Zahia Dehar : de scandale en empire, la reconversion surprenante
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Zahia Dehar : de scandale en empire, la reconversion surprenante

De l'affaire Benzema-Ribéry aux podiums de la haute couture, découvrez l'incroyable métamorphose de Zahia Dehar. Devenue entrepreneuse du luxe avec Karl Lagerfeld puis actrice, elle a transformé le scandale en empire. Un parcours résilient qui...

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C'est une histoire qui dépasse la fiction. En quelques années, Zahia Dehar est passée du statut de femme interdite, cœur d'une affaire d'État qui a ébranlé le football français, à celui d'entrepreneuse respectée du luxe. Son parcours, semé d'embûches, de jugements moraux et de détermination, est l'exemple type d'une résilience à toute épreuve. Alors que beaucoup auraient sombré sous le poids du scandale, elle a su construire un empire, transformant la honte en une monnaie singulière pour accéder à la respectabilité. Au-delà du buzz, comment cette jeune femme, native de Ghriss en Algérie, a-t-elle réussi à retourner le stigmate pour bâtir une fortune et une carrière artistique ?

Un modèle portant une robe de mariée transparente lors du défilé de lingerie signé Zahia Dehar.
Un modèle portant une robe de mariée transparente lors du défilé de lingerie signé Zahia Dehar. — (source)

Quand l'affaire Zahia éclabousse l'équipe de France (2010-2014)

L'année 2010 restera gravée dans les annales du sport français, non pour un trophée, mais pour un tsunami médiatique sans précédent. L'affaire Zahia, du nom de la jeune femme au centre de la tourmente, éclate au grand jour et menace de réduire en miettes l'image des stars du ballon rond. Franck Ribéry et Karim Benzema, alors idoles de l'équipe de France, sont accusés d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une mineure. Ce scandale, qui éclate quelques semaines avant la Coupe du monde en Afrique du Sud, plonge le monde du football dans une crise majeure, alimentant les Unes des journaux pendant des années.

Avant le procès, les révélations qui secouent le football français

Tout commence par une enquête de police qui remonte les filières de la prostitution de luxe dans la capitale. Les investigations mettent au jour un système opaque où de jeunes femmes, issues de milieux précaires ou en rupture, sont proposées à une clientèle fortunée. Zahia Dehar est rapidement identifiée comme l'une des protagonistes de ce réseau. Les révélations sont brutales : on apprend que des internationaux français auraient fréquenté cette jeune femme alors qu'elle était âgée de moins de 18 ans.

L'impact sur les Bleus est immédiat et dévastateur. L'équipe de France, déjà fragilisée par des tensions internes, se retrouve sous le feu des critiques médiatiques et morales. Les détails sordides de l'enquête font le tour des rédactions : on évoque des sommes versées, des rendez-vous dans des hôtels discrets ou des appartements privés. Selon les éléments de l'enquête rapportés par la presse, Franck Ribéry aurait réglé la première rencontre à hauteur de 700 euros, tandis que Karim Benzema aurait été accusé d'avoir versé 500 euros pour une prestation en 2008. Ces chiffres, bien que modestes au regard de leurs salaires de stars, deviennent les symboles d'une déchéance morale qui fascine et choque l'opinion publique.

Portrait artistique en noir et blanc de Zahia Dehar, réalisé par Jeremy Jakubowicz lors du Festival de Cannes.
Portrait artistique en noir et blanc de Zahia Dehar, réalisé par Jeremy Jakubowicz lors du Festival de Cannes. — (source)

20 janvier 2014 : le tribunal correctionnel de Paris juge les stars du ballon rond

Le procès s'ouvre finalement le lundi 20 janvier 2014 devant le tribunal correctionnel de Paris, quatre ans après les faits présumés. L'atmosphère est électrique devant le palais de justice, où journalistes et curieux se pressent pour assister au jugement de deux icônes du sport mondial. L'accusation est lourde : recours à la prostitution d'une mineure. Ribéry et Benzema comparaissent, mais la stratégie de leur défense reste identique à celle adoptée durant l'instruction.

