
Et quand, alors qu'on pense avoir touché le fond, arrive le déclic. Soit tu crèves, soit tu te relèves. L'origine de ce déclic n'est pas déterminée a priori ; elle est multiple et différente pour chacun. Chez moi, il correspond à un moment tellement fort... à une soudaine plénitude intérieure, une impression de totale harmonie entre la musique, moi, et ces bribes de phrases interceptées de ci de là. Ne vous est-il jamais arrivé de vous effondrer sur votre lit, un soir que vous rentrez d'une journée particulièrement éprouvante ? Un bras mollement posé sur votre cœur qui n'en peut plus et une jambe qui dépasse du matelas ? Dans ces cas-là, on fait un effort qui semble surhumain et on allume la chaîne hifi qui diffuse alors une musique reposante et calme. Une musique qui vous touche, qui vous prend sauvagement les tripes et les retourne. Durant un instant, le temps semble comme suspendu. On est bien là, et on n'a pas envie de se laisser embêter par quoi que ce soit, ah ça non, on n'en a pas envie. Et pourtant, on se met à repenser à ces petits trucs qui nous tracassent. Oui, l'autre, là. « Et pourquoi est-ce que je l'aime d'abord ? Hein ? Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ? Et puis de toute façon, il ne veut pas de moi. Enfin il ne veut pas de moi, il ne veut plus de moi. Pourquoi alors, pourquoi hante-t-il encore mes jours comme mes nuits ? Il y a 6 milliards de cœurs qui battent dans ce monde. Ça fait beaucoup pour me focaliser sur un seul, un seul tout petit cœur qui ne bat même plus pour moi. » Et dans le même temps que me viennent ces pensées libératrices résonne la musique apaisante, reposante, et le rythme marqué par les tambours, générant d'innombrables « Boum. Boum. Boum. » comme autant de cœurs qui battent. Et parmi tous ceux-là, quelque part, il y en a un autre qui m'attend.