
Mon amour,
Ce matin encore, à mon réveil, le vent a chanté cent fois ton nom. L'illusion d'une caresse fraîche et de ton souffle dans mon cou a flotté autour de moi comme un parfum persistant. Tu déchirais les flots de la mer de tes plus beaux horizons, m'apprenant avec patience et douceur à faire ce que l'on appelait « nous »... Avec toi, j'allais flâner l'aurore au clair de lune, défiant le temps et l'espace. Tu disais que, nichée au fond de mes yeux, l'étoile se berçait, éclairant mes pensées de sa lumière argentée... Tu me chantais doucement, pour m'endormir contre ton cœur défait, et tu voyais en moi les plus belles opales de brumes, ces reflets mystérieux qui te fascinaient tant.
Les souvenirs d'un amour indéfectible
Oui, mon amour, tu t'en souviens ? Nous étions heureux dans la froidure de février, main dans la main, à regarder les roses tomber... Jeune couple, preste et libre, marchant vers un avenir certain, faisant de ce jour un pas vers la fatalité... Nos rires se mêlaient au crépitement de la vie, et chaque instant partagé semblait suspendu dans l'éternité. Que nous étions beaux dans nos passions éphémères, brûlant de vivre sans jamais regarder en arrière, convaincus que notre histoire était gravée dans le marbre du destin. C'était une époque où tout semblait possible, où chaque regard échangé scellait une complicité sans mots, une promesse silencieuse de ne jamais quitter cet éden que nous avions construit.
Une promesse pour l'éternité
En t'écrivant ces quelques mots, je te rappelle que rien n'a vraiment changé : ce jour, c'était hier... et encore ce soir, je te regarde dormir, en me disant que tout trésor au monde mérite d'être observé, chéri et préservé. Ton calme face à l'orage m'apaise toujours autant. Demain matin, à ton réveil, le vent te chuchotera cette lettre, en ajoutant ces quelques mots : « Qu'il en soit ainsi pour l'éternité... » Car notre amour ne connaît ni le temps ni l'oubli, il demeure ancré dans ce présent éternel où nous sommes l'un pour l'autre.
Je t'aime,
Celle que tu appelles « La gente damoiselle »...