Ribéry reconnaît avoir eu une relation avec la jeune femme, mais martèle qu'il ignorait totalement sa minorité au moment des faits. Benzema, de son côté, nie farouchement toute relation sexuelle tarifée, contestant même la réalité des rencontres. Leurs avocats s'attachent à démontrer la bonne foi de leurs clients, soulignant que Zahia Dehar, qui évoluait dans un milieu de prostitution de haut standing, avait tout mis en œuvre pour paraître plus âgée et cacher son âge réel. Le procès devient aussi celui de la crédibilité de la plaignante et de la difficulté pour les clients de vérifier l'identité de ces jeunes femmes dans le cadre de transactions occultes.

Relaxés mais pas oubliés : pourquoi Ribéry et Benzema ont échappé à la condamnation

Le verdict tombe le 30 janvier 2014, mettant fin à un feuilleton judiciaire de plusieurs années. Les deux footballeurs sont relaxés par le tribunal correctionnel de Paris. Dans ses motivations, la cour souligne l'absence de preuve tangible démontrant que les deux hommes avaient connaissance de l'état de mineure de Zahia Dehar au moment des faits. C'est le point de droit central : sans la certitude qu'ils savaient qu'elle était mineure, l'infraction de recours à la prostitution d'un mineur ne peut être constituée.

Zahia Dehar, pour sa part, s'était désistée de sa constitution de partie civile en cours de procédure, un choix qui a pesé dans la balance. Ce désistement, interprété par certains comme une absence de volonté de nuire, a renforcé l'argumentaire de la défense des joueurs. Si le tribunal a ainsi écarté la culpabilité des stars du football, d'autres protagonistes de l'affaire, comme des organisateurs de réseau, ont en revanche été condamnés. Cette relaxe marque la fin judiciaire de l'affaire pour les Bleus, mais le souvenir du scandale restera indélébile, marquant durablement leur image publique et lançant, paradoxalement, la machine médiatique de Zahia.

Zahia Dehar, la protégée de Karl Lagerfeld, lors d'une interview
Zahia Dehar, la protégée de Karl Lagerfeld, lors d'une interview — (source)

De Ghriss à Champigny : l'enfance brisée de la petite Zahia

Pour comprendre la trajectoire exceptionnelle de Zahia Dehar, il faut revenir aux sources, bien avant les flashs des appareils photo et les prétoires parisiens. Son histoire n'est pas celle d'une née dans la dorure, mais celle d'une enfance fracassée, marquée par l'exil, la précarité et la solitude. Née en Algérie, elle grandit dans une famille qui se disloque, la forçant à mûrir bien trop vite. Ce contexte difficile permet de mieux appréhender le glissement progressif vers la prostitution, non comme un choix de carrière, mais comme une issue de survie dans un monde qui lui semblait hostile.

Naître fille dans l'Algérie des années 90, puis débarquer en banlieue parisienne

Zahia Dehar voit le jour le 25 février 1992 à Ghriss, une ville de la wilaya de Mascara, en Algérie. Elle naît dans un contexte familial où le père est ingénieur dans le secteur de l'énergie et la mère est au foyer, une configuration qui promet une vie stable a priori. Cependant, cette stabilité est de courte durée. Le couple se sépare, plongeant la famille dans l'incertitude. En 2002, alors que Zahia n'a que dix ans, sa mère prend la décision de quitter l'Algérie pour tenter sa chance en France, emmenant Zahia et son frère.

L'arrivée en France est un véritable choc culturel pour la petite fille. Elle débarque à Champigny-sur-Marne, en banlieue parisienne, sans parler un mot de français. Le passage d'une vie structurée en Algérie à l'existence tumultueuse des cités françaises est brutal. La famille doit se reconstruire, loin des repères habituels, confrontée à la difficulté de l'intégration et aux contraintes financières. Ce premier déracinement laisse des traces profondes sur la jeune Zahia, qui se sent décalée, en quête d'identité et d'appartenance dans un environnement qu'elle ne maîtrise pas encore.

Quand l'école française devient un terrain hostile

La scolarité de Zahia est chaotique et reflète les difficultés de son installation en France. La barrière de la langue est le premier obstacle majeur : se retrouver dans une classe sans comprendre ce que dit le professeur est une épreuve isolante pour un enfant. Les déménagements s'enchaînent, de Champigny à Marseille, l'empêchant de nouer des liens durables ou de trouver un point d'ancrage stable. Ces changements constants l'empêchent de s'épanouir dans le cadre scolaire traditionnel.

