
Je ne sais vraiment pas par quoi commencer, comme au début de la plupart des articles que j'écris quand l'envie me prend — ou bien quand ça me manque, comme aujourd'hui. Et comme d'habitude, mes sujets ne tournent qu'autour de deux choses, plus ou moins précises : l'amour ou l'amitié.
J'ai envie de parler de toi, d'essayer de mettre le point, de décrire ce que j'ai au fond de moi et de le relire un de ces jours où ce sera peut-être moins intense, espérons-le ?
Je n'arrive pas à parler, tous les mots me paraissent banals, usés... Mais je n'y peux rien, ce n'est qu'avec ceux-là que je peux m'exprimer en ce moment, avec un clavier. Tout comme toi : tu me parais ancienne dans mes pensées et pourtant je ne trouve que toi à qui penser. J'ai tout fait pour que ça finisse, j'ai mis fin à notre relation, je t'ai persuadée, convaincue que c'était fini entre nous, de ne même pas songer à regarder en arrière ou nous imaginer retourner ensemble un de ces jours.
Et ce qui est drôle dans tout ça, c'est que pour toi peut-être la fin est claire maintenant, que tu l'as comprise, acceptée avec le temps. Mais jusqu'à maintenant, je n'arrive pas moi-même à le saisir, à le croire.
Mon cœur, lui, m'en veut.
Il essaye encore et encore, trottinant sur le temps qui passe, d'essayer de comprendre cette fin et surtout de trouver où la fixer. Il n'aime pas ça, il me dit :
« C'est comme ce que tu fais en cours... Quand en classe tu ne comprends rien à ce que dit la prof et quand elle te demande : "As-tu compris ?" Et que tu lui réponds oui avec toute assurance et avec toute franchise, à croire que tu serais capable de réexpliquer la leçon à toute la classe. Tu le lui as dit. Oui c'est la fin, tu l'as convaincue de ce dont moi-même, ton maître — maître de tes émotions, de tout ce qui te met en relation avec le sentimental — n'en suis pas convaincu. Pourquoi te mentir ? Pourquoi vouloir subir de telles conséquences juste pour lui faire payer ce qu'il t'a fait ? Pour qu'il souffre à son tour de ton absence... ? »
Et voilà que maintenant tu te plains, et je me plains moi-même de me voir souffrir à cause de ce voile de mensonges avec lequel tu m'as caché la vérité, et cette comédie avec laquelle tu as étouffé mes battements... Et maintenant c'est à toi, à moi, de tout endurer. Tu souffres de son éloignement, tu souffres de ta propre décision.
Tu ne peux imaginer comme je hais cette fierté, cet orgueil qui nous a fait obstacle sur le chemin du bonheur, qui a empêché la suite de cette histoire qui pour moi n'est pas encore finie. Et quoi que tu te mentes, je ne me lasserai pas de te le rappeler.
Fuis son regard si tu veux, fuis-le, fuis votre passé à deux, fuis le fil de tendresse qui vous liait, celle qui vous prenait si fort dans ses bras, fuis le monde qui vous rattachait... Mais tu ne pourras jamais fuir ce qui court dans tes veines, ce qui sera toujours présent quoi que tu t'absentes et t'éloignes : jamais tu ne pourras me fuir.
Ancré dans ton corps, que tu m'aimes ou que tu me haïsses, c'est ton propre cœur qui te parle. Pourrais-tu contester de pareilles vérités ? Chut... Je connais déjà la réponse, la vraie.
J'ai tout supporté : ces larmes qui se traçaient sur tes joues, les nuits à ne pas dormir, ces souvenirs qui rongent tes pensées, qui me rongent, ce vide que tu essayais de remplir, ce voile accablant qui empêche mes démarches, tout ce qui nous retient à lui, ta façon de remplir ton temps de tout et de rien, dans l'espoir que ce temps ne me prête pas une minute à m'exprimer.
Je ne t'ai pas brusquée et je t'ai laissé faire, en espérant que tu arriverais à ce but que tu vois de si loin mais que tu n'arrives toujours pas à atteindre. Dans l'espoir d'être moi-même délivré de ces chaînes. Tu as tout employé et toujours sans résultat.
Mon cœur parle, mais je ne veux plus l'écouter. Il dit tellement vrai... Et ça me gêne !
La perfection des sentiments nous a rassemblés un jour. En couple, on a connu un beau monde, loin de tous et proche de tout j'y ai vécu. Mais l'imperfection de cette vie, de l'humain, de nos cœurs a fini par s'imposer.