Image 1
Relations

Encore une illusion

Une rencontre à Paris, un regard échangé, puis plus rien. L'histoire d'une jeune fille timide qui laisse sa peur saboter ses chances amoureuses, encore et encore.

As-tu aimé cet article ?

Leur rencontre avait eu lieu un mercredi, à Paris. Ils avaient suivi des copains communs pour une manifestation plutôt inutile. Elle, elle était réservée, timide. Son passé lui avait appris qu'il ne fallait pas être trop accueillante avec les gens qui l'entouraient. Alors, elle avait décidé d'y aller, mais sans rien attendre des éventuelles rencontres qu'elle pourrait faire.

Lui, il venait là pour passer du bon temps, mais nullement pour s'intéresser aux innombrables filles qui lui tournaient autour. Ça ne comptait pas.

Pour elle, ce n'était qu'une illusion. Elle y allait en espérant, comme elle espérait quand elle faisait du shopping au centre-ville avec ses amies, comme elle espérait quand elle se rendait à Paris avec son meilleur ami (qui oserait séduire une fille accompagnée d'un garçon ?). C'était simplement un moyen de se déstresser un peu. Elle était aussi très anxieuse, tout le temps, pour n'importe quelle raison. En fait, c'était une jeune fille paumée, enfin pas trop, typiquement de son temps.

On ne savait pas trop ce qu'il pensait, lui. Il ne disait rien. Rien d'intéressant pour elle. Elle cherchait le moindre indice lui permettant de le connaître un peu mieux. Mais il ne fallait pas se leurrer : ce n'est pas en une journée qu'on connaît quelqu'un.

Le regret d'une occasion manquée

Quelques jours après cette rencontre, qui n'avait débouché sur aucune amitié, elle se sentait mal.

Elle se sentait mal car elle s'en voulait, beaucoup. De quoi ? De n'avoir rien dit, surtout. Le temps passait et aucun mot ne sortait de sa bouche, quelques petits « oui », « merci », mais rien de vraiment construit. Elle se doutait de ce qui allait se passer — et ce qui s'est d'ailleurs passé. Sa timidité lui avait encore joué des tours. Elle allait laisser faire le temps. Ce blocage qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle était attirée par quelqu'un… Ah oui, parce que pour les relations d'amitié avec elle, ça fonctionnait toujours : tous ses amis étaient heureux de la connaître quand elle leur remontait le moral. Mais quand il s'agissait d'une relation plus intime, alors là, il n'y avait plus personne… surtout plus elle.

La journée s'était terminée et ils repartaient chacun de leur côté, comme deux parfaits étrangers. Rien ne s'était produit, à son plus grand regret. Mais si elle avait voulu, si son envie avait été plus forte que sa peur, si elle avait pu laisser tomber toutes ses idées, ses chimères, pour une fois vivre dans sa réalité — la vie —, aurait-elle fait l'effort de combattre ce qui l'avait toujours empêchée de vivre ses rêves : la peur des autres, mais en même temps son besoin éternel d'amour ?

Quand la timidité fausse les perceptions

Inutile de préciser que pour lui, c'était une fille coincée avec qui personne n'aimerait sortir, une pimbêche qui l'avait vu de haut et avec qui il n'entretiendrait aucune relation. Hors de question ! Il préférait la blonde qui était avec eux, elle avait plus de pèche et donnait plus envie de la connaître. Elle souriait toujours, qu'est-ce qu'elle était belle avec sa petite frange sur son front… Mais l'autre, trop discrète, elle avait dû venir sans conviction.

Elle ne l'avait revu qu'une fois. Elle avait eu droit à un bonjour de convenance. C'était pour elle un événement. Parce que, oui, il ne l'avait pas oubliée. Elle l'avait revu aussi, mais elle avait esquivé. Fuir, c'était son maître-mot. Elle ne savait pas vraiment quoi faire ? Dire bonjour, tourner la tête ? Non, elle tournait les pieds avant.

Accepter son destin amoureux

Mais aujourd'hui, elle l'avait revu. Elle avait su qu'il l'avait vue, mais il n'était pas venu. D'ailleurs, il ne viendrait plus. C'était comme ça. Elle avait raté sa chance. Elle s'en voudrait sûrement pour un bon moment. Elle espérerait jusqu'à ce qu'elle l'oublie pour tomber amoureuse de quelqu'un d'autre avec qui il se passerait la même chose… mais c'était sa vie, alors elle l'acceptait.

As-tu aimé cet article ?
anelrob
Aurélie :) @anelrob
3 articles 0 abonnés

Commentaires (6)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires