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Relations

L'homoparentalité

Les familles homoparentales font face à des préjugés tenaces et un cadre juridique complexe en France. Décryptage.

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On entend de toutes parts des préjugés sur les préférences sentimentales : les gays et les lesbiennes constitueraient des couples « moins stables », ils n’auraient aucun désir de paternité ou de maternité, seraient un mauvais modèle d’homme et de femme pour un enfant parce que les gays seraient, paraît-il, efféminés et les lesbiennes masculines, sans oublier le terrible amalgame entre pédophilie et homosexualité.

Bref, autant d'idées reçues qui mettent à mal notre société et sa capacité à analyser objectivement des situations banales (l’homosexualité) qui existent depuis la nuit des temps et en tous points du globe. Et oui, l’amour entre personnes de même sexe est bien une constante anthropologique.

En ce moment, alors qu’une loi a été adoptée en 2003 en France sur l’aggravation des peines en cas d’homophobie et que les couples de même sexe sont reconnus (du bout des lèvres : Pacs), les familles homoparentales vivent au quotidien une situation difficile. Certes, les mentalités changent, mais les textes de loi nient encore l’existence de ces familles. Ainsi, un enfant issu d’une famille homoparentale ne voit que l’un de ses deux parents reconnu par la loi en tant que « parent légal » ! Au mieux, l’autre parent est simplement considéré comme le partenaire du seul parent reconnu.

La réalité du quotidien est étouffée par ces textes de loi, qui instaurent une non-reconnaissance du statut de parent vis-à-vis de l’administration en général. Mais il y a également des situations catastrophiques, comme par exemple le cas tragique où le seul parent reconnu par la loi décède… Dans ce cas, la situation est dramatique pour l’enfant : d’abord parce qu’il perd un parent, et ensuite parce qu’il se retrouve légalement orphelin « complet » ! Viennent alors la peur d’un placement à la DDASS, la peur de ne plus revoir son parent, de ne pas être avec lui pour surmonter l’épreuve douloureuse de la mort…. Bref, une situation abominable.

Heureusement, dans quelques cas, des jugements ont fait jurisprudence et la garde de l’enfant a pu être donnée au seul parent survivant (qui a enfin pu adopter l’enfant, ce qu’on lui refusait avant la mort de son partenaire…). Mais ne serait-il pas plus simple que la loi cesse de pratiquer ouvertement une discrimination dans ce domaine ? Ne serait-il pas plus simple de rectifier les lois communautaristes (réservées à une seule communauté) de la République relatives au mariage et à l'adoption ?

Mais gardons espoir : du nord au sud de l’Union (Européenne), les mentalités changent, les préjugés régressent et les lois suivent. C’est le cas par exemple en Suède, Finlande, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni… bientôt en Belgique (après le mariage, l’adoption ?), mais aussi ailleurs dans le monde : Norvège, Canada, Australie… etc.

En France, le fait d’être un(e) célibataire « ouvertement homo » est encore, dans les faits, un motif de refus d’adoption, et ce contrairement à la législation puisque selon les textes de loi, l’adoption est ouverte aux couples mariés et aux célibataires. Une telle situation évoluera nécessairement dans le bon sens dans les années à venir.

Il y a bien sûr ces gens (dont j’ai fait partie jadis, bien qu’homo moi-même) qui ont a priori une réticence à l’ouverture de l’adoption par les couples de même sexe.

Pourquoi cette réticence à l'adoption homoparentale ?

Sans parler des « raisons » homophobes qui reprennent les préjugés précités en début d’article, on peut penser qu’un enfant élevé par une famille homo risque de subir des railleries de la part de ses camarades de classe « à cause de l’homosexualité de ses parents »… Mais en réfléchissant un peu, il est facile de réaliser que ces railleries ne viendraient pas de l’orientation sentimentale des parents, mais bien de l’éducation traditionnellement hétérocentrée qu’on donne à nos enfants : par exemple « elle trouva son prince charmant », « alors tu as une petite copine ? », mais jamais, vraiment jamais, l’idée qu’il est possible de tomber amoureux indifféremment du genre de la personne aimée… (Peut-être que la population croit encore qu’on « devient » homo, et que parler de l’amour dans sa globalité à un enfant, c’est risquer de le « rendre » homo ? Et oui, les préjugés sont tenaces…).

D’autre part, est-ce que des railleries entre enfants justifient une discrimination à l’adoption en fonction de l’orientation sentimentale ? (Perso, je réponds non, « évidemment »). Et si oui, doit-on alors interdire aux personnes dans une même situation d’adopter (handicapés, personnes d’origine étrangère, personnes de petite taille… etc.) ? Là encore, je réponds évidemment non.

Pour raisonner sur le sujet, il faut avant tout penser à l’intérêt de l’enfant. Et il me semble évident que la meilleure solution est de donner la possibilité à ces enfants sans famille d’en trouver une, tout en gardant les étapes nécessaires à une adoption convenable pour vérifier si le couple ou le (la) célibataire est capable d’élever un enfant, et ce indifféremment de l’orientation sentimentale des personnes (hétéro, homo, bi).

Que disent les études sur l'homoparentalité ?

Les études sur le sujet (validées pour leur rigueur scientifique, et avec un recul de plus de 25 ans pour beaucoup d’entre elles) vont dans ce sens puisqu’elles montrent que les parents homo ne sont ni pires ni meilleurs que les parents hétéro, et que le fait d’être élevé dans une famille homoparentale n’est pas une entrave au développement de l’enfant. Le référent masculin et/ou féminin ne se trouve pas uniquement dans le couple parental, mais souvent parmi les amis, la famille… etc. De plus, en chaque individu se trouve ce que la majorité des gens appellent « un comportement masculin » et « un comportement féminin ».... ce qui remet en doute l'utilité et l'intérêt d’un cloisonnement des rôles sociaux selon le sexe, qui n’a, de plus, jamais été démontré.

Alors surtout, essayez de réfléchir sur le sujet et ne vous arrêtez pas aux idées préconçues. N’hésitez pas à m’écrire pour me faire part de vos remarques, questions, et autres… [email protected] ou directement sur le site LGBTH.com, sur le forum en cliquant ici

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cyril-lgbth
Cyril Lgbth @cyril-lgbth
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