Rapidement, elle décroche. L'école devient un lieu d'échec et d'ennui, où elle se sent en décalage par rapport aux autres élèves. Ce sentiment d'exclusion la pousse à fuir l'institution scolaire pour chercher ailleurs une forme de valorisation ou de reconnaissance. C'est dans ce vide éducatif et affectif que s'insinue le danger. L'absence de supervision rigoureuse, combinée à une précocité physique certaine, l'éloigne des bancs de l'école et la rapproche des rues où les règles de la vie sont bien différentes de celles de l'école de la République.

La réalisatrice Rebecca Zlotowski et une scène du film Une fille facile
La réalisatrice Rebecca Zlotowski et une scène du film Une fille facile — (source)

Mars 2008 : à 16 ans, le premier pas vers l'enfer ou la survie

Le basculement se produit en mars 2008. Zahia a tout juste 16 ans. C'est l'âge où elle commence à se prostituer, initiant une vie double faite de secrets et de dangers. Contrairement aux idées reçues sur une entrée dans le milieu par la contrainte physique d'un proxénète violent, son entrée semble répondre, à ce moment-là, à une logique de survie économique et à une quête d'autonomie financière précipitée. Elle évolue rapidement vers la prostitution de « haut de gamme », un secteur qui demande un certain sens du paraître et de la communication.

Ce passage à l'acte, à un âge où l'on est encore mineure légalement, constitue une rupture avec sa jeunesse. Elle apprend à naviguer dans un monde d'adultes, à utiliser son physique comme monnaie d'échange, tout en tentant de préserver une façade de normalité. C'est durant cette période qu'elle entre en contact avec des personnalités du monde du sport et du spectacle, gravitant dans des cercles fermés et protégés. Si cette vie lui procure des ressources financières immédiates, elle l'enferme aussi dans une vulnérabilité extrême, celle d'être dépendante du désir et de la générosité d'hommes puissants qui ne la considèrent souvent que comme un objet de consommation.

2012 : Karl Lagerfeld tend la main à celle que la France condamnait

Le tournant décisif de l'histoire de Zahia Dehar se situe en 2012. Alors que l'affaire est encore dans tous les esprits et que le procès pointe à l'horizon, l'impossible se produit. Le grand couturier Karl Lagerfeld, figure tutélaire de la mode mondiale et créateur de Chanel, décide de prendre sous son aile celle que la presse qualifie péjorativement d'« ancienne escort girl ». Ce parrainage inattendu constitue une véritable opération de séduction médiatique et artistique, offrant à Zahia une crédibilité qu'elle n'aurait jamais pu obtenir seule. C'est le début d'une métamorphose soigneusement orchestrée, de la paria à la muse fashion.

V Magazine #76 : la séance photo qui change tout

Le symbole fort de cette renaissance par la mode est la séance photo réalisée par Karl Lagerfeld pour le V Magazine, dans son numéro 76 printemps 2012. Dans ces clichés en noir et blanc, d'une esthétique très pop et colorée, Zahia apparaît sous un jour radicalement nouveau. Elle n'est plus la jeune femme au centre d'un scandale judiciaire, mais une véritable pin-up, une fétiche de la mode, aux allures de poupée de porcelaine moderne. Lagerfeld, en métamorphosant son image, lui confère une aura artistique et la place au rang des icônes de la beauté contemporaine.

Cette série de photos agit comme un électrochoc. Elle brouille les frontières entre le monde du vice et celui de la vertu, entre l'underground et la haute couture. En acceptant de la photographier, Lagerfeld envoie un message implicite au monde de la mode et à l'opinion publique : Zahia a du potentiel, elle a du style, et elle mérite sa place sur la scène artistique. C'est une validation inestimable qui ouvre des portes qui lui étaient jusqu'alors hermétiquement closes. L'image de la « pensionnaire de luxe » se dissout pour laisser place à celle d'une créatrice en devenir, audacieuse et assumée.

