
Pour me donner un semblant de réconfort, j'enfilai sa chemise à rayures que j'aimais tant le voir porter et qu'il avait oubliée dans le placard. Il fallait que je me fasse une raison. J'allai m'allonger, pesant de tout mon poids sur ce lit qui avait accueilli plus d'une fois mes larmes, mes émotions, bref toutes ces choses que je vivais et qu'il m'était parfois impossible d'extérioriser ailleurs.
C'était la seule chose qui, jusque-là, ne m'avait pas lâchée. Ma seule vraie amie, ma confidente, mon souffre-douleur. Ces draps étaient si froids qu'on pouvait deviner de suite qu'ils avaient été vidés cette nuit. J'avais préféré dormir sur le divan dans la chambre d'amis, et monsieur, lui, préférait étaler ses charmes ailleurs. Si sombre, si... ! Je ne saurais trouver les mots. Plus de bras pour accueillir mes émotions, ni mon envie d'être protégée. Plus ces lèvres qui savaient retrouver les miennes avec une telle fougue !
C'est alors que, de temps à autre, je me laissais aller à ces rêveries de ces moments de pleine complicité, comme cette soirée où, sa tête sur mes genoux, mes mains le caressant, je le regardais rire, s'ouvrant comme jamais. Ou encore cet après-midi ensemble, faisant la sieste, ses bras autour de ma taille. Il était heureux avec moi. Comment en étions-nous arrivés à ce stade où tout à présent était réduit en miettes, me laissant d'amers souvenirs et de la nostalgie ?
Un moment, je pris l'oreiller, le serrant tout contre moi pour y sentir son odeur. À présent, j'allais devoir continuer cette route seule. Sans lui. On s'était quittés sans faire cette promenade sur la corniche.
États d'âme après la rupture
États d'âme !
Ce matin, je me suis réveillée avec une mine pas tellement joyeuse. J'ai mal dormi.
Une nuit à me ressasser toutes ces choses qui m'ont alarmée la veille, toutes ces choses qui m'ont fait sortir de mes gonds ! Pffffffff, une vraie boule de feu.
Après une bonne douche d'eau froide, je me suis retrouvée à table avec Man. Comme à son habitude, elle a ce don de toujours me faire voir le côté positif des choses, à ne surtout pas me plaindre mais à apprécier ce que je vis au quotidien, à côté de toutes ces personnes qui vivent pire et affichent malgré tout un sourire ! Elle avait bien raison.
Après ce bon thé, je prends enfin le chemin du boulot. C'est à quelques pas de chez moi alors je dandine sur la route comme bon me semble ! Je me lève assez tôt le matin donc il n'y a pas le feu et j'adore savourer, profiter de cet air pur et enivrant après une bonne pluie.
Arrivée, mon premier geste : Facebook ?
Les dernières news, une petite discuss sur messagerie instantanée avec un pote du lycée à éplucher les dernières nouvelles du moment, les tendances, le temps qu'il fait... Bref une véritable ronde ! Et je replongeais à fond dans le boulot. Cela m'évitait de penser à cette vie sentimentale où c'était carrément le désert !
J'aspirais à une vie sentimentale stable mais jusque-là, je ne m'attachais qu'à des hommes qui tenaient à se compliquer la vie ! Soit c'était un homme marié, soit fiancé, soit déjà papa, en instance de divorce mais rien n'était vraiment voulu, ou un homme libre mais qui ne me correspondait nullement !
Certaines choses de la vie me déroutaient, me laissaient perplexe !
Et pourtant, cela me manquait, toute cette euphorie qu'il y avait là-dedans, ce sentiment d'être protégée, ces beaux et longs messages qu'on s'adresse tantôt... Bref, ça fait un vide ! On verra bien...