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Relations

Amour de Moulka

Moulka, jeune Casablancaise de 23 ans, rêve d'un amour impossible. Entre traditions et désirs, elle va vivre une histoire bouleversante avec Taoufik qui changera leur destin à jamais.

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Moulka a environ 23 ans, habite à Casablanca, dans le quartier chic de l'Oasis. Ses parents sont riches, ce qui ne l'empêche pas de vivre très modestement. Personne d'ailleurs ne pourrait croire qu'elle vit dans cette immense maison... Moulka n'est pas vraiment belle, s'habille toujours de la même manière : jeans, chemise et grosses chaussures... Pas de maquillage, ses cheveux sont toujours tressés. Elle est taciturne, réservée et passe son temps à lire seule dans sa chambre. Elle poursuit ses études dans une école privée (seul signe de la richesse de sa famille).

Et elle rêve, Moulka, elle rêve de ces héros et héroïnes de romans qui s'aiment tout simplement, sans que cela ne soit gênant ou tabou... Son père n'apprécie pas ses lectures et la foudroie toujours du regard, lui rappelant qu'elle est musulmane avant tout. Elle étouffe parfois et a envie que sa vie bouge un peu...

La rencontre avec Taoufik

Taoufik a 26 ans et suit ses études dans la même école que Moulka. Il habite un quartier populaire à quelques minutes de chez elle. Il est tombé amoureux d'elle le premier jour où il l'a vue, mais n'a pas encore osé l'aborder. Depuis trois mois maintenant qu'ils suivent le même programme, il n'a pu lui parler. Il sait pourtant qu'elle prend le bus 27 de la place de la Concorde pour rentrer chez elle.

Un soir après les cours, elle attend le bus et rêvasse comme à son habitude... Taoufik s'approche alors d'elle et lui demande s'il peut l'accompagner. Surprise, elle lui demande pourquoi puisque le bus va l'éloigner de chez lui et qu'il lui faudra faire un détour. Il lui répond alors qu'il doit passer faire quelques courses pour sa belle-sœur avant de rentrer.

Moulka n'y voit rien de surprenant et elle continue à rêvasser. C'est ainsi que Taoufik l'accompagna jusqu'à chez elle et refit demi-tour pour rentrer chez lui. Ce rituel dura un mois avant qu'il ne se décide à lui parler.

Les premières sorties et l'hésitation

C'était la veille du ramadan, et il osa enfin l'inviter à sortir...

Elle lui demanda un délai pour réfléchir, ce qui prit deux semaines. Elle hésitait beaucoup : comment faire ? Et si ses parents s'en rendaient compte ? Et si quelqu'un les voyait ? Et si ? Et si... ?

Le cœur tremblant, elle accepta. Leur première sortie fut au cinéma. Elle ne se rappelait même plus du film à la sortie. Son esprit était resté en ébullition. Assise à ses côtés dans cette obscurité, elle se demandait : et s'il m'embrassait ? Rien qu'à cette éventualité, elle avait le cœur qui explosait ! Et si ? Et si... ?

Mais tout ce qu'il entreprit fut de lui prendre la main et de la garder un moment, car chaque fois elle la retirait et la tenait éloignée de lui... Son cœur à elle ne supportait pas tout cela, elle avait peur...

Son cœur battait à tout rompre, tellement il était angoissé ! Et quand il put finalement toucher sa main, il émit un long soupir de soulagement, mais celui-ci fut de courte durée car elle la retira prestement...

Sept ans d'éloignement et de regrets

Moulka se retourna sur le dos, allongée sur son lit dans son appartement à Rouen. Elle repensait à ces détails et à tout ce qui s'ensuivit : sa plus belle histoire d'amour, si pure et si simple...

Elle avait fui Casablanca, et fui son amour...

Sept ans s'étaient écoulés et pourtant elle pensait encore à lui. Sept ans durant lesquels elle changea et où il s'était marié.

Voyant qu'elle ne reviendrait plus, il s'était marié. Mais quand il l'avait revue dernièrement, il lui avait avoué qu'il l'attendait toujours, et que même s'il se mariait, cela ne l'empêcherait pas de l'aimer pour toujours... Elle en avait été touchée, mais choquée en même temps ! Comment pouvait-il aimer sa femme, passer du temps avec elle tout en pensant à une autre ?

