
Tu sais, je t'ai dit que je t'aimais mais c'était pour rire. Je t'ai juré que ma seule foi était mon amour pour toi mais ce n'était que pour te séduire. Les sentiments que je te susurrais n'étaient que des pressentiments de notre avenir et sont devenus des ressentiments le jour où je t'ai vu fuir.
À tout ce que je viens de dire, je veux y croire car je ne peux plus me regarder dans un miroir en m'avouant tous mes véritables sentiments.
En réalité, je t'aimais. Plus que de raison. J'ai tout quitté. Je ne faisais point de comparaison. J'ai tout renié pour vivre en ta maison. Je me suis perdue à te désirer, à m'enfouir dans mes illusions.
Aujourd'hui, tu es parti et je renie toutes ces passions. Je me refuse à croire que l'on ait pu se jouer de moi comme tu l'as fait, je me sens lésée...
M'as-tu aimé un jour ?
Non ! Je n'ai pu t'aimer ! Je te refuse le plaisir de me voir souffrir, je m'interdis de penser que je t'ai aimé. Je me sens si idiote. J'ai crié mon amour, tout le monde le connaissait. Maintenant je vais devoir affronter le regard de ces gens qui m'ont jadis écoutée te louer. Voir dans leurs yeux cette pointe de moquerie, leur air goguenard et leur mine réjouie car jamais on ne se félicite du bonheur d'autrui, en revanche le malheur se commente et on en rit !
Je me sens si crétine, comme une gamine, une gamine que l'on vient de démasquer.
Sauver la face après une rupture
Pour sauver la face, je ne peux qu'éviter le sujet, ou tout simplement nier : dire que mon amour pour toi n'était qu'une comptine pour ces gens-là. Que je n'étais pas amoureuse de toi mais que je le faisais croire, banale histoire... On va me traiter de profiteuse mais je préfère cela. Je ne pourrai supporter que l'on dise de moi : « folle d'amour et larguée comme une vieille chaussette par l'homme qu'elle voulait épouser. »
Pourquoi ? Pourquoi tu m'as fait ça ? J'ai donc si mauvais caractère ? Pourtant pour toi, je me suis mise plus bas que terre...
Je t'aime mais je te quitte pour te protéger
Emma, je t'ai quittée hier et pourtant tout le monde sait combien je peux t'aimer. Je t'aime toujours mon amour. Parfois on quitte les gens que l'on aime car on ne les reconnaît plus, parce qu'on veut les protéger de soi-même. Tu es la femme qui m'a découvert, qui m'a initié au vrai plaisir de la chair, à la sexualité comme à la sensibilité. Tu es ma moitié, mon deuxième poumon, ma raison. Et pourtant j'ai décidé de te quitter, pour te protéger... Ton amour pour moi te fait te perdre, ce que je ne veux pas. Tu agis selon mes souhaits, mes désirs et mes affinités mais moi je te voulais et je te veux pour celle que tu es, cette femme sensuelle, immortelle, avec du caractère et qui ne se laisse pas faire. Au fil du temps tu es devenue une poupée à façonner. Plus nous semblions nous rapprocher, plus nous étions éloignés. Je t'ai perdue.
Je te veux à l'état brut. Que tu retrouves ton caractère et tes sales manières, comme au début quand tu ne cherchais pas à me plaire.
Mais comment te le dire ? Comment te dire combien je t'aime sans te faire souffrir ? En te quittant, c'est malheureusement tout ce que j'ai pu trouver. Manière lâche mais qui veut dire que mon éloignement n'est là que pour notre rapprochement.
Maudis-moi mais sache que je souffre autant que toi.
Pourquoi tu m'as quitté ?
Tu viens de me quitter et je suis seule, seule avec moi-même, seule à me répéter cette rengaine : pourquoi ? Peut-être parce que je t'étouffais, peut-être parce que mon amour pour toi te faisait flipper. Je pensais que l'on se comprenait, je croyais lire dans tes pensées. J'ai vu cette ride sur ton front traîtreusement se dessiner ces derniers temps. Est-ce par ma faute ? Certainement. Est-ce que notre histoire d'amour est définitivement achevée ? Il m'a semblé qu'en me quittant tu m'aimais, tu me l'as même dit. Et j'ai lu dans tes yeux toute la tristesse du monde. Est-elle due à ta peine de me quitter ou à celle de passer pour un salaud ?
Tu es parti et tu m'as dit je t'aime... Un mot plein d'espoir mais qui me fait broyer du noir. Tu me quittes mais tu m'aimes ? Il me faut des explications, je suis noyée par toutes mes émotions. Plus de nouvelles de toi, juste ce mot et ton départ...
À suivre...