
Comment j'ai découvert mon homosexualité
Mes parents ont fait de leur mieux pour m'élever, j'en suis consciente et je les remercie pour toute leur bonne volonté. Mais ils ont fait une erreur : ils ont tellement voulu me protéger que j'ai dû apprendre par moi-même, et j'ai eu mal. Je ne me souviens plus si j'ai été attirée par une fille à ce moment-là, mais c'est à 13 ans que je me suis rendue compte que j'étais homosexuelle. Avant, j'étais sûre que l'homosexualité n'était qu'une blague, une fiction qui ne se déroulait qu'à la télé. Mes parents ne m'en avaient jamais parlé.
J'ai donc pris les choses en main et, pour me rassurer, j'ai lu des magazines comme OK Podium ou ce genre de lecture qu'on dévore à 13 ans. J'y ai lu que ce n'était qu'un sentiment courant à mon âge, parce que je passais tout mon temps avec des copines et qu'avec l'éveil de la sexualité, ça me faisait croire que j'étais attirée par les filles. Des foutaises. Mais je m'y suis accrochée, et plus le temps passait, plus je me disais que je n'en avais plus pour longtemps, que bientôt j'allais me trouver un petit ami, et que ce ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
La douleur de l'acceptation
Et un jour, il y a 10 mois, j'ai pris conscience que j'étais bel et bien homosexuelle. J'ai eu mal, et j'ai eu peur. Au lieu d'en parler, j'ai commencé à m'automutiler. J'en ai encore des traces sur les bras. Je prenais un couteau, des ciseaux, un coupe-papier, bref n'importe quoi, et je l'enfonçais jusqu'à ce que ça saigne suffisamment. Je voulais que mon corps montre à quel point j'avais mal à l'intérieur, et je voulais faire mal à ce corps qui n'était pas « normal ». Sans l'aide d'une amie, elle aussi lesbienne, jamais je ne m'en serais sortie.
La peur du regard des autres
Si j'avais été seule, je pense que ça n'aurait pas été si difficile, mais il y a mes parents : comment vont-ils réagir en apprenant que leur fille est lesbienne, qu'ils n'auront jamais de gendre ni de petits-enfants ? Je ne veux même pas y penser. Aujourd'hui, je vais mieux, et je suis même tombée amoureuse, mais presque personne ne le sait, parce que si moi je suis prête à l'assumer, elle ne le peut pas encore.
Un appel au respect
Alors voilà, je n'ai pas choisi d'être lesbienne. Ma vie aurait été tellement plus facile si j'avais été hétéro. Alors, vous les homophobes, arrêtez : j'ai suffisamment de difficultés comme ça à m'accepter sans que vous en rajoutiez. Ce que je veux maintenant, c'est un peu de bonheur, juste ce qu'il faut pour vivre.