Extrait : Ses propos, en partie hypothétiques, ont provoqué de vives réponses de la part de Sofia Morgavi, Fanny Delaigue, Christophe Beaugrand et Cyril Cinélu. Les élèves de la saison 14 n'avaient pour leur part pas encore poussé la porte du château.
Meta description : Sofia Morgavi, Fanny Delaigue, Christophe Beaugrand et Cyril Cinélu ont répondu à Christophe Pinna, alors que les élèves de la saison 14 n'avaient pas encore intégré le château.
À la veille du lancement de la saison 14, la Star Academy a trouvé son sujet de polémique avant même que les dix-sept nouveaux élèves ne poussent la porte du château de Dammarie-les-Lys. Il ne vient ni de la production, ni de Mosimann, ni du changement de plateau, mais d'un ancien : Christophe Pinna, professeur de sport du programme entre 2005 et 2008, champion du monde de karaté, dont les propos sur les drag queens ont braqué la "famille".

Dans le podcast La Baze, diffusé à la veille du retour de l'émission sur TF1, l'homme de 58 ans a expliqué pourquoi il ne remettrait plus les pieds au château. La raison principale qu'il a avancée : la place faite aux drag queens.
Ce qu'il a réellement dit
La formulation mérite d'être lue avant d'être jugée. Christophe Pinna ne décrit pas un atelier annoncé par TF1 : il se projetait, avec un conditionnel d'usage. "Admettons : on fait rentrer des drag-queens au château. Je trouve que ce ne sont pas les bonnes valeurs à expliquer à des jeunes. (...) Ce n'est pas l'éducation que j'ai envie de donner, et je l'assume."
La remarque est donc en partie hypothétique. Elle n'est pourtant pas sortie de nulle part : des drag queens sont effectivement venues au château avant ses propos - La Big Bertha, de Drag Race France, en 2023, puis Minima Gesté la saison suivante. Le demi-finaliste Victor a par ailleurs confié, lors de la saison précédente, avoir lui-même fait des performances en drag queen.
Pinna ferme la porte sans la claquer : "Quand tu n'es plus en accord avec certaines mentalités, c'est à toi de t'effacer". Il ne demande nullement l'interdiction des drag queens. Il dit simplement qu'il ne viendrait pas.
Des réactions qui ne viennent pas des élèves
L'idée que les propos de Pinna auraient "divisé les élèves" ne tient pas : au moment de sa publication, aucun académicien de la saison 14 n'avait réagi, les élèves n'ayant poussé la porte qu'à la veille du lancement. Le clivage documenté est ailleurs, et les réactions sont presque unanimes.
Sofia Morgavi, professeure de chant de l'émission depuis 2024, a répliqué en commentaire sous la vidéo, estimant que l'émission célèbre la diversité, la liberté d'expression et le respect des singularités, avant de conclure : "L'ouverture d'esprit n'a jamais été une menace pour l'éducation. L'art est un espace de liberté."

Fanny Delaigue, répétitrice, est allée plus loin en renvoyant le débat vers le terrain réel : "Je ne crois pas que les lycéens aujourd'hui manifestent contre les drag queens et autres personnes aux valeurs de respect, d'amour et d'acceptation".
Côté plateau, le présentateur Christophe Beaugrand a commenté la vidéo en une phrase : "Je pense qu'on se passera donc de Christophe Pinna". Le comédien Gwendal Marimoutou a été plus expéditif : "Mais bon débarras !".
L'ancien élève que ces mots blessent
La réaction la plus personnelle vient de Cyril Cinélu, vainqueur de la saison 6 et ancien élève de Pinna. En 2006, le chanteur avait interprété I Will Survive de Gloria Gaynor en robe et perruque lors d'un prime.
"J'espère sincèrement, au fond de moi, avoir mal compris les propos de Christophe", a écrit le chanteur, ouvertement gay, ajoutant que son ancien professeur a été l'un de ceux "qui m'ont permis de m'assumer pleinement". C'est précisément pour cela, a-t-il expliqué, que ces mots le touchent.
Détail qui ajoute au clash : selon Public, la veille de la publication de l'entretien, Cinélu avait été invité à accompagner Pinna lors d'une visite aux élèves de la nouvelle promo. Cinélu lui a répondu : "Tu voulais leur dire quoi exactement avec moi à tes côtés ?"
Ce témoignage complique le portrait : le même professeur qui évoque un refus d'éducation est, selon son ancien élève, celui qui l'a aidé à s'assumer.
Un ancien professeur qui ne parle pas que de drag queens
Réduire l'entretien à une seule polémique serait ignorer l'autre moitié de sa colère. Pinna a aussi visé le cours de sport actuel, assuré par Ladji Doucouré depuis 2024 : il regrette que ce cours n'ait "aucun lien, mais aucun, avec les qualités que doit développer un chanteur", avant d'ajouter : "C'est un animateur. Il ferait mieux d'avoir le Bafa".
En janvier 2026, il estimait déjà dans Télé-Loisirs qu'on y "ridiculise le sport et le prof". Le fond de son propos est moins un refus d'une communauté qu'un grief d'ancien professeur : le château, dit-il, a cessé de former pour animer. Les drag queens ne sont que l'exemple le plus chargé d'un désaccord plus large sur ce qu'une émission musicale doit transmettre.
Ce qui donne du poids à sa parole, c'est son ancrage dans le programme : il est retourné donner un cours de sport aux académiciens en décembre 2023, puis a été publiquement salué sur la scène du studio 217 le 3 janvier 2026, lors du 200e prime, après avoir annoncé sur Instagram être atteint d'un cancer.
Ce que le clash rejoue
D'un côté, un professeur qui revendique un droit de retrait éducatif ; de l'autre, une équipe qui fait de l'inclusion un argument de programme. Les deux positions se répondent sans se rencontrer, et c'est ce qui rend l'échange significatif : il ne porte pas sur une décision de TF1, puisqu'aucune n'a été prise, mais sur l'idée même qu'un divertissement familial puisse choisir ses invités en fonction des valeurs qu'ils incarnent.
Le Média en 442, qui traite la sortie de Pinna avec plus de ménagement que la majorité des titres, relève deux choses à juste titre : la situation qu'il décrit est hypothétique, et il ne réclame aucune interdiction. Le même média souligne l'embarras du portrait : le professeur que Cinélu dit avoir aidé à s'assumer n'est pas tout à fait le personnage sans fissure que décrivent les réactions.
Reste un décalage que rien n'a encore tranché : les élèves de la saison 14 n'ont rien dit, puisqu'ils sont entrés au château après la publication de l'entretien. L'affrontement a donc eu lieu en leur absence, l'ancien professeur se portant garant d'eux comme un parent. La question que rejoue ce clash n'est pas de savoir qui a raison sur les drag queens, mais qui a l'autorité pour décider de ce que la Star Academy enseigne à ses élèves. Et sur ce terrain, l'ancien professeur a annoncé d'avance qu'il ne jouerait plus le jeu.