
Comment traverser les épreuves du quotidien ?
Ces dernières semaines ont été dures : la grosse engueulade de lundi après-midi, la crise de mes parents qui ne voulaient plus que j'aille au lycée, mon engueulade avec Marjorie, mais surtout le départ de Manon (une amie à moi dont je suis devenue très proche en quelques semaines). Je monte dans la voiture de ma mère, je n'ai pas faim, il va falloir que je me force pour ce week-end.
De nouveau enfermée dans ma chambre pour ne pas avoir de contact avec eux, je pleure. J'écoute Within Temptation, ce que je ne donnerais pas pour être encore dans ses bras. J'essaie désespérément de me rappeler toutes les fois où j'étais dans tes bras et que la paix envahissait enfin mon âme. Les sensations reviennent et me calment, les larmes cessent de couler, je m'allonge en position fœtale et je l'entends rire et m'appeler son « gros bébé d'amour ». Je m'endors fatiguée par les insultes et la haine qu'il y a dans cette maison.
Écrire pour apaiser son esprit
Le réveil sonne, je me lève et fonce dans la salle de bains pour prendre ma douche, je ne suis pas bien réveillée, il est encore tôt mais je préfère avoir un peu de calme avant de devoir subir les remarques qui me font tant de mal. Dès que j'ai terminé de me réveiller, je prends une feuille et un stylo pour commencer à lui écrire la plus longue lettre que je ne lui ai jamais écrite (10 pages). Au début, les larmes coulaient toutes seules, puis peu à peu je sentais sa présence et le calme revenait dans mon esprit, les pages se remplissaient petit à petit. Mon âme se vidait d'une partie de sa souffrance, et je comprenais malheureusement ce qu'elle devait ressentir chez elle, toute la pression mais aussi cette impression d'isolement. Je commence à avoir mal au poignet alors j'arrête d'écrire et je me mets à relire toutes les lettres qu'elle m'a écrites. Dans ses mots, je sens l'amour, mais aussi la peine que lui apportent les autres : « Pourquoi est-ce que l'on cherche toujours à détruire le bonheur des autres ? Je voudrais que l'on soit toutes les deux, qu'il ne reste plus que nous. »
Se souvenir pour tenir le coup
Les souvenirs remontent, je me souviens quand on était chez Julien (qui nous avait prêté sa chambre), les caresses, les baisers brûlants de désir, son corps nu contre le mien. Puis le nombre incalculable de fois où je dormais à moitié dans ses bras ou que c'était l'inverse. Les fous rires, les moments passés au soleil dans l'herbe avec nos amis. Allez, je dois tenir. J'entends mon père descendre les escaliers, j'ai peur, je voudrais ne jamais avoir vu le jour. Il faut que je reste dans ma chambre, cela évitera un maximum de conflits (enfin, j'espère).
La matinée passe doucement, partagée entre l'écriture de la lettre et la composition d'un nouveau morceau intitulé « I just want », arrive malheureusement le repas de midi. Je reste concentrée sur mon assiette, je mange le plus rapidement possible en priant pour qu'il ne me dise rien, il se tait, il mange et me regarde de temps en temps d'un air méchant. Dès que j'ai fini, je me lève, prends mon assiette, la mets dans le lave-vaisselle et repars dans ma chambre.
Le soulagement du lundi
Je m'allonge et m'endors. Quand je me réveille, nous sommes dimanche matin, je vais pouvoir enfin la voir et lui dire tout ce que j'ai sur le cœur. Quand je suis avec elle, je peux pleurer, je peux tout dire, je peux enfin être moi-même. Devant les autres, je pose des barrières, je me cache. La torture s'achève donc tous les lundis matin, je peux enfin redevenir moi-même, car eux connaissent ma vraie personnalité.
Voilà pourquoi je déteste les vacances, je les déteste car je ne peux pas être avec elle. Les gens ont décidé que les couples homo, ce n'est pas normal, mais l'amour, ce sont des sentiments et l'enveloppe corporelle de la personne, c'est autre chose.
À bon entendeur...