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Relations

L'odeur de la mort

Un jeune cadre revit le drame du 11-Septembre depuis le 152ème étage. Face aux flammes, il fait un choix fatal. Une histoire poignante de sacrifice et d'espoir transmise à sa fille.

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Un matin ordinaire au 152ème étage

J'habite dans un rêve au coin de la 63ème Rue, jeune cadre diplômé. Mes bureaux sont dans un gratte-ciel. Ce matin, je suis de très bonne humeur.

Nous sommes le 11 septembre. En quittant la maison, j'ai laissé ma vie derrière moi. Sans même le savoir, j'embrasse ma fille pour la dernière fois. Comme toujours, je dis bonjour à la femme de ménage en ouvrant mes bureaux du 152ème étage. Je suis le boss, celui qui parle au bout de la table, j'en suis très fier. Il est huit heures et bientôt ma fin...

Brûler ou se jeter dans le vide : le choix impossible

J'ai entendu un bruit impossible à décrire en une seconde, de la fumée dans les yeux et dans le ventre. Triste choix : brûler dans le feu ou se jeter dans le vide ?

J'ai levé les yeux vers le ciel puis j'ai opté pour le vol plané du 152ème. Ce que vous voyez à la télé, moi je l'ai vécu. Alors je prie pour que Dieu nous protège. Je rêve de revoir mon pays, mes amis du bon vieux temps.

Sous les décombres : la lutte pour survivre

En deux minutes, le gratte-ciel de 152 étages était détruit. J'étais parmi les survivants, mais sous les décombres, on commence à manquer d'oxygène. Je crois que c'est la fin. Tous les rêves que j'avais construits depuis ma jeunesse se sont évaporés aujourd'hui. J'avais perdu l'espoir de revoir mon pays une dernière fois.

Soudain, j'ai entendu une vieille amie. Qui aurait cru que je la trouverais ici, maintenant, après l'avoir cherchée toute une vie ? Je voudrais tellement la sauver, lui tendre la main, lui dire combien je sais qu'elle souffre.

Hélas, je n'ai pas pu lui dire ces derniers mots à cause de mes blessures, mais j'imagine encore son visage, ses cheveux, les beaux jours au lycée. Entre toutes ces pensées, j'ai entendu une voix d'un diable rouge, tout à fait beau comme un ange. Il m'a pris dans ses bras. J'ai lâché la main de la personne que j'ai aimée au fond de mon cœur.

L'adieu d'un père à sa fille

C'était le mot de la fin. J'ai senti mon corps faire ses adieux à son âme. J'ai senti mes blessures me quitter et j'ai su que j'étais devenu un ange...

Main dans la main, nous les larmes d'hier et vous l'espoir de demain pour réaliser le rêve de ce monde. Maintenant, ma seule raison d'être, c'est de voir le mot de la fin, ce mot qui m'a rendu un diable. Je veux le voir mourir comme il m'a tué. Je veux le voir brisé, que le diable l'emporte. Je suis le veuf d'une traînée qui n'est pas encore morte. Pardonnez-moi de rire, mais j'imagine ce type enveloppé dans sa détresse extrême. Oui, car ses doigts sont des couteaux, ses yeux des lance-flammes. Pourquoi as-tu tué mon rêve ?

Alors main dans la main, on lance la fin, la fin des pirates de nos rêves alors que le diable l'emporte. Ah ! J'avais oublié moi aussi. J'étais obligé d'être un diable pour voir les larmes de ma fille, pour qu'elle sente ma présence. Je t'aime ma fille, n'oublie jamais cela, car tu es mon seul espoir dans cette sombre vie. Peut-être que je suis encore sur terre, mais seul l'enfer me sera offert...

En te regardant pleurer, je sens la perte de ma vie, car je n'avais pas su qui j'étais.

Je ne vous ai pas dit que j'ai trouvé l'âme de l'amie du 11 septembre. On commence à vivre notre dernière chance, en nous rappelant qu'on était jeune et qu'on n'avait pas la haine, en sachant qu'après 10 ans, certains manquent à l'appel de nos cœurs. Un peu plus tard, on aura notre ville comme soutien. Soudain, je sais d'où je viens, car le goût de flingue n'a pas quitté cette vie diabolique. Je ne pourrai jamais trouver un autre arbre de ma vie, car tu es mon histoire. Je t'aime ma fille. Ça serait bien de passer l'éponge. Désolé de ne pas pouvoir te souffler tes 18 bougies. Si seulement je pouvais te manquer à cet instant.

Signé ton père, le fils du diable rouge...

La rancune d'une fille orpheline

Oui, mais en formulant ce souhait, il n'avait pas su que la rancune commence à trouver sa place au fond du cœur de sa fille. Il avait besoin de croire cette image : « qu'après la pluie, le beau temps ». Mais le problème, c'est qu'après la pluie, la tempête approche...

Elle avait au fond d'elle un besoin de voir le destin qui l'a privée de voir son père. Elle avait toujours eu le mal de la mort qui lui a volé un père en une seconde. Oui, elle avait toujours cette image, l'image qui l'a privée de vivre chaque minute en paix. Elle avait besoin d'entendre les mots de son père, les mots qui l'obligent à être quelqu'un de bien et de réaliser tous les rêves, car le plus grand crime du monde, c'est de rater cette occasion que la vie nous donne. Oui, pouvoir dire à un petit enfant « ta mère a réalisé l'impossible », ce n'est pas facile, mais en même temps ce n'est pas impossible. C'est vrai que la vie parfois nous blesse tant, mais le plus important, c'est d'atteindre le but.

La tragédie du métro : quand la haine se consume

Elle a tout jeté en l'air. C'est vrai qu'elle a réussi à réaliser tous les rêves d'enfance, mais le problème, c'est sa nouvelle raison d'être et de réussir. Elle ne fait pas ce travail pour dire « enfin j'ai réalisé mes rêves, enfin j'ai le Moi ». Non, car après deux ans, la même histoire se refait : des innocents perdent leur vie au fond du métro de la rancune. Tout cela paraît inquiétant, mais le problème, c'est qu'au fond de ce train, la fille du 11 septembre a trouvé sa fin en tuant ces gens qu'elle croit derrière la mort de son père... Et c'était la plus tragique fin que ce monde ait jamais vue. Oui, c'était la fin qui a libéré le fils du diable rouge, ce dernier qui essaiera de changer cette vie et créera un monde meilleur, sans arme, sans larme, sans peine et sans guerre...

Le sacrifice ultime pour un monde meilleur

Il avait au fond de lui la haine qui a troublé son âme, mais au fond de ses croyances, il avait su que le prix de ce sacrifice serait sa liberté, lui et sa fille. Il avait su que chaque seconde de retard, le prix serait la condamnation de sa fille...

Chaque soir, la voix de son ami lui trouble le cœur :

« Suis ton chemin,
Écoute la voix du destin,
Et prends ton courage à deux mains,
On n'est pas devant,
On prend la vie comme elle vient,
Même si on doit en souffrir,
On peut tout en guérir,
Il ne faut jamais baisser les armes,
Même si tu passes du rire aux larmes,
Pense toujours au futur,
La vie est pure,
Alors chaque jour il faut te battre,
Et ne te laisse jamais abattre,
Car la vie c'est fait pour cela,
Même s'il y a des hauts et des bas... »

Oui, c'étaient les mots qui le bousculaient la vie. C'est vrai que le regard face à face à la vie ne donne le sentiment que la rose ne pourrait jamais se trouver là. Alors c'était dur pour lui de laisser tomber. Alors il fit un accord au diable dont il lui donne son destin, sa vie, son corps afin que la vie, la rose, l'amour, sa fille, trouvent la paix au fond de ce monde qui ne donne pas de cadeaux. Au moment où il embrasse l'enfer, il avait su que c'est son sacrifice pour ce monde. Il a sauté au bout du feu qui brûle son âme : « que cette vie puisse trouver la rose du destin... »

Une lettre tombée du ciel

À ce moment-là, une fille ouvre ses yeux et regarde la vie que son père a créée pour elle.

À cet instant, une lettre tomba du ciel afin de dire :

À l'heure où vous lirez ces quelques lignes,
j'aurai déjà mis un terme à cette vie de rêveur.
J'en ai assez de souffrir, assez de fuir,
assez de me dire que j'ai toujours le mal de vivre.
Je n'ai jamais su crever le mal, je n'ai pas eu de chance,
l'amour et ses absences font mal comme une balle dans une jambe !
J'écris ces mots comme un père, je pourrais vous le dire en face
mais comme un faible je n'aurais pas trouvé les phrases.
J'ai essayé de me relever mais les barreaux d'enfer m'ont mis K.O.
Mal dans ma peau je serais mieux tout là-haut !
C'est de ma faute pas de la vôtre si je me pends,
Du fond du cœur je vous aime et que je me rate si je mens !
Fatigué,
Je veux que tu comprennes que sur terre la vie m'écrase,
Souviens-toi que ma mort n'est que la plus grosse de mes gaffes.

C'était la fin de cette histoire, mais la fin pourrait-elle être un retour de calme ?

Une histoire sans fin

Nous sommes le 11 septembre. En quittant la maison, j'ai laissé ma vie derrière moi. Sans même le savoir, j'embrasse ma fille pour la dernière fois. Comme toujours, je dis bonjour à la femme de ménage en ouvrant mes bureaux du 152ème étage. Je suis le boss, celui qui parle au bout de la table, j'en suis très fier. Il est huit heures et bientôt ma fin.

Oui, c'est la même histoire sans fin. Mais est-il possible que la fin trouve un autre changement ? Personne ne peut nous répondre, sauf le temps.

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lamkies
lamkies @lamkies
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