
Mon parcours et mon coming-out
Ici, je ne vais pas vous raconter toute ma vie en détails, la prise de conscience de ma différence, mes coming-out… Histoire banale, semblable à d'autres. Pour résumer, je n'ai pas connu de grandes difficultés, de phase de dépression ou d'autodestruction à cause de cela. C'était un peu comme : « Cette fille me plaît. J'aimerais bien embrasser celle-là. Ah, je suis donc lesbienne ? ». Un secret que je n'ai pas gardé longtemps, mon premier coming-out étant à 14 ans ; réaction du genre : « Et alors, on s'en fout ! ». Ah bon, c'est pas grave alors ? Pourquoi est-ce aussi dramatique dans les chansons, dans les bouquins ?
Voilà, en 4e j'ai commencé à m'assumer, en 3e tout le collège le savait. Ou presque.
En 2de, j'ai fait mon coming-out à ma mère. Je pourrais écrire des pages sur cet événement de ma vie, mais ce n'est pas vraiment intéressant. Disons que je m'attendais au pire et que j'ai été rassurée. Et que j'ai réalisé ma chance quand, plus tard, j'ai connu d'autres coming-out d'amies à leurs parents qui se sont vraiment mal passés.
Quant aux amours, euh… Disons qu'à chaque fois que j'ai cru aimer, j'ai su quelque temps plus tard qu'il existait un sentiment plus fort. Ou peut-être juste différent. L'important est que toutes les filles qui sont rentrées dans mon cœur ont appris mon faible pour elles (parfois pas par moi-même, mais ceci est une autre histoire) et qu'aucune ne m'a rejetée, repoussée ou s'est éloignée peu à peu, au contraire ; elles m'ont offert leurs amitiés. Et parfois plus, mais je ne sais pas recevoir les cadeaux.
Pour finir, j'ajouterai qu'au départ, j'étais bien sûr seule dans ce cas (vous en connaissez beaucoup des lesbiennes au collège ?) mais qu'à présent je sais qu'autour de moi existent bi, lezbs, gays…
Bon, à présent vous me connaissez vaguement, je peux entamer cet essai.
Comprendre l'homosexualité : origines et explications
Ce thème étant très général, je ne peux tout en dire ; il y a des livres pour cela, mais vous n'iriez pas forcément les consulter. Je me propose d'aborder les sujets que j'ai trouvés dans les débats suite aux articles « Lettres aux homophobes » et un autre du même auteur.
Pourquoi est-on homosexuel ?
Tout d'abord, pourquoi ? Il n'y a que des hypothèses à ce sujet. On sait que cela existe depuis la nuit des temps, on ne cherche que depuis peu de temps à l'expliquer sérieusement.
Pour parler des thèses scientifiques, certaines avancent que le fœtus, à sa création, n'a pas encore de sexe ; ou plutôt, il est féminin. Ensuite il se développe en différentes phases, le cerveau et l'anatomie distinctement. Et dans le cas des homosexuels, le fœtus a pris la forme d'un bébé de type masculin mais le cerveau est resté au stade féminin. Par extension, les lesbiennes sont à l'origine des fœtus dont le cerveau est de type masculin mais dont le corps s'est développé en gardant le type féminin. Cette théorie est recevable.
Pour ceux qui pensent à la génétique, rien n'a été prouvé à ce sujet, mais des cas semblent indiquer que là n'est pas l'explication : en effet, il arrive que chez des vrais jumeaux, ayant le même ADN, l'un soit homosexuel et l'autre hétérosexuel.
Cela nous amène aux théories fondées sur la psychologie. Pour Freud, tout se joue à la petite enfance. Et tout est déjà déterminé à cette époque. Mais cela ne vient pas forcément d'un traumatisme sexuel (contrairement à l'idée reçue que toutes les lesbiennes ont été violées dans leur jeune âge), et n'est pas provoqué par un certain type d'éducation qui pourrait donc être évité. Bref, il n'y a pour cette question pas de réponse unique, mais plusieurs et toutes sont valables ; à l'inverse, on a démontré que la plupart des hypothèses communément admises sont fausses.
Homosexualité : maladie ou choix de vie ?