Zahia Dehar lors d'une apparition publique, arborant une robe noire ornée de motifs floraux blancs et bleus.
Zahia Dehar lors d'une apparition publique, arborant une robe noire ornée de motifs floraux blancs et bleus. — (source)

« A dream by Zahia » : une marque déposée dès 2010, avant même la fin du scandale

Loin d'être passive face à la tempête médiatique, Zahia Dehar a anticipé sa reconversion avec une lucidité surprenante. Dès 2010, alors que l'affaire Ribéry-Benzema commence tout juste à faire la une des journaux, elle dépose plusieurs marques de commerce à l'Office de l'Harmonisation dans le Marché Intérieur (OHMI). Les noms enregistrés — Zahia, Zahia Dehar, Pretty Zahia, Zahiadora, Zahiadise, ou encore A dream by Zahia — trahissent une ambition entrepreneuriale précocement affûtée.

Ces dépôts couvrent un large éventail de produits et de services, allant bien au-delà de la simple lingerie. On y trouve des catégories liées aux cosmétiques, aux huiles de massage, aux sacs de voyage ou encore aux vêtements. Cette démarche démontre que Zahia avait déjà une vision stratégique de son avenir : elle ne voulait pas être une victime éternelle des circonstances, mais une actrice de son propre destin. Elle a compris très tôt que sa notoriété, même toxique, pouvait servir de levier puissant pour construire un empire commercial, à condition de la canaliser et de la légitimer par le biais de produits créatifs et séducteurs.

Le défilé qui fait taire (presque) tous les critiques

L'aboutissement de cette stratégie de séduction par la mode est le défilé présentant sa première collection de lingerie. C'est un événement attendu qui attire les regards curieux et suspicieux. Lorsque les mannequins défilent, vêtus de créations signées de son nom, le silence se fait dans la salle. La critique, prête à démolir ce qui pouvait être perçu comme une lubie de starlette, se trouve devant une réalité tangible : les pièces sont là, elles sont conçues, produites et présentées avec un professionnalisme indéniable.

La transformation opère. Sous les projecteurs, Zahia n'est plus la jeune femme accusée de détruire l'équipe de France, mais une créatrice qui assume son héritage et sa sensibilité. Le défilé est un succès médiatique, même si certains persistent à voir dans cette entreprise une simple opération de « blanchiment » d'image. Néanmoins, la présence de Karl Lagerfeld à ses côtés, soutenant publiquement sa démarche, agit comme un sceau d'approbation indiscutable. Ce moment marque son entrée officielle dans le cercle fermé des créateurs de mode, un statut qu'elle ne quittera plus par la suite.

Zahia Dehar photographiée par Karl Lagerfeld, symbole de sa renaissance dans la mode
Zahia Dehar photographiée par Karl Lagerfeld, symbole de sa renaissance dans la mode — (source)

Les Atelières et la lingerie à 600 € : le pari du made in France

Construire une marque de lingerie est une chose, lui donner une crédibilité technique et industrielle en est une autre. Zahia Dehar ne s'est pas contentée de poser son nom sur de la chinoiserie produite à l'autre bout du monde. Elle a pris le pari audacieux du luxe et de l'artisanat français, s'associant avec des ex-ouvrières de la maison Lejaby pour créer ses collections. Ce choix stratégique, qui va à contre-courant de la fast-fashion, lui a permis de légitimer son activité et de justifier des prix élevés, positionnant ses produits comme des œuvres d'art plutôt que de simples sous-vêtements.

Pourquoi les anciennes de Lejaby ont accepté de coudre pour Zahia

Le partenariat avec « Les Atelières », une société fondée par d'anciennes ouvrières de la célèbre lingerie Lejaby après la fermeture de leur usine, est une clé de voûte de la stratégie de Zahia. Ces femmes, expertes dans la confection de pièces complexes et délicates, se retrouvent au chômage à la suite de la délocalisation de la production de la grande maison. En proposant à ces artisanes de travailler pour sa marque, Zahia touche une corde sensible : l'emploi local et la sauvegarde du savoir-faire français à l'heure où l'industrie textile subit de plein fouet la concurrence internationale.

