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Relations

La complainte sirupeuse d'un gerbi intensif

Une réflexion intime sur l'amour qui s'effiloche, l'absence qui transforme, et la quête douloureuse de soi à travers la rupture. Entre espoir et désillusion.

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Que s'est-il passé ? Que s'est-il passé pour en arriver là ?

Je crois commencer à ne plus l'aimer, comment l'expliquer ? Elle ne me manque plus. Serai-je insensible ? Ou peut-être me suis-je tellement dit de rester forte durant son absence qu'en réalité je m'en suis complètement détachée... ? Peut-être la déception est-elle telle que je commence à douter. À douter fortement de notre devenir. Douter même de mes propres sentiments à son égard. Depuis qu'elle est partie, je me sens forte, je me sens moi. Est-ce réellement un mal ? Qui le saurait vraiment ?

Il n'y a ni blanc, ni noir et ces nuances, ces belles nuances font le tout du monde.

Je l'aime ou ne l'aime pas.
Je l'aime encore, ou ne l'aime plus.
Plus vraiment, plus autant.
Ou peut-être différemment : détachée, résignée, sans attente.

— Comment je l'aime ?
— Comment ne pas l'aimer ?
— Comment ? Je l'aime ?

Autant de questions sans réelle réponse à ce jour ; quelques jours à peine, quelques jours et... Le vide.

Peut-être est-ce seulement l'attente, l'attente que l'on a d'une personne... Et ses réactions opposées, si contradictoires à ce à quoi on s'attendait. Et donc, cette déception, déception qui fait le tout, donne une nouvelle image à cet être si beau autrefois... Et si... Triste... Si... Mort... Aujourd'hui.

Plus aucune attente, plus aucun désir, l'autre n'est plus rien... Et l'on « revit » enfin.

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Mais Elle, elle était tout.

Elle n'était pas là, pas là quand il était temps. Quand il était temps qu'elle rentre... Dans mon cœur, se blottir contre moi, en moi, et me faire simplement croire au bonheur possible... Que la vie est belle et que finalement tout est simple et logique. Mais cela est-il seulement possible ? Vivre et mourir sans aucune appréhension ? Oser vivre, ne pas avoir peur de mourir... Tout cela paraît si pur, si simple, si Vrai. Mais... Est-ce seulement à notre portée ?

On est trop souvent influencé par « les autres », ceux qui vivent en nous, comme nous vivons probablement en eux... Mais trop logiquement : pas de la même manière.

Une amie peut se révéler amante et une amante, amie. Et parfois ce doux mélange se désintègre par la distance... Distance physique, se résumant parfois à « Distance » tout court. Dans les actes, dans le cœur.

Alors on sublime... Pour y croire encore, pour pardonner au cas où. Mais l'on sait trop bien, que la brèche entrouverte, malgré les efforts, ne se refermera jamais. Car le cœur peut pardonner, mais la mémoire demeure. Et dans les passades difficiles, le sujet sera toujours, irrémédiablement évoqué en fond de discussion.

Alors on s'attache malgré tout, mais en vain. On le sait mais on persiste. L'amour est trop fort, mais on souffre.

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On ne peut donc pas être heureux. Rien n'est parfait, tout est faussé. Rien n'est donc vrai. Seule la vision que nous en avons, fait cette réalité. La réalité n'existe pas. Nous ne vivons pas, nous mourrons un peu plus chaque jour... Croyant vivre, au contraire. C'est tellement bête, c'est tellement « humain ».

Alors on se fait vivre, on s'invente soi-même. On s'invente soi, pour y croire, pour exister, pour faire comme les autres : « les gens sans problème » qui... Rient aux terrasses des bars, qui vivent pour eux et pas dans l'ombre de quelqu'un... Et puis, on tente de reproduire ce modèle, on s'amuse à croire que l'on est seul, à croire que l'on contrôle, mais on ne contrôle rien : on se laisse emporter par le flot des paroles prononcées, on déblatère des sornettes, et on se laisse aller... Juste pour ce besoin physique, ce toucher si doux, celui que l'on croyait avoir oublié, celui que l'on voulait retrouver. Celui que l'on rêve chaque soir, celui qui nous réveille la nuit, celui qui nous fait rire quand on se rend compte que l'on a roulé une pelle à son oreiller, celui qui fait mal... Quand on se rend compte que la seule personne avec qui on le voulait, n'est pas disponible pour l'instant. Comme un répondeur sur lequel on n'ose jamais laisser de message. Juste parce que l'on a besoin de parler sur l'instant. Pas en différé.

Alors on change de destinataire par défaut. Même si ce n'est pas ce qu'on voulait, alors on culpabilise car ce n'est pas la bonne personne avec qui on a partagé cette intimité là. Et l'on SAIT que l'on a déçu, que l'on a heurté cet autre. Cet alter-ego que l'on a oublié égoïstement, juste parce qu'on avait besoin de « direct », de « grand frisson »... Alors qu'en réalité, cela avait été tout autrement.

Désir inassouvi, désillusions... Et une alliance bafouée pour rien. Juste parce qu'on a voulu vivre, juste parce qu'on a voulu croire, juste parce qu'on avait un besoin, un besoin d'amour, de reconnaissance... Mais au final, on n'a rien gagné, voire tout perdu.

La vie n'est pas une pute.

Moi, oui.

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bidoop
bidoop @bidoop
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