L'homosexualité n'est pas une maladie, on ne peut en guérir. Ce n'est pas une tare non plus, juste une caractéristique. Mais effectivement, dans la plupart des cas, c'est d'abord un problème.
L'un de vous disait que l'on racontait tous que cela a été un grand malheur de s'en rendre compte ; même ceux qui disent « je suis heureux ainsi » ajoutent « à présent », car il y a toujours un moment, plus ou moins long en termes de mois ou d'années, où l'on ne s'assume pas. Certains pensent encore que l'homosexualité est un choix de vie ; et pourtant, si on avait eu le choix, combien le seraient ? Le choix est d'assumer ou pas. Seuls ceux qui le font parviennent à vivre heureux.
Le deuil de l'hétérosexualité
Mais accepter son homosexualité, c'est tout d'abord faire le deuil de son hétérosexualité. Car nous sommes tous censés être hétéro au départ ; grandissant dans une société qui nous inculque ses valeurs telles le mariage, l'union d'un homme et d'une femme, l'amour entre les deux sexes, chaque enfant se prépare consciemment ou pas à une vie similaire.
De ce fait, s'avouer que l'on est gay ou lesbienne, c'est oublier toutes les perspectives d'avenir connues jusque-là, refuser les idéaux de nos parents nous imaginant déjà mariés avec des enfants, fermer la porte qui nous amenait à une vie « normale », etc. Même si dans nos pensées on n'exprime pas toujours cela ainsi, c'est bien ce processus qui s'opère. Un deuil.
Alors on commence par nier la vérité : on se dit « non, je ne peux pas l'être, je ne suis pas ainsi, pas moi ! » comme on se dirait « non, je ne peux pas mourir » alors que c'est évident. C'est une partie de nous qui meurt, ou plutôt de ce qu'on imaginait être, de ce qu'on aurait voulu devenir. Puis on apprend à vivre avec cette idée, et à vivre autrement.
L'absence de modèles LGBTQ+
Le problème étant à ce moment qu'on ne sait plus comment mener sa vie. Les modèles de notre société étant exclusivement hétérosexuels (nos parents, les couples à la télé, les histoires d'amour au cinéma, les magazines de filles traitant exclusivement du problème existentiel : comment draguer ce mec ?…). À l'âge où l'on a besoin de se construire en s'identifiant à quelqu'un, on se retrouve désemparé.
Voilà pour la difficulté à débuter une vie d'homo.
Relations amoureuses et idées reçues sur les couples LGBTQ+
Je m'élève contre le crétin qui a sorti que, non seulement l'homosexualité est un choix, mais qu'il est motivé par le seul désir d'une sexualité différente. Que d'ailleurs les gays n'avaient pas une sexualité saine, qu'ils n'étaient ensemble que pour le sexe et ne gardaient pas de relations stables, ayant de multiples expériences.
Il n'y a pas une vision différente de l'amour selon que l'on soit homo ou hétéro. Les relations homosexuelles, tout comme les hétéros, sont basées sur l'amour. Deux gays, deux lezbs peuvent former un couple, vivant ensemble, en ménage, et s'aimant.
Oui, il existe de multiples cas de couples – surtout gays – où les deux partenaires, d'un commun accord, vont voir ailleurs pour connaître d'autres aventures sexuelles. Je fais remarquer que les boîtes échangistes ne sont pas seulement remplies de pédés, au contraire ce sont les couples hétéros qui en sont la clientèle cible. Et que si cela est fréquemment rencontré chez les homos, c'est d'abord parce que les tabous sont levés, et que les gays sont plus concernés par cela car la vision masculine de l'amour diffère de celle des femmes : ils arrivent à dissocier physique et sentiment.
J'ajouterai que, de même qu'il existe des garçons romantiques (d'accord, il faut les trouver ; mais bon, c'est pas moi qui suis à la recherche et j'en connais !), il existe des gays qui ne voient pas les choses de cette manière et sont fidèles de corps et de cœur.
Voilà pour le moment. Après, si vous avez des questions, n'hésitez pas. Le -III- sera sur le cas des lesbiennes en particulier. À bientôt donc.