Cette collaboration offre une dimension sociale et quasi philanthropique à son projet. Elle ne se contente pas de créer de la valeur pour elle-même, elle participe à la survie d'un savoir-faire artisanal d'exception. Pour les ouvrières, accepter de travailler pour « la fille de l'affaire Ribéry » a pu sembler risqué au premier abord, mais l'opportunité de remettre l'ouvrage et de perpétuer leur métier a sans doute pesé plus lourd dans la balance. C'est une rencontre entre une nécessité économique et une ambition de rédemption, qui donne à la marque une âme et une légitimité industrielle indéniable.

500 € l'ensemble : qui achète de la lingerie Zahia ?

Le positionnement prix de la marque Zahia est résolument haut de gamme, avec des parures de lingerie qui affichent des tarifs allant de 500 à 600 euros pour les ensembles « made in France », tandis que le reste de la collection se situe autour de 200 à 250 euros. Ces tarifs placent les créations de Zahia en directe concurrence avec des marques établies comme Agent Provocateur ou Livia Corsetti, justifiant le prix par la qualité des matériaux, la main-d'œuvre qualifiée et le design exclusif.

Mais qui est prête à payer ce prix pour des pièces signées par une personnalité controversée ? La clientèle visée est composée de femmes fortunées, audacieuses, qui n'ont pas peur d'affirmer leur sensualité et qui cherchent des pièces uniques en dehors des circuits de distribution classiques. Ce sont des femmes qui assument l'image de marque, y voyant peut-être une forme de provocation ou de soutien à une femme qui a réussi à s'en sortir. Au-delà du produit, c'est l'histoire et le personnage de Zahia qui sont vendus. Chaque achat est un acte d'adhésion à un mythe moderne, celui de la femme fatale reconvertie en femme d'affaires, un mélange d'élégance et de scandale qui exerce une fascination indéniable sur une certaine frange de la clientèle du luxe.

Zahia Dehar photographiée en extérieur, les cheveux blonds relevés en queue de cheval haute.
Zahia Dehar photographiée en extérieur, les cheveux blonds relevés en queue de cheval haute. — (source)

Made in France comme argument de légitimation

Dans un contexte où la production de masse et les délocalisations sont la norme, le « Made in France » est devenu un argument de vente puissant et un signe de qualité irréfutable. Pour Zahia Dehar, ce label a une importance cruciale qui dépasse la simple qualité de la confection. Il sert de bouclier face aux critiques qui la taxent de vulgarité ou d'opportunisme. En s'associant à des artisans reconnus comme le corsetier François Tamarin ou le brodeur Jean-Pierre Ollier, elle ancre son projet dans la tradition et l'excellence française.

Cette stratégie de légitimation par l'artisanat lui permet de se présenter non plus comme une ex-escort girl, mais comme une patronne d'entreprise soucieuse de promouvoir l'excellence française. Elle participe à des salons professionnels, investit dans des ateliers, et crée de l'emploi. C'est une subtile alchimie : le stigmate de son passé est peu à peu recouvert par la respectabilité de la marque et des valeurs qu'elle prétend incarner. À l'instar d'autres empires bâtis sur des personnalités fortes, comme l'illustre le parcours Loïk Le Floch-Prigent : de l'Empire Elf à la prison, l'image est centrale, mais le produit doit suivre pour durer.

De Jean Paul Gaultier à Rebecca Zlotowski : l'adoption par l'establishment artistique

La reconversion de Zahia ne s'arrête pas aux frontières de la mode. Elle a petit à petit gravi les échelons de l'establishment culturel français, réussissant le tour de force de séduire des créateurs et des artistes qui l'ont invitée sur leurs plateformes. Cette adoption par le milieu artistique, de la haute couture au cinéma, constitue une étape supplémentaire dans sa quête de respectabilité. Elle passe alors du statut d'objet de désir à celui de sujet artistique, capable d'interpréter des rôles ou de poser

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Romain Daubot @stage-life

Les concerts, c'est ma drogue. Festivalier compulsif, j'ai vu plus de 200 groupes en live ces cinq dernières années. Chargé de communication pour une salle de concerts à Bordeaux, je vis la musique sur scène. Les setlists, l'énergie de la foule, les surprises des rappels – c'est ça qui me fait vibrer. Mon écriture essaie de transmettre cette émotion, de te donner l'impression d'y être. Spoiler : rien ne vaut le vrai.

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