
Qu'est-ce que le flirt ? Définition et signification
Selon le dictionnaire, le verbe « flirter », d'origine anglaise, signifie « entretenir des rapports sentimentaux souvent superficiels ». Cette définition laisse à désirer. D'abord, parce qu'on y parle d'entretenir, alors qu'il s'agit bien souvent de créer ou de commencer quelque chose.
Ensuite, on évoque des rapports sentimentaux, alors que toute la gamme des relations interpersonnelles peut faire l'objet d'un flirt. On peut flirter avec un client pour le convaincre d'acheter, avec un serveur pour obtenir une bonne table, ou même avec un inconnu pour briser la glace — et peut-être engager une relation d'amitié ou d'amour durable.
Comment fonctionne le jeu du flirt ?
Flirter, au sens où nous l'avons défini — c'est-à-dire comme une façon d'établir un contact — se présente sous la forme d'un jeu.
Il est des occasions où ce jeu est manifeste. Par exemple, lors d'une réunion sociale, un homme et une femme qui ne se connaissaient pas quelques heures plus tôt échangent plaisanteries, propos badins, regards et petits gestes d'approche, tantôt tendres, tantôt humoristiques.
Pour tous les observateurs, il est clair qu'une forme de flirt est en cours. Pour les acteurs eux-mêmes, la perception de la situation peut s'avérer bien différente, notamment en ce qui concerne les buts poursuivis. L'un des deux fait peut-être des projets à long terme, tandis que l'autre se contente de passer une soirée agréable en bonne compagnie.
Il se peut aussi que les deux protagonistes partagent un même objectif. Mais ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'ils acceptent tous deux de jouer le jeu, peu importe leurs motivations respectives.
Les règles implicites à respecter
Plaire semble être la première règle du jeu. On ne cherche pas nécessairement à montrer à l'autre qui l'on est vraiment, mais plutôt combien on peut s'avérer agréable, sympathique, spirituel, voire franc et honnête quand on s'en donne la peine.
Une autre règle implicite consiste à ne pas aller trop loin, à ne pas forcer le jeu. La personne qui en fait trop finit tôt ou tard par jouer seule. C'est le cas de celle qui devient progressivement envahissante, soit parce qu'elle se livre trop vite, soit parce qu'elle pénètre trop rapidement l'intimité de son interlocuteur.
C'est aussi le cas des personnes dont les angoisses et les problèmes personnels tranchent avec l'ambiance de la soirée : « Vous aimez les réunions de ce genre ? Moi, je trouve ça tellement faux, tellement artificiel... » La litanie se poursuit et le flirt prend fin. Les personnes angoissées ont toujours du mal à trouver des âmes sœurs pour partager leurs tourments...
En revanche, lorsque le ton reste en accord avec l'atmosphère du moment, le flirt peut se poursuivre, avec ou sans conséquence, pour le plus grand plaisir des participants.
Le langage corporel dans le flirt : signes à décoder
La plupart des gens, lorsqu'on évoque le flirt, pensent à ces bavards mielleux qui débitent sans relâche des phrases creuses, censées être spirituelles. La parole est certes un élément important du flirt, mais d'autres composantes sont tout aussi essentielles au jeu.
Le regard : un rôle clé dans la séduction
Le regard et, de façon générale, tout ce qui touche aux yeux jouent un rôle de premier plan. Les enfants, par exemple, apprennent très tôt à utiliser un regard naïf, langoureux, attendrissant ou franchement « mouillé » pour susciter des sentiments propices à leurs desseins.
Les adultes peuvent exprimer par leur seul regard, parfois avec beaucoup de subtilité, toute la gamme des sentiments : antipathie, sympathie, chaleur, distance, amusement, contrariété, incrédulité. Tout se joue au rythme des battements de paupières, des mouvements de l'iris, de la dilatation ou de la contraction de la pupille.
Il est également possible de manifester explicitement, par les yeux, qu'on ne désire pas entrer en contact avec une personne : il suffit de ne pas la voir. Peu de gens restent insensibles au message d'un interlocuteur voisin qui pose son regard partout... sauf sur eux.
La bouche et les expressions faciales
La bouche, au-delà des paroles qu'elle prononce, s'exprime aussi de multiples façons au cours d'un flirt. Sourires, rires, moues, sifflements, onomatopées, lèvres pincées, plissements des commissures, grimaces : autant de messages qui prennent tout leur sens en situation.
Les mouvements et le port de la tête, combinés au regard, constituent également des éléments importants du dialogue. La tête qui s'approche et se penche légèrement dénote généralement de l'intérêt ou un certain degré de confiance. À l'inverse, si la tête de l'interlocuteur se relève et se raidit, il est clair que la conversation l'ennuie ou, à tout le moins, le laisse indifférent.
La posture : signes d'ouverture et de fermeture
Les positions des épaules, du tronc, des bras et des mains font aussi partie du langage corporel lors d'un flirt. Il existe une infinité de variations, mais on peut réduire cet ensemble à trois types : les positions d'ouverture, de fermeture et, par moments, de demi-ouverture ou « ouverture réservée ».