Était-ce de sa faute ? Elle se sentait coupable de cette infidélité en pensée...

Moulka pensa à sa vie affective. Le constat était assez déprimant : toujours célibataire à 30 ans, elle n'avait jamais rencontré la même intensité d'amour que Taoufik lui avait donnée ! Et chaque fois qu'elle rompait avec quelqu'un, l'une des paroles qu'il lui avait dites avant leur rupture refaisait surface :

« Tu ne trouveras jamais quelqu'un qui t'aime comme moi, jamais. Tu auras beau parcourir tous les pays du monde, tu ne trouveras jamais... »

Avait-il raison ? Devait-elle accepter sa proposition alors ?

Une proposition inattendue

L'été dernier, il lui avait proposé de revenir ensemble. Il voulait divorcer et l'épouser. Mais Moulka refusa : elle ne pourrait jamais se regarder en face si elle brisait une famille !

Une seule solution lui trottait dans la tête. Elle avait peur de la mettre en pratique, mais ce serait sans doute mieux pour sa conscience, et cela ne l'empêcherait pas d'être heureuse, au contraire...

Taoufik n'en croyait pas ses yeux ! Elle pensait ainsi ? Était-ce possible ? Pourtant, elle avait eu l'air sincère et décidée, surtout !

Soit il la prendrait comme deuxième épouse. Dès ce soir, il en parlerait à sa femme ! Si elle refusait, il la quitterait !

Le point de vue d'Amira

Amira écouta tranquillement son mari. Elle s'y attendait plus ou moins depuis le début de leur mariage. Quand elle avait accepté d'épouser Taoufik, elle connaissait son histoire avec Moulka. Elle savait qu'elle lui avait brisé le cœur et que, malgré cela, il l'aimait et l'attendait toujours.

Elle n'était pas dupe, Amira. Elle avait aimé Taoufik depuis le premier jour où elle l'avait vu chez sa sœur (qui est mariée au frère de Taoufik). Elle avait tout fait pour qu'il s'intéresse à elle, mais il était ailleurs, ne la traitant que comme une sœur.

Quand il l'avait demandée en mariage, elle avait été plus que surprise ! Et si heureuse ! Elle n'avait pas de charme pouvant attirer les hommes, mais elle savait que sa gentillesse et sa bonté étaient d'autres atouts pouvant remplacer la beauté...

La voilà donc de retour, la femme de sa vie ! Comment rivaliser avec elle ? Elle ne pourrait jamais. Elle tenait son cœur, alors qu'Amira ne tenait que son foyer...

L'espoir renaissant de Taoufik

Taoufik était aux anges : elle revenait ! Son seul et tendre amour revenait enfin à lui ! Il avait attendu ce moment toutes ces années ! Il n'avait jamais perdu espoir, même le jour où il avait cru qu'elle se marierait. Même ce jour-là, il avait gardé l'espoir que quelque chose empêche cette union, et effectivement, elle avait annulé en découvrant que son fiancé l'avait trompée avec sa meilleure amie...

La rencontre entre les deux femmes

Moulka avait peur. Elle devait rencontrer ce soir sa « rivale ». Comment se comporter ? Qu'allait-elle lui dire ? Elle connaissait son visage car Taoufik lui avait montré une photo : une femme d'âge moyen, aux traits simples, son voile beige faisant ressortir ses yeux d'un brun clair...

Moulka décida de la voir seule à seule. La présence de Taoufik serait plus une gêne qu'autre chose. Elles se donnèrent donc rendez-vous dans un café de la côte casablancaise, un café simple où des familles étaient attablées en pleine discussion, respirant l'air de la mer et savourant leurs glaces...

Ce fut Amira qui commença :

« Je vais être franche avec toi, j'avais peur de venir ce soir. »

Moulka sourit : elle n'était donc pas la seule. Et maintenant qu'elle l'avait devant elle, elle voyait d'autres choses que la photo n'avait pu produire : de la bonté et une gentillesse ressortaient de ce visage simple. Sa voix douce et claironnante enchantait l'ouïe. Moulka comprit pourquoi il l'avait choisie : elle donnait envie de se blottir sous son aile protectrice, telle une mère.

