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Relations

Lettre à ma chérie

Deux lettres d'amour passionnées d'une femme à une autre femme, explorant les facettes de l'identité et du désir au fil de vers poétiques et touchants.

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Ma Très-suave, ma Bien-Aimée unique et merveilleuse, mon acte a été pour moi une pluie de regrets, de remords, mais surtout de chagrin. Tu te souviens encore, ah ma douce, combien je t'aime et ne puis te laisser.

Je souffre longuement, âprement, de tout ce qui nous sépare l'une de l'autre alors que mon âme n'est plus qu'un élan aveugle, qu'un élan éperdu vers toi.

Je fus cruelle, je t'ai meurtrie, mais je t'aime violemment, impatiemment, parce que je souhaiterais te posséder loin de tous et pour l'éternité.

Ma fleur miraculeuse, je suis ivre à jamais de ton parfum. Rien ne me guérira jamais de toi. Je n'ai plus qu'un désir hallucinant, mortel : te revoir, te reprendre, et te montrer combien je t'aime.

Il ne faut pas que tu m'oublies. Tu m'appartiens autant que je t'appartiens, ma bien-aimée, par mon droit de conquête — et parce que je te veux pour toujours. Je veux être non seulement l'amante de ton corps, mais l'amante de ton âme mystérieuse. Je veux te faire mienne par le charme et la douleur de l'amour que tu m'as fait ressentir.

Car nulle n'est aussi belle que toi. Nulle ne possède tes incomparables yeux aux ténèbres chaudes, de désirs et de langueur. De t'avoir possédée, il me reste dans l'âme un émerveillement farouche et presque douloureux.

Ah, je t'aime. Ah viens ! Tu sais que je t'attends et que... Bientôt peut-être je viendrai te chercher...

Ah ! Mon cœur ! Si j'étais androgyne

Je monterais à cheval avec cape de velours
Et chapeau à plume aux couleurs de 1900.
Je m'inclinerais devant toi, ma toute Douce,
Un bouquet de roses et de violettes à la main,
Et je te chuchoterais à l'oreille, ma Dulcinée :
« Le preux Chevalier, c'est moi ! »

À défaut de me prendre au sérieux
Me tendras-tu au moins les bras ?
Peut-être me trouveras-tu quétaine,
Mais que m'importe ! Je t'aime !

Ah ! Mon cœur ! Si j'étais fem

Je t'offrirais la chair brûlante de mon ventre ;
Et le creux de mes reins serait un nid tapissé
De plumes et de velours où reposerait ta tête,
Puis doucement s'y attarderaient tes caresses.
Et je te chuchoterais à l'oreille, ma tendre Amazone :
« Aime-moi jusqu'à ce qu'éclate en toi mon plaisir ! »

À défaut de me prendre au sérieux
Me prêteras-tu au moins tes mains ?
Peut-être me trouveras-tu dérangée,
Mais que m'importe ! Je t'aime !

Ah ! Mon cœur ! Si j'étais butch

Je te montrerais la cicatrice profonde et encore vive
De mon âme bafouée mais fière qu'on a tant raillée
Pendant mes longues campagnes de cape et d'épée.
Et je te chuchoterais à l'oreille, ma belle Amour :
« Laisse-moi désirer violemment ton plaisir
Jusqu'à ce que se noie en toi toute ma folie ! »

À défaut de me prendre au sérieux
Me donneras-tu au moins tes seins ?
Peut-être me trouveras-tu insensée,
Mais que m'importe ! Je t'aime !

Ah ! Mon cœur ! Quelle importance que je sois...

Androgyne, fem ou butch suivant les circonstances !
Que je m'écorche la peau parfois jusqu'à l'os,
Soit pour la noircir ou soit pour la blanchir !
Mon vrai visage n'est-il pas celui de moi-même !
Et je te chuchote à l'oreille, mon Ange :
« N'est-ce pas déjà un miracle que tu sois là ? »

À défaut d'être humaine parmi les étoiles
Me prendras-tu enfin au sérieux ?
Nul doute que je sois unique en mon genre,
Mais qu'importe donc puisque je t'aime !

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boubouh91
Bouh Bouh @boubouh91
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