
Une rencontre comme dans les films
Tout a commencé un jour d'automne, où je j'allais en cours. L'histoire est banale, comme d'habitude quand on habite en ville. Je l'ai vu à la rentrée de classe de première, et je n'ai eu d'yeux que pour lui. Tout s'est finalement concrétisé un soir de janvier de la même année. J'avais froid, nous nous étions promenés pendant des heures le long des quais de la Seine à nous parler sans nous regarder. C'est en me raccompagnant chez moi qu'il m'a déposé un baiser si doux et si chaste que je m'en souviendrai toute ma vie. Je me sentais si petite et si protégée dans ses bras — c'était l'homme le plus beau à cet instant.
L'ivresse des premiers mois
Nous étions dans la même classe, et nous nous sommes peu à peu coupés du reste du groupe. Nous ne vivions que pour nous deux, nous ne pensions que pour nous deux. Ma vie tournait autour de lui. Quelques mois après, nous nous sommes dit « je t'aime », et plus tard, nous avons fait l'amour. Nous avons passé un été magnifique, où nous étions seuls tout le temps à profiter l'un de l'autre.
L'année du bac : le début des tensions
À la rentrée, quelque chose s'est cassé. C'était l'année du bac, l'année du stress, l'année où l'on tente de freiner les excès. Vers avril-mai, je me suis dit qu'il était temps de se mettre au travail. Je le voyais, il ne réussissait pas, il n'avait pas de facilités et ne voulait pas se faire aider. Il se cachait derrière le fait qu'il était fatigué pour ne pas travailler. Je lui en voulais, et je me sentais responsable.
Le jour des résultats, je tremblais de peur pour lui. Quand il m'a dit que je l'avais eu du premier coup, j'ai fondu en larmes parce que je savais qu'il avait l'oral. Le soir même, j'ai voulu fêter mon bac quand même, et il m'en a voulu. Pendant son week-end de révision, il n'a pas voulu me voir. Il me répétait que j'étais « qu'une pute » de le laisser comme ça, qu'il fallait que j'assume ce que j'avais fait. Je précise que je n'avais rien fait de plus qu'aller le fêter avec des amies.
La rupture du désir
Finalement, il n'a pas eu son bac. Il s'est mis à déprimer, à dire que c'était de ma faute, que je l'avais empêché de travailler, de s'amuser... Le reste des vacances s'est très mal passé, je culpabilisais tellement. C'est à partir de ce moment que je n'ai plus éprouvé de désir pour lui. Il me faisait peur.
La fac et l'isolement
Quand l'année a recommencé, j'étais en fac et lui repiquait dans le même lycée. Il m'a dit dès le début que la relation allait reposer sur mes épaules, que c'était à moi de tout gérer. Je me suis dit que c'était facile parce qu'à la fac on n'a pas trop de boulot ni d'heures de cours. Erreur ! Très vite, je me suis rendue compte que le système ne me plaisait pas, que je ne trouvais pas ma place. Peu à peu, je me suis renfermée, je ne lui parlais plus de rien, et lui continuait à tout me mettre sur le dos.
La dépression et les premières violences
Peu avant Noël, je suis entrée en dépression, et mes crises d'angoisse ont commencé. Je ne savais plus qui j'étais, je commençais à devenir complètement folle — la vue des gens me terrorisait. Pendant les vacances, j'étais sous tranquilisants, les jours passaient vite, j'avais perpétuellement la fièvre. Je l'avais au téléphone de temps en temps et il m'a vraiment remonté le moral.
Quand je suis revenue, il m'a fait une scène pour une raison stupide. Puis il est rentré en cours. Moi, j'avais mes partiels dans tout ça, je n'avais que quelques vagues souvenirs. Pour lui, ça s'est très mal passé en famille. Je venais de passer deux partiels et il me tombe dessus le week-end, en me traitant de tous les noms et en me frappant — chose qu'il n'avait jamais faite. Je ne savais plus quoi penser, j'avais honte pour lui, de ce qu'il venait de faire. Ensuite, il m'a dit que je n'étais qu'une égoïste, et que ma dépression n'était que du cinéma. Là, j'ai décidé de dire stop.
Retour à lui et nouveaux doutes
Pendant un mois et demi, j'ai tout fait pour l'oublier, je pleurais tous les soirs. Et un jour, il me rappelle comme une fleur en me disant qu'il a changé. Quand je vais le voir, il me raconte ses beuveries avec ses potes, son rapprochement « amical » avec une fille de sa classe. Que devais-je penser ? J'ai décidé de lui laisser une autre chance.
Depuis que l'on s'est remis ensemble, je ne sais plus quoi penser. Je vis dans l'abstinence parce que je n'ai plus confiance en lui. Un jour, je rangeais sa chambre et je tombe sur un mot qu'il a écrit à son « amie ». Il lui disait « je t'aime », qu'elle était « la plus belle ». Il lui expliquait que je recommençais à m'installer dans la relation, que si je continuais à faire « la grève du sexe », il irait voir ailleurs. Je peux vous dire que sa chambre, je l'ai quelque peu dérangée après.
Entre pardon et culpabilité
J'ai parlé par la suite avec sa sœur. Elle m'a expliqué combien il allait mal et que je devais être compréhensive. Alors une fois de plus je lui ai pardonné, mais cette fois-ci par pitié.
Alors entre mon psy qui me dit que je ne suis plus amoureuse, et mes amies qui me traitent de conne trop faible, qu'est-ce que je dois penser ? Si quelqu'un a pris la peine de lire jusqu'au bout, j'aimerais avoir son avis...