Amira eut un pincement au cœur en voyant cette belle femme si distinguée, si féminine s'asseoir. Élancée, aux belles formes généreuses, elle assumait ses rondeurs et paraissait presque se moquer des gens avec ses sourcils arqués. Parfaitement maquillée, ses bracelets tintaient au moindre mouvement de ses mains.

Les réactions après la rencontre

Quand elle rentra chez elle, Taoufik l'attendait, le regard anxieux. Amira alla directement dans sa chambre. Elle avait besoin de solitude, de se retrouver seule un petit moment.

Taoufik suivit sa femme, mais quand elle referma la porte de la salle de bain, il s'assit sur le lit, la mine interrogative.

Moulka rentra chez sa mère. Son père était mort quelques années auparavant et il ne restait plus que sa mère dans cette grande maison. Elle avait tout raconté à sa mère, qui ne fut nullement surprise. Sa fille avait toujours eu le don de faire ce qu'elle voulait de sa vie. Même son père ne pouvait l'obliger à faire ce qu'elle ne voulait pas.

Sa mère connaissait Taoufik, du temps où il l'accompagnait jusqu'au quartier où ils habitaient. La première fois, elle avait conseillé à sa fille de faire en sorte que son père ne soit pas au courant. C'est donc pour cela que Moulka refusait que Taoufik l'accompagne jusqu'à chez elle. Elle le laissait à l'arrêt de bus et continuait seule.

Moulka avait sans cesse répété à sa mère que Taoufik n'était qu'un ami, mais elle n'avait pas été dupe. Ce garçon qui l'appelait trois fois par jour quand ils n'avaient pas cours, et qui l'appelait une fois rentrée après les cours, ou encore avec qui elle révisait dans un café du centre-ville... Non, sa mère n'a jamais été dupe des sentiments de Taoufik à son égard. Elle savait aussi que sa fille l'aimait, mais à sa manière...

Le choix difficile de la polygamie

Quand Moulka avait tout raconté à sa mère et son intention de devenir son épouse, elle avait été peinée.

Elle aurait aimé voir sa fille avec un homme qui ne serait qu'à elle, libre de tout autre engagement, un homme qui saurait la rassurer et toujours être là pour elle. Mais elle savait aussi que Taoufik aimait sa fille à la folie et qu'il ferait tout pour elle, qu'il ait ou non un autre foyer. Il valait mieux un homme tel que Taoufik qu'un homme qui ne l'aimerait pas assez et ne la respecterait pas...

Elle se rappela son propre mariage : un mariage sans amour, un mariage d'arrangement. Elle n'avait connu son mari que quelques jours avant son mariage, un cousin éloigné plus âgé qu'elle de 15 ans. Encore petite fille, elle n'avait pas compris tout ce qui lui était arrivé. En quelques jours, elle était passée du statut de petite fille jouant avec les autres enfants à celui de femme et maîtresse de foyer...

La mère poussa un long soupir en pensant à ces 40 ans de mariage. Sans ressources, elle avait été obligée de rester auprès d'un mari qui n'hésitait pas à la tromper ouvertement, ne s'intéressant à elle que pour assouvir ses envies, manger et tenir la maison. Plutôt un contrat d'association qu'un mariage, pensa-t-elle.

Moulka lui raconta alors comment s'était passée la rencontre avec Amira. La母亲 hocha la tête à plusieurs reprises : cette Amira est finalement une femme bonne et intelligente. Elle soupira de soulagement. Sa fille sera heureuse, si Allah le veut.

Une nouvelle vie à trois

Taoufik et Moulka achetèrent alors un petit appartement loin du centre-ville où il vivait avec Amira. Ils le meublèrent et, après une petite cérémonie religieuse en présence des témoins, ils s'y installèrent.

Amira vint même lui rendre visite quelques jours après leur installation. Elles restèrent amies et se rendirent souvent visite, mais jamais Taoufik ne les vit dans l'une de ses maisons ensemble. Cela avait été leur seule condition : que Taoufik ne soit pas là lors de leurs visites respectives.

Au début, il ne comprit pas, mais il se résigna. Lui qui voulait les voir toutes les deux au même endroit, elles refusèrent net.

Un programme fut instauré : tel jour chez celle-ci, tel jour chez celle-là. Un voyage avec celle-ci, un autre avec celle-là. Amira et Moulka instaurèrent les règles et Taoufik s'inclina, trop heureux d'avoir retrouvé la paix de son esprit et de son cœur.

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silim
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