Ainsi, la personne qui croise les bras sur sa poitrine, enfouit ses mains sous ses aisselles ou détourne le tronc de son interlocuteur se place en position de fermeture. Elle peut bien arborer le sourire typique des publicités de dentifrice : on peut être certain qu'elle n'est pas à l'aise et que quelque chose en elle se sent menacé ou contrarié.
À l'inverse, la personne dont les mains et les bras se trouvent de part et d'autre du corps plutôt que devant, et qui avance le tronc vers son interlocuteur, est probablement très à l'aise dans la situation de flirt. Elle ne craint ni menace, ni contrariété.
Le haut du corps : zone privilégiée du flirt
En fait, les principaux instruments corporels du flirt, tels que pratiqués par la majorité des gens, se situent dans le haut du corps, c'est-à-dire au-dessus de la ceinture. Cela reflète le fait qu'on recherche habituellement à établir un contact intellectuel ou sentimental avant tout.
Le cas contraire correspond au stéréotype de la prostituée ou du chanteur « macho » : c'est alors par la démarche, le roulement des hanches et un certain type de vêtements mettant en valeur la zone génitale qu'on cherche à « flirter » avec son public. La provocation sexuelle devient alors manifeste.
Flirt et séduction : quelle différence ?
Il peut s'agir d'une simple question de mots, mais une différence importante distingue le flirt de la séduction. Un flirt établit un premier contact, généralement superficiel. Il peut éventuellement mener à une liaison amoureuse, à une amitié sincère, à l'obtention d'un avantage ou, comme c'est souvent le cas, à rien du tout — sinon au plaisir d'avoir passé un moment agréable.
Il s'agit alors d'une parenthèse qui dure parfois une soirée, parfois quelques jours. Dans tous les cas, ce n'est pas au moment d'un flirt qu'on approfondit sa connaissance de l'autre et qu'on investit une part importante de son émotivité.
Enfin, s'il arrive, assez rarement dans l'ensemble de la population, qu'un flirt débouche sur des rapports sexuels, ces ébats n'ont jamais l'intensité émotive et affective des relations intimes entre personnes qui partagent un lien profond.
Les caractéristiques de la séduction
Dans une tentative de séduction, au moins un des partenaires nourrit une intention amoureuse. Dans un premier temps, la séduction peut comporter une période de flirt. Mais la relation établie au cours de ce premier contact s'approfondira au fil du processus de séduction, si les deux partenaires s'entendent pour jouer à ce nouveau jeu.
Il existe des séductions qui durent quelques jours, quelques semaines, quelques mois, voire parfois des années. Il est toutefois rare de se séduire en quelques heures, à moins de vivre ce qu'on appelle un « coup de foudre ».
Séduire, c'est franchir une à une toutes les distances qui séparent deux êtres. C'est découvrir le charme profond, les éléments importants de la personnalité de l'autre, et s'apercevoir que cela nous plaît. C'est se montrer tel que l'on est, au-delà des artifices de la coiffure, du vêtement et du maquillage.
Bien sûr, comme dans le flirt, la séduction comporte une part de parade, d'étalage de ses avantages et qualités. C'est la partie conventionnelle du jeu. La partie moins conventionnelle, c'est celle que l'on imagine ou crée pour bien faire comprendre à l'autre qu'on partage une même « longueur d'ondes ».
On ne s'habille pas nécessairement au goût de son interlocuteur lors d'un flirt. Quand on veut séduire, on essaie d'y parvenir. On fait rarement des « folies » dans le cadre d'un flirt. Dans un processus de séduction, on est toujours prêt à tout.
Les limites du flirt : quand le jeu devient harcèlement
Un flirt peut s'avérer un jeu anodin et plaisant lorsque deux personnes conscientes et consentantes s'y adonnent. Mais le flirt est également au cœur de bien des déceptions, querelles et malentendus.
Il y a d'abord le cas de la personne qui flirte à gauche et à droite lors d'une soirée pour susciter les sentiments les moins nobles de son conjoint ou de sa conjointe. Si telle est l'intention, on peut qualifier ce comportement de peu respectueux envers ses semblables — qu'il s'agisse du partenaire ou des personnes avec qui l'on flirte.
Il y a aussi la personne qui tente avec insistance de flirter avec des gens qui ne sont pas intéressés à jouer le jeu. Elle fait alors figure de trouble-fête et chacun la fuit comme la peste. Souvent, ce type de personne ne comprend pas le caractère anodin du flirt. Elle y met des intentions manifestement sexuelles et s'étonne que personne ne veuille jouer avec elle. L'alcool et la fatigue aidant, elle devient de moins en moins subtile dans ses approches et son comportement atteint rapidement les limites du harcèlement sexuel.
L'importance de l'intention dans le flirt
D'ailleurs, l'intention du flirt est la source de bien des réticences et de bien des malentendus. Certaines personnes hésitent à s'engager dans un jeu qui les attire, parce qu'elles s'inquiètent de l'intention de l'autre ou de celle qu'on leur prêtera.
Dans la plupart des cas, l'intuition n'est pas mauvaise conseillère, d'autant plus qu'elle est généralement nourrie par l'observation inconsciente de gestes imperceptibles, d'intonations particulières, d'attitudes corporelles qui trahissent fatalement l'intention réelle de l'autre.