
C'était l'été. Les vacances.
Une jolie histoire comme tant d'autres. Normale. Habituelle.
Quatorze ans, on se balade, on tombe sur l'autre au détour d'une allée. Le cœur s'affole. On cherche à le croiser, on retient son souffle quand il nous frôle, on cherche comment l'aborder.
Et un jour, on trouve l'art et la manière. Il est encore plus beau de près. On lui parle, tout en lui nous inspire. Son prénom, son sourire... Quatorze ans, premiers émois.
Alors l'amie que l'on connaît depuis des années devient confidente. Elle aussi, elle le trouve beau, elle le veut. Mais c'est moi qu'il regarde, c'est à moi que ses sourires sont destinés. Il le faut.
Et un jour, la sœur de ce garçon annonce : « Il va venir te voir. » Envie de sauter, de crier. Se calmer, respirer. Ne pas qu'il sache que je n'attends que ses bras. Le laisser attendre, pas par sadisme, mais par terreur.
Lui qui s'approche et qui m'embrasse. Instant de bonheur. Lui offrir un sourire au lieu de l'embrasser encore.
Et le départ. Un regard en guise d'adieu, même pas un baiser... Les parents à côté.
Premiers émois : le poids des larmes et des lettres d'amour
Des jours et des nuits passées à pleurer, à écouter des chansons tristes. Des « J'veux bien t'aimer mais comment est-ce que je peux t'aimer si j'te vois pas ? » et des « Mais j'vais t'aimer c'est une promesse, est-ce que t'entends c'que j'te dis là ? ». Des journées à imaginer toutes les abnégations possibles que l'on pourrait endurer par amour pour lui... Et passer des heures à guetter le facteur, en attendant la lettre promise, comme si elle allait nous délivrer de tout ce que l'on a déjà subi pour lui.
Et elle arrive, cette lettre, si belle, si tendre... On pleure encore une fois en la lisant.
On tente de répondre, on en fait des dizaines de brouillons. Rien n'est à la hauteur.
Rupture amoureuse à l'adolescence : quand les regrets s'installent
Puis on se lasse. On répond, froidement, méchamment. Des mots que l'on regrette par la suite. Des « c'est voué à l'échec » conclus par des « ça ne mène à rien ». On se sent mieux, libéré.
Des mois après, le remord nous saisit. Et les larmes reviennent. Alors on réécrit, pas pour faire souffrir, pas pour recommencer l'histoire, mais pour avoir des nouvelles. Il répond, on appréhende l'ouverture de la lettre.
Mais on ne parvient pas à renouer le dialogue... Alors on tente, on tente et on retente sans succès. Il a refait sa vie, et son passé n'en fait plus partie.
Stupide petite histoire banale...
Tourner la page après un premier amour
Je suis heureuse maintenant, heureuse et très amoureuse (d'un autre !), mais je regrette toujours de l'avoir laissé sans que l'on puisse garder contact.
Voilà, c'était juste pour raconter. Laissez-moi quand même vos avis (et même vos critiques !) et vos témoignages. Je suppose que d'autres se retrouveront dans ce que j'ai écrit !