
Bon, si tu lis cette lettre, c'est que...
Ça doit sûrement pas être facile du tout, c'est pourquoi je tiens à te laisser par écrit toutes ces choses que la fierté ne me permet pas d'exprimer ouvertement. J'ai toujours su me débrouiller à l'oral et c'est vrai que s'il y a une chose pour laquelle j'ai confiance en moi, c'est mon aisance et ma capacité à toujours savoir exprimer et faire comprendre ce que je ressens. Pourtant, et pour une raison que j'ignore, je n'ai jamais eu cette impression avec toi. Finalement, c'est assez ironique : la seule personne à qui je me dévoilais totalement était aussi la personne auprès de qui j'avais le plus de mal à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. Je ne les trouve toujours pas, peut-être même n'existent-ils pas... C'est pour ça qu'une fois de plus tout ceci te semblera quelque peu maladroit. Une dernière fois.
Je ne sais pas trop ce que j'écris ni quel en est le réel but, mais je sais qu'il faut que je l'écrive, que je m'en défasse. C'est marrant parfois comment des images peuvent revenir à l'esprit. Des réminiscences semblant tout à fait improbables, et pourtant elles sont là. Tant de moments stockés dans cette petite partie de mon encéphale consacrée à toi. Ça n'a jamais été facile. Peut-être que l'on s'est bercé d'illusions, que l'on a été trop optimistes. Sûrement. Peut-être que l'on n'aurait jamais dû tenter, que l'on aurait dû rester amis. Peut-être que les autres ont raison finalement. Enfin, je n'ai jamais écrit autant de « peut-être » dans un même paragraphe. En tous les cas, je ne regrette rien. Ni notre rencontre, ni nos mésententes, ni même la rupture. J'ai été heureux et je t'en remercie.
C'est vrai que je ne suis ni particulièrement beau, ni particulièrement intelligent ou encore romantique. Beaucoup me disent prétentieux, égocentrique et narcissique, il doit sûrement y avoir une raison. Pourtant, pour toi, j'ai tenté de me surpasser. Vainement ou non, j'ai eu pour la première fois de ma vie la volonté de me battre pour ce en quoi je croyais et devenir quelqu'un de bien. Pour la première fois de ma vie, je m'inquiétais de ce qu'une personne pouvait penser de moi. Je ne ressors pas de tout ça sans blessures, sans cicatrices. Mais en même temps, qui a déjà su éviter cela ? Toi non plus tu n'as su l'éviter, tu as sûrement souffert plus que moi. Mais maintenant c'est bon, tu es heureuse, épanouie, comblée et tu n'auras plus à verser de larmes pour moi.
Tu sais, je ne fais pas cela par détresse. Je ne le fais pas pour m'enfuir et encore moins pour te faire souffrir. Tu auras sûrement un peu mal au début, tu garderas une petite pensée pour moi. Mais la page est déjà tournée, tu n'as plus à t'encombrer de ce fardeau. Je ne le fais pas en pleurant, ni en regrettant mon choix. Tu sais, je refuse de vivre sans savoir pourquoi. Je refuse d'être une de ces personnes qui survivent, engrenée dans ce cycle qui rythmera leur vie pour toujours. J'ai toujours vécu pour la quête du bonheur. La quête de ce sentiment que le monde t'appartient, et que même si tu te trompes, eh bien tant pis, tu n'as pas besoin du monde mais seulement de ce petit bout de soleil qui fait ta vie de tous les jours. Ce sentiment que tu as accompli une chose que certaines personnes en toute une vie ne réussissent pas. Je l'ai trouvé, je l'ai ressenti. Maintenant tout le reste n'a plus d'importance, je n'ai pas besoin de vivre 70 ans si je ne les passe pas auprès de toi, à te parler, t'écouter, te regarder. C'est simplement inutile. Disons que je libère une place pour un autre...
Il est temps de conclure. C'est vraiment ironique, que la seule personne à qui je puisse confier cela... Soit toi. Mais bon, mes derniers mots seront pour toi. Je te souhaite de réussir à préserver ce nouveau bonheur, je prendrai toujours soin de toi où que je sois.
J'y vais vraiment cette fois. Je traîne, je sais, mais c'est la première fois que j'appréhende autant un somnifère...
Merci... Adieu, prends soin de toi.