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Relations

Le grand huit de l'Amour

L'amour a un penchant pour le grand huit : il te propulse près du ciel ou te fait plonger. Il faut avoir le cœur bien accroché. Peut-être que c'est ça qui fait sa force.

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J'étais lui. Je pensais à lui, je rêvais de lui... Je dormais lui, je mangeais lui. Chaque lever de soleil m'apportait son lot de questions, plus torturantes les unes que les autres. Pensait-il à moi en se réveillant ce matin ? Peut-être. Est-ce que j'occupais son esprit plusieurs fois par jour ? J'espérais... Et est-ce qu'il m'aimait ? Qui sait, le rêve reste encore l'une des seules choses non interdites après tout. Mais que ces phrases m'étaient devenues insupportables ! Sans cesse l'impression d'être bouffée de l'intérieur, et de plus en plus celle de perdre ma liberté au profit de cet amour impossible et, plus que tout, au détriment de ma vie à moi. Parfois, je me regardais dans la glace et m'entendais dire : « Ma vieille. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? Réveille-toi un peu ! Allez, toute cette histoire dure depuis trop longtemps. Fais quelque chose, bordel ! » Haha. Mais comme on dit, facile à dire... Et souvent irréalisable. À vrai dire, le plus dur dans l'amour, c'est que celui-ci a un trop grand penchant pour le grand huit. Le grand huit de l'amour, capable de te propulser là, tout proche du ciel ! Mais qui peut tout aussi bien te faire plonger, te retourner la tête dans tous les sens, rendant impossible tout jugement raisonnable. Faut avoir le cœur bien accroché, ça c'est sûr. Peut-être que c'est ça qui fait sa force aussi, à l'amour. Sans doute, en fait.

Et quand, alors qu'on pense avoir touché le fond, arrive le déclic. Soit tu crèves, soit tu te relèves. L'origine de ce déclic n'est pas déterminée a priori ; elle est multiple et différente pour chacun. Chez moi, il correspond à un moment tellement fort... à une soudaine plénitude intérieure, une impression de totale harmonie entre la musique, moi, et ces bribes de phrases interceptées de ci de là. Ne vous est-il jamais arrivé de vous effondrer sur votre lit, un soir que vous rentrez d'une journée particulièrement éprouvante ? Un bras mollement posé sur votre cœur qui n'en peut plus et une jambe qui dépasse du matelas ? Dans ces cas-là, on fait un effort qui semble surhumain et on allume la chaîne hifi qui diffuse alors une musique reposante et calme. Une musique qui vous touche, qui vous prend sauvagement les tripes et les retourne. Durant un instant, le temps semble comme suspendu. On est bien là, et on n'a pas envie de se laisser embêter par quoi que ce soit, ah ça non, on n'en a pas envie. Et pourtant, on se met à repenser à ces petits trucs qui nous tracassent. Oui, l'autre, là. « Et pourquoi est-ce que je l'aime d'abord ? Hein ? Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ? Et puis de toute façon, il ne veut pas de moi. Enfin il ne veut pas de moi, il ne veut plus de moi. Pourquoi alors, pourquoi hante-t-il encore mes jours comme mes nuits ? Il y a 6 milliards de cœurs qui battent dans ce monde. Ça fait beaucoup pour me focaliser sur un seul, un seul tout petit cœur qui ne bat même plus pour moi. » Et dans le même temps que me viennent ces pensées libératrices résonne la musique apaisante, reposante, et le rythme marqué par les tambours, générant d'innombrables « Boum. Boum. Boum. » comme autant de cœurs qui battent. Et parmi tous ceux-là, quelque part, il y en a un autre qui m'attend.

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schmetterling @schmetterling
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