
Mon histoire n'est pas simple.
Divorce des parents : mes premières difficultés sociales
J'ai été très difficilement intégré au sein d'un groupe. Je pense que cela vient du fait que mes parents ont eu des problèmes pour rester ensemble. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais trois ans, mon petit frère en avait deux. On était comme deux frères jumeaux, on s'était d'ailleurs créé un langage pour mieux se comprendre et communiquer en cachette, pour que les adultes ne nous comprennent pas.
La séparation de mes parents, étant tout petit, je ne la comprenais pas. Comment pouvait-on vivre ensemble puis se séparer ? J'avais d'ailleurs du mal à m'exprimer normalement, je bégayais un peu.
Comment je me suis fait mes premiers amis à l'école
J'ai commencé à avoir des amis un peu bizarrement. J'essayais, plutôt que de montrer que j'étais un dur à cuire, de prouver que j'étais timide et réservé, alors que mon frère aimait se battre. Au début, c'était tellement ennuyant de se sentir seul. Je voyais mon frère s'amuser tandis que moi j'étais assis sur le bord d'un petit muret près de notre classe de CP.
Je me suis fait des amis en donnant le maximum d'intérêt aux choses qui avaient de l'importance pour les autres plutôt qu'à moi-même. Je ne donnais jamais un avis négatif pour ne pas paraître ennuyeux ou tout simplement mal apprécié. Le temps de pouvoir connaître la personne, bien que j'étais timide, j'essayais toujours de me rapprocher des autres.
Naturellement, je riais beaucoup et je m'intéressais particulièrement aux filles plutôt qu'aux garçons. Plus tard, j'ai su qu'avoir une relation avec une fille est plus difficile qu'avec un garçon. Pourtant, quand j'étais ce petit garçon si efféminé et timide, je n'avais aucun mal à parler avec les personnes de sexe opposé. Je défendais plus la cause des filles que des garçons, si bien qu'on me traitait de « fille manquée ».
(Aujourd'hui, j'ai autant d'affection avec les personnes de sexe opposé, mais ce n'est pas toujours aussi facile qu'avant. Je trouve qu'elles sont très exigeantes, mais à la fois je les aime plus.)
Apprendre à se défendre pour se faire respecter
Au début, cela m'agaçait terriblement, si bien que je me suis mis à apprendre à me défendre tant la vie me paraissait hostile.
Ce parcours si difficile à vouloir plaire à l'autre m'a donné du fil à retordre. Mais j'ai particulièrement apprécié le fait qu'on me respectait plus en sachant que j'avais réussi à me défendre contre mes ennemis. J'ai eu plus de facilité à avoir des amis dans les petites classes, de la maternelle jusqu'au primaire. J'ai d'ailleurs eu plus de succès avec les autres en CM2. À ce moment, je pensais que je ne serais jamais seul tant j'aimais la vie et les petits hommes.
Pourtant, il m'est arrivé en cette année-là de me battre avec une fille qui s'appelait Houmou. Sa camarade Astout me paraissait plus gentille et moins dure qu'elle, pourtant je m'étais souvent mis en colère contre sa camarade qu'contre elle. Mais à la fin, nous sommes devenus de vrais amis. Elles étaient deux fois plus grandes que moi et j'en avais un peu peur.
Mes amitiés les plus précieuses : Émilie et Laurence
La personne qui m'a le plus plu, c'était Émilie. Je ne citerai pas son nom de famille car peut-être qu'elle pourrait naturellement se reconnaître au fil de ces quelques lignes que je souhaiterais partager à tout le monde, tant je me sens seul devant cet écran vide.
Pour revenir sur Émilie, au départ je ne la comprenais pas. Elle était tellement froide mais à la fois tellement jolie. J'étais d'ailleurs dans sa classe l'année précédente, mais en cette année-là je l'admirais davantage. Il y avait aussi une merveilleuse Laurence qui me plaisait beaucoup. Il faut que je vous dise : ces deux personnes sont de vraies amies à part entière. Je me confiais beaucoup à ces deux personnes, si bien qu'on était inséparables.
L'épreuve du déménagement et de la séparation
Ma séparation avec ces deux jeunes filles a été très douloureuse pour moi. J'en ai même pleuré, tellement j'en voulais à mes parents d'avoir voulu quitter Paris pour Boulogne-Billancourt, à Castéja, pour partir loin de cette ville près de Mantes-la-Jolie. Difficile de croire que cette ville fût plus jolie que mon Émilie. Pourtant, il fallait que je l'oublie.
Dans cette même année, j'ai connu également une Coréenne très difficile à approcher. Elle s'appelait Hyun. Je pense que je regrette toujours cette enfance heureuse. En cette année-là, j'ai même eu la chance de connaître les châteaux de la Loire au cours d'une classe verte de deux semaines organisée par notre école. J'aimais beaucoup les cours consacrés à la nature, aux œuvres d'art et à ces histoires de châteaux et de princesses qu'on me racontait pendant ces deux semaines.
Les leçons d'amitié apprises en colonie de vacances
J'ai passé sept années de suite mes vacances en colonie. Je me suis tellement amusé que je n'oublierai jamais les moments de fou rire et de larmes que j'ai connus avec tous ces gens si différents.
Cher lecteur, même si vous pensez que je suis en train de raconter ma vie, je suis seul devant mes souvenirs et c'est avec vous que je partage ces souvenirs si lointains. Au cours de ces sept années, j'ai appris davantage à aimer qu'à détester les autres. J'aimais tellement être en compagnie de filles que de garçons. Lorsqu'on jouait à la balle aux prisonniers, je faisais tout pour sauver le maximum de filles que je pouvais. Pour moi, la femme occupe une place tellement importante que je ne me suis pas fait autant d'amis au masculin.