demande si elle veut aller manger au restaurant, au MacDo ou acheter à manger au traiteur chinois. Elle me dit qu'elle veut rentrer me faire la cuisine. Je lui dis que je préfère pas car je n'ai pas envie de rester sans elle pendant qu'elle prépare à manger. Elle s'imagine peut-être que je n'aime pas sa cuisine. Je l'aime moins que ce que je l'aime elle, mais j'aime plus sa cuisine que celle de n'importe quel restaurant. En fin de compte, on mange au restaurant ou au MacDo.
L'après-midi, je lui demande si elle veut regarder un film. Elle me dit « si tu veux ». Je lui demande quel film, elle me dit « celui que tu veux ». On ne le regarde pas, de toute façon...
Le soir, je lui demande pareil que pour le midi. Ça se passe exactement de la même façon...
J'habite Marseille, je viens la voir à Paris une semaine sur deux et pendant les congés. Je gagne à peine le SMIC. Le trajet et l'hôtel (plus la nourriture) me coûtent environ 400 euros par mois. Je ne regrette rien.
Vous savez pourquoi ? Parce que je l'aime.
Vous savez pourquoi ? Pas parce qu'elle est indécise, mais je l'aime pour tout le reste...
Pour moi, aimer, c'est ne pas savoir pourquoi on aime, mais c'est savoir ce qu'on n'aime pas chez celle qu'on aime... et aimer tout le reste.
Si vous vous réveillez un matin en vous demandant pourquoi vous l'aimez, ne cherchez plus : c'est que vous ne l'aimez pas.
Je ne me pose jamais ce genre de question. Je l'aime, je le sais, c'est tout. Le monde a tendance à toujours tout vouloir expliquer, mais je crois que la plus belle chose qui existe au monde a le droit de déroger à la règle. C'est notre raison de vivre, ou plutôt c'est pour cette raison-là que nous vivons encore.
Ne vous posez donc pas de questions. Aimez, aimez, aimez...
Wo ai ni juhua