
Une solitude pesante
J'étais célibataire depuis 2041. Mon premier flirt, je l'avais eu à 11 ans, c'était une simple "amourette". Mais depuis ce jour-là, je n'ai jamais eu de petit ami. Je pense que ma timidité en est pour quelque chose ! Certes, je suis comme je suis.
Je me consacrais à mes études, je n'avais pas d'amis, j'aimais beaucoup être solitaire car je trouvais que je n'étais pas sur la même longueur d'onde que les autres. Les gens à notre époque sont trop cruels, trop égoïstes... Cela a toujours existé mais à ce niveau-là, je ne pense pas !!!
Mes parents me disaient qu'en 2000, la vie était moins cruelle, que les gens se côtoyaient, un bonjour par-ci, un au revoir par-là, et aujourd'hui plus rien : personne ne se regarde, personne ne se parle... Tout le monde est égoïste !!!!!
Moi, je ne me sens vraiment pas comme les autres. Je suis tellement gentille que parfois on se moque de moi à l'université, dans ma ville... Et je ne réplique pas, même si on dit du mal de moi, du genre "t'es qu'une pouffiasse !", "tu ne vaux rien, t'es nulle, plus nulle que Cricri et t'es bête". C'était toujours ce que me disaient ces filles. "Cricri" était un SDF, connu de tous, il n'avait rien, dormait dehors et n'avait pas de connaissances. Elles me comparaient à lui. Je ne répliquais pas car je savais au plus profond de moi que j'étais bien, et que tout ce qu'elles disaient était faux.
La rencontre au parc
Dans le parc, je me suis assise sur un banc. Je ne faisais que penser à moi, j'en avais marre de me sentir seule, j'avais besoin d'affection... Je me demandais comment j'allais trouver l'âme sœur, puis je me dis que le destin me réserverait celui que je devrais aimer pour la vie.
Ce jour est arrivé, c'était le 12 mai 2051. J'ai rencontré un homme. Dès que nos regards se sont croisés, j'ai ressenti en moi quelque chose que je n'avais jamais ressenti dans ma vie : c'était le coup de foudre. J'étais amoureuse !!!
Il a suffi d'un simple regard pour me dire que j'étais amoureuse d'un homme que je ne connaissais pas. Il était brun, avec de grands yeux noisette en forme d'amande. Il était loin d'être banal, car il avait quelque chose en lui qui me faisait craquer et fondre à la fois.
Je ne savais pas ce qu'il pensait de moi, mais peu importe, je l'aimais déjà. Il s'approcha de moi et me demanda mon prénom. Tout naturellement, je lui dis : "Eva". Il me dit : "Moi, c'est Mickaël, enchanté". J'étais devenue toute rouge à l'idée qu'il m'adresse la parole. Ce fut un moment de bonheur.
Je ne pouvais rester davantage avec lui car le temps m'était compté, je devais aller chez ma mamie qui m'attendait avec impatience. Je lui expliquai la situation et il me proposa de se revoir. J'ai accepté.
Une histoire d'amour parfaite
Les jours défilaient, je n'avais que Mickaël dans mes pensées. Nous nous sommes revus à plusieurs reprises durant plusieurs semaines, je le connaissais de plus en plus et lui aussi. Il avait toutes les qualités que je désirais. On s'est mis ensemble. J'étais heureuse et lui aussi était épanoui. Six mois plus tard, nous avions décidé de vivre ensemble.
J'étais vraiment la plus heureuse du monde, j'avais un homme idéal, c'était que du bonheur. On m'aimait !!!! On s'aimait !!!!! Et je l'aimais. Que demander de plus ?
Le bonheur et le drame
Je ne voulais plus jamais le quitter ; pour moi, notre histoire était faite pour la vie. Je lui donnai tout ce que j'avais : mon cœur, mes mots quand il était triste, et il faisait de même. On était vraiment faits l'un pour l'autre.
Un jour, j'ai appris que j'étais enceinte. Je ne l'ai pas dit tout de suite à Mickaël car j'appréhendais sa réaction. Au bout de trois mois et demi, je lui ai appris la nouvelle. Il était sans voix, mais je voyais ses yeux briller. Il me prit dans ses bras et me dit : "je t'aime Eva". On était émus.
J'avais un rendez-vous à l'hôpital pour faire une échographie et là, on a appris que j'avais des quintuplés, que des filles. C'était extraordinaire !!!!!!! On pleurait de joie... Les mois passèrent et Mickaël prenait soin de moi, il me bichonnait et s'occupait très bien de moi. On commençait à mettre en place les chambres des petites.
J'avais déjà choisi les prénoms des trois premières et Mickaël a choisi celui des deux autres pitchounettes. Alors la première s'appellera Rose, la seconde Fleur, puis Pétale, et pour Mickaël, c'était Candys et Typhènie.
Le destin cruel
Au bout de huit mois, j'ai fait une fausse couche et j'ai perdu toutes mes filles. C'était terrible !!!! Je ne comprenais pas pourquoi la vie était aussi cruelle, mais j'acceptais mon destin. Mickaël était bouleversé...
J'ai prié le ciel pour ne plus que ça m'arrive.